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Maître dans la fabrication de casiers
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Maître dans la fabrication de casiers
Edouard Grandcourt, qui vient de célébrer son 76e anniversaire le 21 décembre, fabrique des casiers depuis l?âge de 15 ans. Ses doigts courent tout seuls, tellement il a passé son temps à tresser les fils de fer.
En effet, c?est avec du fil de fer que ce pêcheur, originaire de Grand- Baie, fabrique les casiers aujourd?hui. Les tiges de bambou ne sont pas aussi faciles à trouver maintenant.
Fils de pêcheurs, le jeune Edouard, dont la maison se trouve à cinq de minutes de la mer, devient très vite un habitué de l?océan. Déjà à l?âge de 8 ans, il accompagne ses parents et amis à la pêche. Il devient très vite indépendant et entreprend des campagnes de pêche en solo.
A 15 ans, Edouard commence à fabriquer des casiers. C?est dans sa cour à Grand-Baie, qu?il les confectionne.
Il se souvient de la distance qu?il devait parcourir à pied pour aller chercher les baguettes de bambou. ?C?est lor Montagne-Goyave ki mo ti bizin alle pou ale coup bambou. Ti bizin mars 2 mil?, raconte le vieillard
Edouard arrête tout en 1946, car il est enrôlé au sein de l?armée britannique. ?Sa ti ene lot experiens , mo finn visit boukou pei, ? souligne-t-il.
De retour à Rodrigues en 1955, il se joint au ministère des Travaux comme charpentier de grade 1. Mais il ne quitte pas son métier de pêcheur pour autant. Il reprend également la fabrication des casiers.
Si aujourd?hui, il a mis fin à ses activités de pêche, Ton Edouard, comme on l?appelle à Grand-Baie, se sert toujours de ses doigts agiles pour fabriquer les casiers. Il en confectionne un chaque deux jours, alors qu?autrefois, il pouvait en fabriquer jusqu?à deux par jour.
Il vend ses casiers entre Rs 1 000 et Rs 1 500 dépendant de la quantité et de la qualité de fil de fer utilisé pour la fabrication. Une livre de ce matériau se vend entre Rs 18 et Rs 26.
Ce sont des pêcheurs venant de Baie-aux-Huîtres, de Rivière-Banane, de Baie-du-Nord ou encore de Pointe-Coton qui viennent acheter ses casiers.
Il affirme qu?il poursuivra ce métier aussi longtemps qu?il en aura la force. Il est d?avis que la relève n?est pas assurée, car les jeunes ne s?intéressent pas à ce travail. ?C?est un métier qui est appelé à disparaître, car on trouve de moins en mois de fabricants de casiers? souligne-t-il. Ce sera dommage pour les gens malheureux, car ils se fient beaucoup sur l?artisanat de la pêche pour pouvoir se procurer du poisson, souligne Edouard Grandcourt.
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