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Médicaments : litige autour de la marge de profit

21 juillet 2004, 20:00

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La East Indies Company Ltd a été sommée par la Consumer Protection Unit (CPU) du ministère du Commerce de retirer des pharmacies tous les produits de leur dernière consigne. La compagnie est soupçonnée de pratiquer une marge de profit supérieure aux 14 % autorisés par les règlements en cours. En attendant la fin de l?enquête du ministère, la distribution de médicaments leur est également interdite. Le directeur de East Indies, Jean Edgar Merle, affirme, lui, qu?au contraire, sa compagnie travaille avec des profits en dessous de 14 %.

Entretemps, il y a un risque que certains médicaments manquent sur les étagères des pharmacies jusqu?à la fin de l?enquête de la CPU. Il s?agit de Bonjela, Gaviscon Tablet et de Lemsip cough dry, entre autres. Il faudrait donc demander conseil aux pharmaciens pour le substitut de ces médicaments en cas de besoin.

La CPU a été alertée par une pharmacie qui se plaignait des prix pratiqués par la East Indies. Pour un médicament particulier, selon la plaignante, le distributeur réclamait le double du prix normal. Lors d?une descente dans les locaux de la compagnie montrée du doigt, les documents qui s?y trouvaient prouvèrent que la compagnie n?avait pas fait valider ses prix par la CPU.

Or, selon les règlements en vigueur, cette instance du ministère du Commerce doit approuver le prix auquel un distributeur livre ses produits à une pharmacie. ?De plus, certaines factures indiquent que la marge de profit appliquée dépasse largement les 14 % autorisés?, ajoute un officier de la CPU.

Pénurie de certains médicaments

La CPU mène l?enquête pour déterminer si effectivement, la East Indies Company Ltd a volontairement agi contrairement aux dispositions de la loi, en ne lui soumettant pas ses prix pour approbation. Le directeur de la compagnie, Jean Edgar Merle, affirme qu?il n?était pas au courant que sa compagnie devait soumettre ses prix à la CPU avant la distribution des médicaments dans les pharmacies.

Si le ministère a décidé de demander à la compagnie de retirer du marché les produits de sa dernière consigne, Ravin Gaya, président de la Société pharmaceutique est d?avis que tous les produits distribués par la compagnie devraient être retirés, car dans ce cas, il opère dans l?illégalité depuis quatre ans. Il se dit indigné par cette pratique de la East Indies Company Ltd.

?Si les autorités arrivent à prouver que cette compagnie a effectivement appliqué une marge de profit au-dessus de la limite autorisée, poursuit-il, il faudrait prendre des actions.?

Ravin Gaya se demande aussi comment la compagnie a pu agir en toute impunité pendant plus de quatre ans. Il accueille favorablement la décision du ministère qui est de faire des descentes régulières chez des distributeurs de médicaments pour des vérifications. Cependant, il trouve que cette décision intervient un peu tardivement.

Selon lui, les inspecteurs du ministère du Commerce ont leur part de responsabilité dans cette affaire. ?La compagnie est enregistrée auprès du ministère, dit-il, et devrait soumettre ses prix pour approbation.? Il se demande comment elle a pu opérer pendant quatre ans sans être inquiétée alors qu?elle ne soumettait pas ses prix à l?autorité concernée. Il est d?avis que les officiers de ce ministère ne portent pas suffisamment attention aux pratiques du secteur pharmaceutique. ?Sinon, comment expliquer que le ministre ait parlé de surfacturation des médicaments sans qu?il ne donne une seule preuve ?? s?interroge-t-il.

Soumis pour vérification

Ravin Gaya pense que cette compagnie distribue également des produits dermo-cosmétiques. Or, certains de ces produits sont également prescrits par des médecins et leurs prix devraient être préalablement soumis aux autorités pour vérification et approbation avant qu?ils ne soient commercialisés.

Il se demande aujourd?hui si la marge de profit pour ces produits n?est pas également plus élevée. Avis donc aux clients des marques tels que Vichy et La Roche Posay que distribue East Indies Co Ltd. Il se pourrait qu?ils soient en train de payer plus cher qu?ils ne le devraient.

Pour sa part, l?ICP demande au ministère du Commerce de rendre publiques les conclusions de son enquête, aussitôt que celle-ci sera bouclée, car la question intéresse de nombreux consommateurs. L?ICP est d?avis qu?une enquête approfondie est nécessaire afin de déceler d?autres cas de surfacturation alléguée, en particulier au niveau de l?importation parallèle.

Un courrier a été envoyé au ministère du Commerce à ce sujet.

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