Publicité

L?unanimité autour de la réforme

4 juin 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Rarement un discours du budget n?a été aussi attendu. Rama Sithanen, le ministre des Finan-ces, en aura très certainement conscience quand il lira le sien vendredi prochain à 16 h 30. C?est Rama Sithanen lui-même qui a enflammé les débats début mai, en dépeignant une situation économique et budgétaire catastrophique. Laquelle, de son propre aveu, nécessite de véritables remèdes de cheval pour être redressée.

Tout ses discours à partir de ce moment seront saupoudrés de ses quatre mots fétiches : solidarité, discipline, patriotisme et responsabilité.

À la grande satisfaction du Joint Economic Council qui verra dans la nouvelle posture du ministre, l?arrivée imminente de réformes salutaires dans le fonctionnement même de l?État.

Sithanen aura vite fait de leur donner raison en réglant la question de la compensation salariale de manière inédite. En effet, le 11 mai dernier, il bouscule l?ordre établi en coupant court aux tergiversations lors des tripartites. Il signera ce jour-là l?acte de naissance des négociations sectorielles dans le pays.

Cette décision ne sera pas sans conséquence car Sithanen suscitera l?ire des syndicats, menant même à une rupture de dialogue entre l?Hôtel du gouvernement et le mouvement syndical. Dans le même temps, un froid glacial s?installe entre le patronat et les mouvements ouvriers. Le débat, à peine lancé, a été clos.

C?est dans ce contexte que l?express dimanche a choisi cette semaine de réunir les partenaires sociaux de différents horizons pour débattre des mesures souhaitables dans le cadre du budget que présente Rama Sithanen.

Sept invités : universitaire, syndicaliste, hommes d?affaires, petits entrepreneurs et représentants du patronat ont accepté de participer à cette table ronde et de se prononcer sur les principales décisions qui s?imposent. Ils ont exprimé leurs opinions sur sept grands thèmes : la dette de l?État, la création de la richesse, les taxes, l?État providence, la formation, le recours aux compétences étrangères et la privatisation.

À l?impossible nul n?est tenu. C?est donc assez naturellement qu?Ashok Subron, conseiller technique à la General Workers?Federation et Jacques de Navacelle, le président du Joint Econo-mic Council, ont prôné des orientations parfois diamétralement opposées. Mais au-delà des clichés d?affrontement ouvriers-patrons, nos sept invités se sont parfois rejoints sur certains enjeux majeurs. Le premier étant la nécessité d?une réforme en profondeur de l?économie et de la manière dont l?État gère les institutions publiques.

Ils ont tous été unanimes à dire que Maurice doit changer si elle souhaite ne pas courir vers la catastrophe économique et sociale. C?est le modèle actuel qui est remis en cause pour tous. Mais chacun y est allé de son explication pour défendre un retrait de l?État ou un plus grand interventionnisme de celui-ci dans certains cas.

<I>« Tous ont été unanimes à dire que Maurice doit changer si elle souhaite ne pas courir vers la catastrophe économique et sociale »</I>

Autre sujet de concordance : une certaine idée axée autour de la solidarité et de la protection des plus vulnérables.

Ainsi, personne n?a trouvé qu?une hausse de la taxe sur la valeur ajoutée était souhaitable. Au contraire, quand il a fallu débattre des nouvelles formes d?imposition, tous ont à peu près été d?accord sur le fait que la mise en place d?une taxe immobilière nationale est judicieuse. À condition, ont-ils tous dit, que les personnes les plus vulnérables en soient exonérées et que les disparités dans les services offerts en zone rurales et urbaines s?effacent.

Autre idée de la solidarité : le maintien de l?État providence. Ainsi, tous les intervenants ont insisté sur la nécessité de protéger davantage les groupes vulnérables en améliorant les services de santé, d?éducation ou des infrastructures publiques. Cela va même jusqu?à des demandes de subventions augmentées sur le « riz ration » ou d?autres denrées de base.

C?est toutefois quand il s?agit de penser à Maurice dans un contexte global que les réticences refont surface. Ainsi, à l?approche libérale et ouverte vers les étrangers et leurs investissements, une vision plus mauricienne du développement initié par les ressources tant humaines que naturelles locales, a été opposée.

Réalisé par Rabin Bhujun

Publicité