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L’Afrance, d’Alain Gomis
El Hadj est étudiant en maîtrise à Paris. Il veut rentrer dans son pays natal, le Sénégal, pour participer au développement du pays et se marier avec la jeune fille qu’il a quittée à son adolescence. Mais lorsqu’il est pris en défaut de carte de séjour à quelques jours près, on le place en centre de détention. Humilié, il attend son expulsion.
Comme le délai légal expire, il est relâché. Il change alors de position : il ne veut plus rentrer chez lui en charter d’expulsion et veut se battre en France. Ce revirement est peut-être aussi dû à son amour pour Myriam, jeune Française indépendante, qui n’a pas le sens du devoir d’El Hadj. Ce dernier travaille en clandestin et est de plus en plus tiraillé entre ses deux vies. Il retourne au Sénégal, mais pour annoncer sa décision de faire sa vie en France.
“La grande qualité de l’Afrance est sa simplicité, son humanité. La caméra se rapproche des corps pour en saisir l’intimité et c’est dans cette sincérité que le film trouve une véritable grâce qu’aurait pu servir un montage un peu plus serré. On ressent le déchirement d’El Hadj qui voit se déliter son image de lui-même, en venant à faire des choses qu’il n’aurait jamais imaginées. C’est dans cette tension – et non en proposant des solutions toutes faites – qu’il trouve sa belle intensité.” (Olivier Barlet)
● <B>Alain Gomis</B>
Alain Gomis est né en France en 1972 d’un père sénégalais et d’une mère française. Après des études d’histoire de l’Art et une Maîtrise d’études cinématographiques (Paris I Panthéon Sorbonne), il a été animateur d’ateliers vidéos pour la ville de Nanterre. Il a réalisé dans ce cadre de nombreux reportages consacrés aux jeunes issus de l’immigration. Depuis, il a réalisé plusieurs courts-métrages. L’Afrance est son premier long-métrage. (Clap Noir)
● <B>PROPOS DU RÉALISATEUR</B>
“Depuis la lutte pour les indépendances, nombreux sont les leaders politiques, devenus mythiques depuis, à avoir appelé les jeunes diplômés à aller chercher ailleurs le savoir à ramener dans leur pays afin de bâtir des états capables de rivaliser avec les anciens dominateurs. Ainsi, beaucoup d’étudiants africains arrivent chaque année en France pour poursuivre leurs études. Mais l’exil est une mise à distance. Chez les autres, on est d’abord face à soi. Qui sommes-nous, qu’est-ce qui dans notre pensée résistera à l’agression d’un autre monde ? Sans doute ce qui nous appartient vraiment. Et si certains de nos combats n’étaient pas les nôtres ? Un renoncement pénible et périlleux, car c’est accepter de perdre toute sécurité, abattre les protections et se laisser être ce qu’on est profondément.”
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