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L?Élysée entre attente et nostalgie

5 mai 2007, 20:00

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Mardi, deux jours après le second tour, le chef de l'État encore en place présidera les cérémonies habituelles célébrant la fin de la Seconde Guerre mondiale. Pour la dernière fois, sous l'Arc de triomphe, il ranimera la flamme du soldat inconnu. Le 10 mai, le Conseil constitutionnel proclamera officiellement le résultat de l'élection.

Le mandat du président actuel expi-re officiellement le 17 mai à zéro heure. Il est probable que la passation de pouvoirs ait lieu le 16 mai. Alors que Jacques Chirac avait fait savoir qu'il ne resterait pas « jusqu'à la dernière minute du dernier jour », Nicolas Sarkozy a déclaré, dans Le Monde du 26 avril :

« Je n'imagine pas que la passation de pouvoir puisse se faire avant le 16. Qu'il y ait une dizaine de jours pour digérer la campagne et habiter la fonction présidentielle, cela ne me semble pas de trop. » Ségolène Royal s'est, elle, gardée de tout commentaire de cette nature.

« L?intérêt supérieur du pays »

Ce rendez-vous de la passation de pouvoirs revêt un caractère très officiel pour deux raisons : c'est le moment où le nouveau président de la République reçoit, des mains du grand chancelier de la Légion d'honneur, le grand collier de l'ordre national. C'est aussi à cette occasion que se transmet le secret du feu nucléaire et de ses codes.

Pour le reste, tout est affaire de personnes. De l'entretien que l'ancien chef de l'État et le nouveau (ou la nouvelle) auront, dans le bureau présidentiel de, nul ne saura rien, comme il se doit. .

Ce rendez-vous a d'abord une di-mension symbolique. Il sera évidemment différent si Jacques Chirac reçoit Nicolas Sarkozy, avec lequel il entretient une relation compliquée depuis tant d'années ? et qu'il voit tous les lundis ? ou s'il accueille Ségolène Royal. Dans tous les cas, c'est une histoire qui ne regarde que l'un et l'autre et « l'intérêt supérieur du pays ».

Assurer la continuité de l?État

Il est probable cependant, que le président sortant abordera les sujets internationaux, qui lui tiennent à c?ur. Toutes les notes des conseillers, les documents officiels, partiront aux Archives nationales, où nul ne peut les consulter avant soixante ans, sauf dérogation spéciale. Une partie du courrier du président sera archivée aussi. Tout le cabinet présidentiel a déjà trouvé des points de chute ailleurs. Reste tous les autres, « les mille de l'Élysée », comme on les appelle parfois. La moitié est affectée à la sécurité du président en exercice. L'autre moitié se répartit dans les secrétariats, l'organisation des voyages, la conservation du domaine, les cuisines, etc.

Les prévoyants ont commencé leurs cartons depuis longtemps. Les nostalgiques font tout à la dernière minute. Mais comme le leur a dit Jacques Chirac, mercredi 2 mai, en leur faisant ses adieux officieux : « Vous avez un rôle majeur à jouer, celui d'assurer la continuité de l'État. »

@ 2 007 Le Monde ? Béatrice GURREY ? (Distribué par The New York Times Syndicate)

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