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L’Afrique pourrait devenir un vivier du terrorisme

14 octobre 2004, 20:00

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Le président algérien Abdelaziz Bouteflika a déclaré que l’Afrique risquait de devenir un vivier du terrorisme à moins que ses sources de financement, ses sanctuaires et les réseaux alimentant les organisations terroristes ne soient éliminés.

“Notre continent demeure vulnérable face au terrorisme (...). Le danger qu’il représente pour nous tous ne doit pas être sous-estimé”, a-t-il estimé mercredi lors d’une conférence de l’Union africaine à l’occasion de laquelle a été inauguré, à Alger, un Centre de lutte contre le terrorisme financé par l’UA.

“C’est pourquoi la stratégie de l’Afrique doit consister à faire de la prévention une priorité, afin d’empêcher que notre continent devienne un vivier du terrorisme, ou une base de repli pour les groupes terroristes qui peuvent attaquer, au choix, des pays africains ou d’autres régions.” La faiblesse des institutions politiques et une insuffisante surveillance des côtes et déserts africains sont depuis longtemps perçus comme faisant de l’Afrique un terrain fertile de recrutement et de formation pour les organisations armées telles qu’Al Qaïda, dédiées aux attentats de masse contre les civils.

Le réseau islamiste Al Qaïda et des groupes s’en réclamant sont soupçonnés d’avoir perpétré de meurtriers attentats au Kenya, en Tanzanie, en Tunisie, au Maroc et en Algérie.

Le centre inauguré par l’UA sera chargé de rassembler des renseignements sur le financement du terrorisme, d’échanger des informations sur les organisations terroristes et de trouver des moyens de prévenir leurs forfaits. Il assurera également des formations à la lutte antiterroriste.

“Ce centre va améliorer la capacité des pays africains à lutter contre le fléau du terrorisme (...) (et) nous fournira l’occasion d’étendre et d’approfondir notre coopération”, a estimé Cofer Black, expert de la lutte antiterroriste auprès du département d’Etat américain, prenant la parole lors de la conférence.

Bouteflika, qui a gagné son combat contre une violente insurrection islamiste qui en 12 ans a menacé la survie de l’Etat algérien, a déclaré que la mise en commun fréquente d’informations ainsi que la coopération judiciaire et technique étaient nécessaires pour contenir et éradiquer la menace terroriste.

“De nombreux pays africains se sont montrés réticents à partager des informations sensibles. C’est en train de changer, et le nouveau centre anti-terroriste va renforcer la coopération, même si ce n’est encore qu’un petit pas”, a déclaré à Reuters un délégué occidental présent à la conférence.

De son côté, le coordinateur de l’Union européenne en matière de lutte contre le terrorisme, Gijs de Vries, a déclaré que l’Europe souhaitait raffermir ses liens avec le continent africain. “Un certain nombre de pays africains et européens ont été frappés par des attentats terroristes (...). Nous devons poursuivre la lutte anti-terroriste tout en respectant les droits de l’homme”, a-t-il dit devant la conférence.

<B>Paul de Bendern</B>

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