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Médicaments : vide juridique autour des tests cliniques
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Médicaments : vide juridique autour des tests cliniques
Vous êtes obèse, diabétique, ou vous souffrez de maladies cardiovasculaires? Vous pourriez être un candidat potentiel pour les tests cliniques sur les médicaments que s?apprête à conduire un centre de recherches. Seul hic, ces essais ne sont régis par aucune loi. Et même si le ministère de la Santé soutient avoir un droit de regard sur ces activités, sa marge de man?uvre est restreinte, faute de réglementation.
Le Centre international de développement clinique (CIDC), qui compte bientôt soumettre au ministère de la Santé des protocoles d?études pour des tests sur des médicaments, dit, lui, suivre toutes les procédures à la lettre. Il est le seul centre de ce type à Maurice.
Avant d?effectuer tout test sur les humains, les centres de recherche se doivent de solliciter l?avis d?un comité d?éthique, composé de médecins spécialisés, au ministère. Et ce, dans le but de prévenir les abus et de protéger tous les volontaires qui seront sollicités.
?Nous menons des enquêtes approfondies sur les requêtes pour éviter tout risque pour la santé de l?humain. Aucun centre ne peut effectuer des tests sans notre aval. Nous ne proposons que des ethical clearances?, indique la porte-parole du ministère. Ce qui peut paraître largement insuffisant. En effet, l?absence de réglementation rend le contrôle sur ces tests difficile, surtout en cas d?abus. Et aucune loi ne sanctionne ceux qui passent outre l?étape du comité d?éthique. A la décharge des autorités, l?on arguera que cela ne fait que six mois que la question a été soulevée, avec l?implantation du CIDC à Maurice.
Études solaires
C?est la prévalence de certaines maladies à Maurice qui y a attiré ce centre pour des études pharmaceutiques. Il a démarré ses activités à la Clinique Darné à Floréal, en juillet 2004. ?Maurice est particulière dans la mesure où le taux de ces maladies, surtout le diabète, y est très élevé. Cela nous offre toute une panoplie de possibilités pour des tests cliniques?, soutient le directeur général du CIDF à Maurice, Jean-Louis Roule. La brochure destinée à promouvoir les études pharmaceutiques du centre avance qu??à Maurice, 20 % de la population de plus de 30 ans est diabétique, 30 % est sujette à l?hypertension et 12 % est obèse?. En quelque sorte une aubaine pour Jean-Louis Roule et son équipe? Ceux qui souffrent de ces maux et qui veulent bien se soumettre aux tests peuvent demander à leur médecin de les recommander.
Pour Jean-Louis Roule, Maurice est aussi un terrain fertile pour la conduite de test sur les cosmétiques. ?Très ensoleillée, l?île est le site idéal pour des études solaires et photo-biologiques réalisées en conditions extrêmes?, écrit le CIDF. Sans compter que la multi-ethnicité de la population représente aussi un avantage pour tester les produits pour la chute des cheveux, les pellicules, l?acné, ainsi que pour les soins hydratants, amincissants, déodorants, etc. Il s?agit là d?évaluer la tolérance du produit.
Le processus pour des essais des médicaments est plus long et complexe. ?C?est un projet à court terme dont les modalités sont finalisées actuellement. Une fois notre protocole d?étude terminé, nous allons le soumettre au comité d?éthique, pour qu?il évalue et juge si l?étude ne représente aucun danger.?
Rs 20 000 à Rs 30 000 pour des tests
Une fois l?autorisation obtenue, le CIDF invite les médecins à participer au projet avec les médicaments qui seront sujets à des tests. Ces médecins devront soumettre deux volontaires de leur liste de patients pour des tests. Ils doivent remplir deux cahiers d?observations, avec force détails, durant plusieurs mois avant de remettre le dossier au CIDF, qui le soumettra au laboratoire.
Jean-Louis Roule note que des craintes ont été exprimées concernant les tests sur les médicaments mais rassure : ?Nous sommes régis par des législations internationales strictes et il nous faut l?aval de plusieurs organisations dont certaines françaises et un feu vert des autorités mauriciennes avant d?aller de l?avant avec ces essais. Nous adoptons des normes très strictes.?
Il fait ressortir qu?il y a de multiples garanties : ?Nous n?embauchons que des volontaires qui savent lire et écrire. C?est une obligation car ils peuvent mesurer les risques et nos explications peuvent alors être plus pertinentes. Et comme nous offrons des assurances à toutes les étapes des tests; toutes les craintes peuvent être dissipées.? Dans le cadre de ces tests, le CIDF compte solliciter une collaboration avec un Institut national scientifique de recherche médicale de la Réunion.
Les volontaires et médecins qui participeront à ces essais peuvent recevoir entre Rs 20 000 et Rs30000 pour des tests qui exigent une importante hospitalisation. Quant aux prélèvements et tests mineurs, ils peuvent être rémunérés à partir de Rs 400. Les médecins qui participeront au projet seront aussi rémunérés.
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