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L’ONG Transparency international dresse le tableau des pays corrupteurs

6 octobre 2006, 00:00

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En matière de corruption mondiale, les études mettent généralement l’accent sur les pays bénéficiaires des versements occultes. Dans son nouveau classement, publié avant-hier, l’organisation non gouvernementale Transparency international (TI) répertorie les corrupteurs, pays en voie de développement ou industrialisés, avec un nouvel indice de corruption des pays exportateurs (ICPE).

Aucun pays ne ressort gagnant du classement réalisé à partir d’enquêtes d’opinions effectuées auprès de 11 232 cadres d’entreprise dans 125 pays. La Suisse, qui figure pourtant en première place, obtient 7,81 sur 10. Les Etats-Unis sont classés 9e (7,22), la France 15e (6,5). L’Italie est à la traîne des pays européens, à la 20e place (5,94).

Le double langage des entreprises occidentales est mis en évidence. “C’est de la pure hypocrisie de voir les gouvernements des pays de l’OCDE exprimer un attachement de pure forme à l’application de la législation, alors que les sociétés basées dans ces pays continuent de verser des pots-de-vin à travers la planète”, déclare David Nussbaum, directeur général de Transparency International.

Quant aux puissances émergentes qui payent des dessous de table sur leur sol et à l’étranger, elles ont les plus mauvaises notes du classement, avec 5,16 pour la Russie, 4,94 pour la Chine, suivie de l’Inde, qui ferme la marche avec 4,62.

<B>L’importance des pots-de-vin</B>

Les experts soulignent l’importance des pots-de-vin, malgré l’existence d’instruments internationaux qui rendent ces pratiques illégales. Les lois nationales, votées par les 36 signataires de la convention de l’OCDE contre la corruption de 1999, sont peu appliquées.

Seuls les Etats-Unis, le Canada, le Royaume-Uni, la Pologne et la Hongrie demandent à leurs lobbyistes de déclarer les relations qu’ils entretiennent avec des représentants officiels, souligne l’OCDE.

Le président de la Banque mondiale, Paul Wolfowitz, a aussi fait de la lutte contre la corruption son cheval de bataille. Ces préoccupations ne sont pas uniquement une posture morale.

Le département américain du commerce estime en effet, qu’entre 1994 et 2003, le montant global de transactions conclus dans des conditions douteuses s’élevait à 260 milliards de dollars, dont 40 milliards pour des contrats qui n’ont jamais été signés.

<B>© Le Monde 2006

Distribué par The New York Times Syndicate</B>

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