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M. Night Shyamalan Le maître de l?illusion
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M. Night Shyamalan Le maître de l?illusion
En 1999, un réalisateur de vingt-huit ans, totalement inconnu du gratin hollywoodien, est venu redorer le blason d?un genre, tombé en décrépitude depuis le troublant Rosemary?s Baby de Roman Polanski. Son nom : M. Night Shyamalan, un Indien immigré en Pennsylvanie qui grâce à son ingéniosité a tout révolutionné. Sixième sens (ce soir à 21h00 sur la MBC1) a engrangé des recettes records, soit 265 millions de dollars. Il est devenu en moins de cinq semaines d?exploitation au box-office américain, le 12e plus gros succès de l?histoire du cinéma, devançant même Les dents de la mer de Steven Spielberg. Après avoir frappé aussi fort avec Sixième Sens, M. Night Shyamalan a signé encore deux succès au box-office avec Incassable et Signes (le 1er avril à 20h25 sur TPS star).
La première qualité de M. Night Shyamalan, est de rendre croyable, l?incroyable. Le réalisateur, également scénariste, allie avec un savoir-faire étonnant, l?aspect classique du cinéma, sans s?interdire des notions modernes et une touche personnelle.
Disciple d?Alfred Hitchcock, le cinéaste joue sur les nerfs en créant des atmosphères particulières. Sans effets spéciaux et sans effusion de sang, il excite l?imagination, sème des indices et fait monter la pression. Ce schéma, applicable à ses trois films, a une autre ligne conductrice. Le réalisateur ponctue ses ?uvres de longs plans séquences, susceptibles de créer l?ambiance paranormale recherchée. Le but est d?instaurer des phénomènes incompatibles avec les lois naturelles. Le fantastique de M. Night Shyamalan met l?accent sur l?identification des téléspectateurs avec l?action, dans un univers quotidien aux décors banals et familiers.
Une fois l?ambiance du film installée, le cinéaste s?applique à montrer sans tout dire. En dispersant ça et là un certain nombre d?indices, la révélation finale qui vient bouleverser l?idée que l?on se fait au début ou en cours de film. Le piège fonctionne grâce aux fausses pistes et aux faux semblants que le réalisateur ne manque pas de distiller tout au long de son film. M. Night Shyamalan réussit admirablement son coup dans Sixième Sens et Incassable et échoue cependant avec Signes, dont le dénouement est décevant.
La fin des films de M Night. Shyamalan obéit ainsi à la convention du genre puisque la dernière séquence devient une sorte d?explication logique et rationnelle qui boucle parfois de manière abrupte, le récit en renvoyant le tout à la séquence initiale. L?effet sur le téléspectateur est sans appel, puisque celui-ci a l?impression d?avoir percé à jour le mystère entourant le film.
A la manière d?un Alfred Hitchcock, M. Night Shyamalan se met en scène dans ses films. Il fait une apparition dans la peau d?un médecin dans Sixième Sens et apparaît dans la peau de Ray Reddy, un personnage essentiel à l?intrigue dans Signes. Dans ce même film, le cinéaste s?habille d?une quatrième casquette, en devenant producteur, en sus de celle de scénariste, d?acteur et de réalisateur.
M. Night Shyamalan, M, pour Manoj, son prénom, Night, le surnom que lui ont donné ses amis, et Shyamalan, le nom de son père, a grandi en Pennsylvanie, élevé par des parents médecins. Il s?intéresse au cinéma dès l?âge de dix ans. A l?âge de seize ans, il a déjà tourné près de quarante-cinq courts-métrages. Il laisse tomber sa place à la faculté de médecine de Pennsylvanie pour étudier le cinéma à l?Université de New York.
Praying with anger, son premier long-métrage sort en 1992. Acclamé par la critique, son retour aux sources, en Inde, son pays natal est boudé par le public. Le réalisateur enchaîne avec Wilde Awake qu?il ne se contente pas seulement d?écrire et de réaliser, mais qu?il produit également.
Habile maître d??uvre, M. Night Shyamalan, compte aujourd?hui parmi les réalisateurs les plus doués de sa génération.
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