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L?UE-ACP discute de la compensation

26 novembre 2004, 00:00

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Des membres de l?Assemblée paritaire Union européenne (EU) ? Afrique Caraïbes, Pacifique (ACP) ont exprimé leur inquiétude au sujet de l?impact de la réforme sucrière en Europe sur les économies des pays ACP. La huitième session de cette instance s?est beaucoup intéressée à la question de la compensation. Elle s?est tenue cette semaine à La Haye, aux Pays-Bas.

Des voix se sont élevées pour demander à l?UE de préciser ses options de compensation promises aux pays du bloc ACP producteurs de sucre.

Ce bloc compte beaucoup sur un soutien financier de l?Europe pour faire face à la diminution des recettes que provoquera inévitablement la réforme. Selon les propositions du commissaire européen à l?Agriculture, Franz Fischler, le prix payé aux exportateurs subira une baisse de 37 %. Les pays ACP doivent donc restructurer leurs activités sucrières. Néanmoins, dans un premier temps, ils auront besoin d?une compensation financière pour pouvoir s?ajuster au manque à gagner.

La Britannique Glennys Kinnock, co-présidente de l?Assemblée paritaire, s?est montrée particulièrement sévère à l?égard de la Commission européenne. ?Il est un fait que les betteraviers européens vont recevoir une compensation représentant 60 % de leur perte de revenus. De l?autre côté, on promet aux ACP un soi-disant plan d?action qui n?est pas clair et où rien n?est établi jusqu?ici.?

Elle a, par ailleurs, placé le débat sur un plan moral : le monde dépense aujourd?hui US$ 900 milliards pour l?expansion militaire et US$ 300 milliards pour les subsides agricoles, alors que seulement US$ 50 milliards à US$ 60 milliards vont à l?assistance au développement dans les pays qui en ont besoin.

Elle estime que les ACP doivent d?abord être en mesure de consolider des marchés dans le cadre de la création d?accords de partenariat économique (un nouvel accord cadre pour les relations Europe-ACP). ?Cet effort nécessite des ressources financières supplémentaires, au-delà du Fonds européen de développement qui est accordé aux ACP?, affirme-t-elle.

L?express avait fait état d?une proposition de compensation de la France dans le sillage de la réforme sucrière. Le dossier, soumis par Paris à la Commission européenne, prévoit le paiement d?une compensation annuelle aux ACP. Maurice pourrait ainsi bénéficier d?une enveloppe s?élevant à Rs 3 milliards.

Les autorités mauriciennes poursuivent leur campagne de lobbying afin d?obtenir une refonte du régime sucrier la plus douce possible, tout en ?uvrant pour une bonne compensation. Le ministre de l?Agriculture, Nando Bodha, poursuit en ce moment même des discussions dans plusieurs capitales européennes. A Rome, il a rencontré le sous-secrétaire d?Etat italien à l?Agriculture, Paolo Scarpa Bonazza. L?Italie compte une communauté de betteraviers qui sera largement touchée par la réforme. Ses intérêts et ceux de Maurice convergent sous plusieurs aspects.

Le ministre mauricien se rend à Bruxelles la semaine prochaine.

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