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L?éducation d?abord

26 septembre 2007, 00:00

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<B>Par Raj MEETARBHAN</B>

Le principe d?une discrimination positive fait son chemin. Hier c?est un groupement nouvellement créé et proche de la mouvance travailliste, la Fédération des créoles mauriciens (FCM), qui a réclamé l?institution d?un mécanisme pour permettre aux créoles de rattraper leur sous-représentativité dans la fonction publique. Cette question mérite notre attention.

Sans accentuer les polarisations actuelles sur les discriminations, on ne peut faire l?impasse sur une revendication qui est fondée sur un constat objectif. Les chiffres communiqués hier sont probablement exagérés, mais ils ne sont pas trop loin de la vérité. La FCM affirme que la fonction publique ne compte que 1,5 % de créoles, alors que ce groupe constitue 35 % de la population. Ce constat nourrit une perception d?injustice. Il est important de corriger la situation. Mais la formule de quotas qui est parfois prônée peut engendrer d?autres perversions. Elle constitue une inégalité institutionnalisée et peut créer des ressentiments dans d?autres groupes.

L?adoption d?un ?Equal Oppportunities Act? ne garantit pas, non plus, une représentativité équitable dans le service public. La loi peut établir des conditions pour que les recrutements se fassent en fonction du mérite mais cela ne règle pas le problème. Au contraire, avec les handicaps de départ dont souffrent certaines populations des quartiers ouvriers, il est même possible que leur sous-représentation s?aggrave si le seul critère d?échec ou de réussite scolaire est appliqué.

La discrimination positive (?affirmative action?) dans le domaine de l?emploi n?a jamais produit de résultats positifs dans les pays où elle a été appliquée. Elle n?a pas éradiqué la pauvreté ni rétabli une répartition plus juste des postes dans les services publics. La raison de l?inefficacité de cette mesure tient au fait qu?elle tend à s?attaquer au mauvais bout de la chaîne. Elle ne corrige pas la cause du mal.

Le système des quotas peut stigmatiser des groupes entiers et leur donner l?impression qu?ils ne peuvent s?élever par leur propre mérite. C?est au niveau de l?école qu?il faut agir. L?encadrement scolaire des élèves issus des milieux modestes doit être revu. Ce serait intéressant de demander à Mathieu Laclé, Etienne Sinatambou et Jacques Panglose, présents hier à la conférence de presse de la FCM, ce qu?ils pensent de la politique élitiste de Dharam Gokhool.

L?Union Chrétienne, autre mouvement qui lutte pour la promotion sociale des créoles, a raison quand elle plaide pour ?une scolarisation accélérée du prolétariat créole?. C?est en termes d?éducation et de formation qu?il faut analyser le problème.

L?historien Jocelyn Chan Low explique la surreprésentation des hindous et la marginalisation des créoles dans le service public par le fait que ?l?Église catholique a favorisé l?éducation des élites contrairement au mouvement de l?Arya Samaj chez les hindous dont l?action a permis l?émergence d?une génération de jeunes gens qualifiés issus de familles de petits planteurs?.

C?est d?abord sur le terrain scolaire que se crée l?inégalité des chances à Maurice. Traitons les causes, pas les effets.

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