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Légumes : pas de retour à la normale avant deux mois
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Légumes : pas de retour à la normale avant deux mois
Il y a quelques mois, la sécheresse. Aujourd?hui, après le passage du cyclone Gamede, le trop-plein de pluie? Une situation qui ne pouvait faire que du mal aux cultures vivrières. Les semences ont été perdues et les récoltes ont pourri. L?Agricultural Research and Extension Unit (Areu) estime que les pertes pour les plantations de légumes sont de 25 à 30 % sur l?ensemble de l?île.
Les régions les plus affectées sont La Marie et Plaine-Sophie. Pour certains légumes, tels que les carottes qui poussent sous terre, les dommages sont plus importants. L?Areu estime que les pertes par rapport à la culture de carottes atteignent, dans certaines régions de l?île, les 75 %.
Selon ces mêmes estimations, la situation devrait retourner à la normale dans six à huit semaines et ce, pour une majorité de légumes. Quelques cultures, notamment celles de voèmes, de calebasses, de pipengaille, de bringelles et de lalos devraient reprendre des forces dans deux semaines.
Du côté des planteurs, les estimations par rapport à une reprise de la récolte normale de légumes tournent autour des deux mois. ?Li pou pren enn de moi pou ki situation retourn a la normal. Lechou ek carot pou ena dan 2 a 3 moi?, soutient Deonarain Lokee, président de la Mauritius Vegetable Planters Association.
En attendant une reprise, il faudra pallier le manque de légumes sur le marché. L?importation apparaît comme la mesure salutaire. Le ministère de l?Agro-industrie a déjà annoncé que des permis pour l?importation de légumes seront octroyés. Une réunion se tiendra ce matin au ministère afin de décider des modalités exactes de l?importation. Le ministre de tutelle, Arvin Boolell, a demandé à l?Agricultural Marketing Board (AMB) de s?approvisionner en tomates en boîte. L?AMB importera aussi des pommes de terre. Son stock actuel est de 1 000 tonnes.
Le ministère souligne cependant que l?importation de légumes se fera par quotas. Cette démarche devrait rassurer les planteurs qui craignent que les opérateurs inondent le marché de produits étrangers, à long terme. ?Au départ, nous étions tout le temps contre l?importation des légumes. Mais, dans ce cas, il est clair qu?il y aura une pénurie. Il est donc obligatoire d?importer mais il faut qu?il y ait un système de contrôle?, explique Deonarain Lokee.
Normes phytosanitaires
Si le contrôle reste un aspect important de l?importation, il est applicable aussi bien par rapport à la quantité qu?à la qualité des légumes. L?Australie et l?Afrique du Sud sont les deux pays qui devraient être les deux sources d?importation dans la mesure où les légumes en provenance de ces deux pays se plient aux normes phytosanitaires en vigueur.
Les importateurs se tourneront donc vers ces deux sources. ?Nous avons déjà contacté nos fournisseurs, nous attendons maintenant que les autorités octroient les permis nécessaires pour aller de l?avant?, souligne Suren Surat, Managing Director de SKC Surat & Co Ltd. Cette compagnie compte importer des légumes frais de l?Afrique du Sud, et espère ainsi minimiser les coûts associés au fret. Carottes, choux verts, haricots, pâtissons et fines herbes sont les légumes que l?entreprise pense faire venir.
Qui dit importation de légumes dit aussi prix à la hausse. ?Les légumes vont être assez cher puisqu?il faut prendre en considération le fret et les prix pratiqués à la base par les fournisseurs?, explique Suren Surat.
Une bonne partie des légumes importés seront pour la consommation hôtelière. D?autres se retrouveront sur les étagères des grandes surfaces. Mais pour l?assiette du citoyen moyen, reste encore la boîte de conserve...
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