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L’aide aux réformes

14 mars 2007, 00:00

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<B>Par Akilesh ROOPUN</B>

Dans un discours à New Delhi lundi dernier, le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Pascal Lamy, a fait un plaidoyer en faveur de l’aide au commerce afin de faire profiter la libéralisation des échanges aux pays pauvres et en développement. Maurice s’est fait champion du lobbying en faveur des initiatives de l’“aid for trade” (AFT). Il peut trouver là l’expression d’un intérêt au plus haut niveau à Genève pour faire aboutir cette idée dans les faits.

Le patron de l’OMC réitère l’argument selon lequel l’ouverture commerciale seule ne peut répondre aux défis du développement même si elle est vitale à la croissance. L’accès aux marchés a un sens pour les pays les moins avancés (PMA) et ceux en développement si ces derniers ont les moyens économiques et techniques pour profiter de la libéralisation.

Maurice s’est engagé dans un processus de restructuration économique pour améliorer sa compétitivité. Toutefois, le pays ne pourra pas compter sur ses ressources propres pour rendre ses entreprises plus performantes et plus résistantes aux chocs de la libéralisation commerciale. Maurice est à la recherche de fonds internationaux pour moderniser le service des douanes, le port, l’aéroport, les télécommunications, entre autres. Il faut aussi former les compétences pour les nouvelles industries

L’argent pourrait venir des enveloppes de l’AFT. Cependant, les modalités de cette aide restent encore à définir. À l’exception de l’Union européenne qui a déjà engagé des fonds sous ce chapitre, les autres nations riches n’ont pas encore précisé comment elles comptent déployer leur soutien aux pays qui sont en phase de transition économique comme Maurice. Pascal Lamy en appelle à une meilleure coordination entre les institutions internationales telles que l’OMC, le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et les organisations onusiennes pour faire avancer la cause de l’AFT.

L’investissement dans les infrastructures n’est pas le seul composant du processus de modernisation économique. Il faut aussi revitaliser les institutions économiques et le système du marché. Pascal Lamy évoque la nécessité de réunir les conditions nécessaires au niveau domestique pour que l’ouverture des marchés ne profite pas uniquement à quelques groupes. Il faut déclarer la guerre aux cartels et aux monopoles pour favoriser la venue de nouveaux opérateurs et la création de nouveaux emplois.

Le gouvernement viendra bientôt de l’avant avec une loi sur la compétition dont l’objectif principal est de mettre un terme aux pratiques commerciales au préjudice des consommateurs. Il est important d’avoir une institution forte et crédible qui agit comme chien de garde auprès du marché et qui punisse les entorses à la concurrence.

Le contrôle des prix et la présence des agences comme la State Trading Corporation entravent, eux aussi, le bon fonctionnement du système de marché. La nouvelle loi devra trouver de nouveaux moyens pour protéger les consommateurs dans le respect d’une concurrence que l’on souhaiterait saine.

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