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L?usine Alcodis sous haute surveillance
Alcodis a rallumé ses chaudières hier mais sous la surveillance d?officiers de l?Environnement et de la Santé. En effet, l?usine de fabrication d?éthanol, épinglée par les autorités à la suite à l?intoxication le 28 février et le 2 mars d?une quinzaine d?écoliers de l?établissement primaire Rose-Belle North, a jeudi soir obtenu l?autorisation du ministère de l?Environnement de reprendre ses tests jusqu?à dimanche.
Alcodis avait dû suspendre ses activités à la suite d?une prohibition notice le 3 mars. Et la sanction ne sera levée demaindans l?après-midi que si les autorités estiment que l?usine ne constitue plus un danger potentiel pour le voisinage.
Plusieurs dizaines d?officiers des ministères de l?Environnement et de la Santé, ainsi que la police, étaient sur les lieux durant la nuit de jeudi et hier matin. Pendant une partie de la journée hier, ils ont été relayés par les experts de l?université de Maurice, du Mauritius Sugar Industry Research Institute et par des hauts cadres du ministère de l?Environnement dont le directeur, Raj Prayag.
Depuis les incidents, les responsables d?Alcodis disent avoir appliqué les mesures correctives comme exigées par les autorités. Jérôme Harel, directeur général de la compagnie, affirme : « La cheminée a été rehaussée de 21 à 30 mètres car l?usine est passée du charbon à l?huile lourde comme combustible. Nous avons fait le nécessaire pour réduire la possible émission de gaz toxique et les problèmes de bruit. Nous avons travaillé sans relâche pendant trois jours. Attendons voir. »
«Nos techniciens et ceux de la Santé sont sur place, explique le ministre de l?Environnement, Rajesh Bhagwan, pour évaluer si ces mesures sont efficaces. Par précaution, nous avons autorisé Alcodis à faire les tests pendant les jours de congés.»
Selon un rapport soumis par un panel d?experts de différentes institutions après un audit suivant les intoxications, l?usine est « responsable des malaises ressentis par des écoliers de Rose-Belle North ». « Toutes les conditions étaient réunies ces jours-là pour exposer l?école à ces problèmes, souligne Toolseeram Ramjeawon, Associate Professor à la Faculté d?ingénierie de l?Université de Maurice, qui fait partie du panel d?experts qui assure le suivi. « Les symptômes semblent correspondre à ceux qui caractérisent une exposition au gaz et pour vérifier cela, nous avons utilisé un modèle aux normes internationales.»
Si l?usine est parfaitement visible depuis la classe des écoliers intoxiqués malgré les 500 mètres qui séparent les deux, Alcodis nie toujours toute implication. « Nous n?avons rien à faire avec les intoxications, répète Jérôme Harel et jusqu?à l?heure, on n?a pu faire le lien. »
Les doutes du personnel
Le personnel de l?usine se montre également dubitatif sur les accusations. «Si l?usine émettait des gaz toxiques, les premiers atteints auraient été ses employés. Or, aucun cas d?intoxication n?a été rapporté depuis l?inauguration officielle d?Alcodis à la mi-2003», constate un employé. «Une quinzaine d?élèves ont été intoxiqués à l?école de Rose-Belle North qui se trouve à 500 mètres, ajoute un autre, alors qu?il y a plusieurs maisons autour d?Alcodis et que personne n?a été intoxiqué.»
La direction de l?usine estime que les autorités devraient aussi faire des recherches au niveau des planteurs de légumes. Plusieurs bidons vides de poison ont été retrouvés dans des champs non loin de l?école. Cette hypothèse est cependant officiellement exclue par le ministère de l?Environnement.
Le ministère de l?Agriculture a toutefois tenu une réunion la semaine dernière avec ces planteurs pour les mettre sévèrement en garde contre l?utilisation abusive de pesticides dans leurs champs.
En attendant, la situation est revenue à la normale à l?école depuis lundi dernier. Hier, des ouvriers s?attelaient à installer deux ventilateurs et des rideaux dans chaque classe.
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