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L’alcool “in” peut mener à l’alcoolisme

18 novembre 2004, 00:00

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Les alcopops sont des boissons sucrées, mélangées à de l’alcool. Ces produits sont déjà présents sur le marché mauricien depuis peu. Bien entendu, aucune loi n’en interdit la production et la distribution. Mais, comme ces boissons ont été essentiellement conçues pour les jeunes, certains commerçants ne reculent devant rien pour atteindre leur cible.

La Natresa compte bien sensibiliser les jeunes face à ce fléau qui les guette. Elle a obtenu la collaboration de l’agence de pub Logos pour mettre sur pied une campagne d’information destinée à rétablir la vérité.

“Dans le passé, rappelle Cyril Palan, directeur de Logos, nous avons déjà fait ce genre de campagne. Nous allons le refaire à titre bénévole parce que c’est une cause que nous partageons. Nous avons toujours refusé de faire de la pub pour le tabac et l’alcool.”

Un comportement “cool” et “fun”

Sur les rayons des supermarchés et dans certaines stations service que nous avons visités, les alcopops voisinent avec des limonades sans alcool. C’est là où réside peut-être l’astuce : confondre cette boisson, dont la teneur en alcool est de 5,5 degrés, avec des boissons sucrées inoffensives. Son léger goût fruité semble destiner à distiller son contenu en alcool, qui est quand même supérieur à celui de la bière.

Très en vogue chez les jeunes Européens, les alcopops sont de plus en plus présents dans les soirées. Mais ces boissons joliment colorées et agréables à boire, font déjà l’objet de contrôles réguliers. En Suisse, la législation sur le commerce de détail des boissons distillées est exemplaire : il est interdit de vendre ces boissons (spiritueux, apéritifs et alcopops) aux mineurs.

À Maurice, si les jeunes préfèrent encore la bière aux autres alcools, il est à craindre qu’ils emboîtent le pas aux jeunes Européens. À titre d’indication, il faut faire ressortir que la consommation de bière, sur le plan local, est passée de plus de 31 millions de bouteilles en 2001 à plus de 37 millions en 2003.

La Natresa ne compte pas rester les bras croisés devant cette menace qui se profile. “Si rien n’est fait, nous assisterons à une consommation massive de cette boisson par les ados durant les fêtes de fin d’année”, explique Anand Kumar Ghallu, Officier in charge de la Natresa.

Comme pour des marques de vêtements, les fabricants d’alcopops exploitent habilement une certaine culture “jeune”, axée sur le comportement “cool”, “relax”, “fun”. Présentée comme une alternative au vin et à la bière, en Europe, la consommation d’alcopops n’a pas été suivie d’une diminution de celle de la bière.

À Maurice, il est à craindre que les alcopops connaissent le même cheminement. Déjà, une première infraction a été notée grâce au subterfuge des revendeurs : en vertu du Public Health Act, ces derniers doivent détenir un permis pour la vente d’alcool, lequel leur interdit la vente en dehors des horaires fixés par les autorités. Mais avec ces produits alcolisés, ils échappent à ces dispositions et peuvent vendre tranquillement cette boisson.

Ces boissons doivent également porter la mention de boissons alcoolisées et leur teneur en alcool doit être indiquée. Les points de vente doivent être munis d’écriteau bien visible, rappelant les restrictions régissant la vente de boissons alcoolisées.

Des répercussions psychologiques

La publicité pour ces mêmes boissons est interdite lors des manifestations auxquelles participent des enfants et des adolescents. Depuis le 1er mai 2001, il est aussi interdit de remettre des boissons contenant de l’alcool de fermentation, comme le vin et la bière, à des jeunes de moins de seize ans.

Pierre-André Michaud, spécialiste suisse reconnu en médecine des adolescents, explique que les conséquences de la consommation d’alcool chez les très jeunes sont d’ordre psychologique. “Si vous habituez des adolescents, ou même des enfants à boire très tôt et de façon fréquente, le risque qu’ils deviennent plus tard dépendants est clairement augmenté. Il faut savoir que les adolescents sont assez inexpérimentés par rapport aux adultes, en ce qui concerne l’usage d’alcool. S’agissant notamment d’alcopops, ils vont être amenés à boire des quantités importantes sans ressentir immédiatement les effets.”

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