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L?université de Maurice à court de locaux
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L?université de Maurice à court de locaux
Singulière requête que celle faite par le ministère de l?Education à au moins un collège d?Etat, à savoir Ebène (Girls) SSS? Il lui a demandé s?il pouvait mettre des salles de classe à la disposition de? l?université de Maurice (UoM). Ainsi, faute d?espace sur le campus, les étudiants pourraient se retrouver à nouveau sur les bancs du? collège, à la rentrée universitaire, lundi prochain. D?autres collèges auraient également été approchés. Les réponses des directeurs d?écoles sont attendues aujourd?hui.
Plusieurs raisons ont motivé cette demande. Premièrement, l?UoM a l?intention d?agrandir sa population estudiantine. Chaque année, l?institution admet un nombre grandissant d?étudiants. Et l?exercice d?admission ne dérogera pas à cette règle. D?autant que le gouvernement s?est fixé pour objectif de permettre à un plus grand nombre de jeunes d?entamer des études supérieures. Ce qui cadre avec le souci majeur de l?état-major de l?université, qui est de démocratiser davantage l?accès à ses différentes facultés. Alors qu?il y avait l?année dernière 2 600 recrues, l?université compte en admettre pour 2007 quelques centaines de plus. Au total, le campus comptait 7 370 étudiants en 2006.
Mais le campus étant débordé, il a fallu chercher ailleurs. D?autant plus que l?université vient de créer la Mauritius International Business School (MIBS) en partenariat avec la Mauritius Employers Federation par le biais de laquelle il pourra offrir des cours payants de manière à renflouer ses caisses. Comme ces étudiants se retrouveront sur le campus de Réduit, le problème de places s?aggrave.
<B>Manque de fonds</B>
Certes, il a été décidé d?aménager de plus grandes classes, mais cette mesure ne sera pas suffisante. ?Avant, on arrêtait l?admission pour un cours lorsque nous arrivions à trente élèves. Cette fois-ci, on en acceptera plus de trente?, confie un cadre de l?université de Maurice. ?Nous avons également jugé sage de regrouper des classes qui avaient des cours avec le même contenu. Cela permettra également de faire des économies au niveau des ressources humaines?, ajoute-t-il. Une des critiques faites récemment était que l?université dépensait trop pour payer des conférenciers à temps partiel. En haussant le nombre d?élèves par classe, il faudra encourir moins de frais à ce niveau-là. Mais ce n?est toujours pas assez pour avoir le nombre de places nécessaires.
Après mûre réflexion, la solution la plus applicable était donc d?aller chercher de la place là où il y en avait, c'est-à-dire dans des collèges se situant dans les environs. Cette option fut en fait motivée par un problème plus profond : le manque de fonds de l?établissement.
?Nous avons un gros problème de budget. Nous avons combiné les classes qui ont les mêmes cours et nous allons permettre qu?il y ait plus de 30 élèves par classe. Nous avons également demandé des classes ailleurs, c'est-à-dire auprès des collèges. Ceci permettra à plus de monde d?étudier chez nous?, confirme Soodarshun Jugessur, Pro-chancellier de l?université de Maurice. Hors de question cependant de construire de nouveaux locaux, même si un lopin de terre est réservé au nom de l?institution dans la cybercité d?Ebène. Mis en cause : le manque d?argent.
Accommoder des étudiants de l?université dans des collèges risque toutefois de causer une levée de boucliers, ce que l?on concède à Réduit. ?Il y a toujours des réticences lorsqu?il y a un changement. Naturellement que cela posera quelques problèmes d?aménagement, mais c?était notre dernier recours?, confie Soodar-shand Jugessur.
<B>Des branches hors campus</B>
Le recours aux salles de classes après les heures de cours des collèges n?est pas une raison de dramatiser, loin de là, dit-on à l?université de Maurice. ?Les grandes universités dans le monde ont des branches hors de leur campus. Ce que nous nous proposons de faire n?est pas différent.?
Que cela va mal financièrement n?est plus un secret. En début d?année, l?université avait d?ailleurs frôlé la catastrophe. Sans une rallonge de Rs 23 millions de la part de la Tertiary Education Commission il y a quelques mois, portant ainsi le budget à Rs 264 millions, l?université risquait de ne pas pouvoir payer les salaires du personnel pour les mois d?avril, mai et juin, comme révélé par l?express dans son édition du 7 février dernier.
De plus, alors que la direction avait demandé que le budget alloué par l?Etat soit de Rs 325 millions pour pouvoir subvenir à ses dépenses courantes pour l?année financière 2007-2008, le ministère des Finances ne lui a accordé que Rs 270 millions. Ceci oblige l?université à fonctionner coincé dans un étau financier.
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