Publicité
Loïc Guérec voler toujours plus haut
Par
Partager cet article
Loïc Guérec voler toujours plus haut
Cheveux et fine barbiche poivre et sel, grands yeux bleus et sourire sympathique, Loïc Guérec, la quarantaine, arbore une chemise blanche, aux épaulettes bordées de bleu marine et de jaune, et un pantalon marine. C?est là l?indispensable uniforme de pilote ! Et Loïc a rêvé de ce métier depuis sa plus tendre enfance.
Il lui voue d?ailleurs une réelle dévotion. Toujours paré au décollage ! Contact, tapotement sur le tableau de distribution électrique, des manettes, coup d??il sur les cadrans et l?altimètre avant de faire rugir le moteur du Beechcraft 1900 D, le Catovair du groupe IBL, desservant la ligne Maurice/Rodrigues.
Le cap, aujourd?hui, ne sera pas mis sur une destination touristique mais sur sa vie? Première escale : Madagascar où il est né. À trois ans, il part en France pour poursuivre le reste de son enfance avec ses trois s?urs et son frère. C?est là qu?il fait son baptême de l?air avec son père Jean, pilote de ligne d?Air France. « Je l?avais accompagné avec un équipage de trois personnes dont un ami mécanicien lors d?un vol. Cela m?avait beaucoup plu et je rêvais d?exercer ce métier », confie Loïc Guérec.
Son premier vol, il l?effectue, à 16 ans, à bord d?un un planeur près de Chartres, après avoir suivi un stage de formation intensif pendant les vacances d?été.
Missions humanitaires dans des zones à risques
« J?éprouvais une sensation de liberté, de calme. Cet avion ne possède pas de moteur, mais on dépend des vents ascendants et de l?air chaud. J?avais une vue magnifique », relate-t-il. Notre interlocuteur, sur les conseils de ses parents, entre ensuite dans une école préparatoire pour devenir ingénieur en aéronautique. Mais après déterminé à être pilote, il entre à l?Aéronavale et suit une formation pour le pilotage d?avions de patrouille.
Deuxième tournant : les États-Unis. 1991 : Loïc Guérec intègre la Florida Flight Academy où on lui inculque des notions de pilotage privé et professionnel, l?usage des turbopropulseurs et les différents types d?avions. Après un an, il obtient son brevet de pilote et se met en quête d?un emploi. Cap sur l?Afrique du Sud, puis le Mozambique. Dans ce pays alors en guerre, il effectue des vols humanitaires dans des zones à risques. Un an plus tard, après la fin de la guerre, Loïc Guérec travaille en freelance, puis sillonne l?Afrique du Sud pendant trois mois? mais ne décroche pas d?emploi.
Finalement, il repart à Madagascar où il est embauché par la compagnie Aeromarine et y travaille pendant six mois. En 1997, il est employé par une autre compagnie ? Madagasy Airlines ? et vole vers Tamatave et Majenga. Au passage, il repart au Kansas pour une formation de pilote de ligne pendant un mois. En 1999, il effectuera un vol qui lui laisse un profond souvenir.
Un homme heureux de sa réussite
« Nous avions reçu un appel d?une femme qui avait une hémorragie interne et devait être évacuée d?Aldabra aux Seychelles. Nous nous y sommes rendus, mais il n?y avait pas de bateau pour la récupérer. Heureusement, l?équipage d?un cargo a accepté de le faire. On l?a transférée vers nous par une chaloupe et on a atterri sur une piste non préparée pour transporter cette malade à l?hôpital vers deux heures du matin. Lorsque j?ai contacté le médecin le lendemain, il m?a dit que si nous l?avions emmenée une demi-heure plus tard, elle serait morte. Il y avait eu une chaîne de solidarité pour la sauver », raconte-t-il.
Promu responsable des opérations, il part aux Seychelles au sein d?Island Development Co où il pilote trois types d?avions : le B 1900, le F 406, un petit avion de dix places et le BN2, un bimoteur, pendant deux ans. Puis le voilà promu à nouveau chef pilote. « Quand on pilote un avion public, on ressent toujours la liberté, mais cela est aussi soumis à des contrôles permanents et à une responsabilité accrue de l?équipage et des passagers. On a tout de même quelques minutes pour savourer le panorama dans un monde qui s?ouvre telle une troisième dimension. ».
Et comme le succès commence à se tourner vers lui, les responsables d?IBL Aviation le contactent pour devenir le pilote en chef et le responsable de la formation des pilotes et copilotes dans le cadre du projet Catovair en 2003. Il amorce donc le virage sur Maurice dont il foule le sol en septembre 2004. Il devient alors conseiller technique et s?attelle à la préparation et au recrutement.
Heureux de sa réussite, il explique que deux atouts sont essentiels dans ce domaine. « J?ai réussi un accomplissement personnel, et une satisfaction d?avoir réalisé mon rêve. J?ai toujours été volontaire et je croyais fermement que l?on pouvait apprendre à l?étranger. J?ai été capable de m?adapter. Les deux qualités nécessaires sont l?attitude de la personne et le degré de compétence technique. Il faut savoir que derrière le pilotage, il y a aussi le travail d?équipe, un respect de la compagnie aérienne », souligne-t-il.
Marié et père de trois fils, dont l?aîné effectue des études en économie, il ne sait pas encore si l?un des Guérec reprendra le flambeau du pilotage. Mais chez eux, l?esprit de famille prime. Aussi, quand il a du temps libre, le pilote en chef participe à des activités culturelles, pratique des sports nautiques ou d?autres activités physiques. Son loisir favori : jeter l?ancre en mer. Histoire de sortir un peu la tête de la carlingue et d?atterrir à l?aéroport, avant de rejoindre son lieu de prédilection, sa maison à Pointe-d?Esny.
Publicité
Publicité
Les plus récents