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Lord Lester : « Mettez-vous à l??uvre »
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Lord Lester : « Mettez-vous à l??uvre »
Lorsqu?une appréciation sur les hommes de loi mauriciens vient du récipiendaire en 1997 du Liberty Human Rights Lawyer of the Year, Lord Anthony Lester of Herne Hill , un lord d?une finesse intellectuelle hors pair et qui n?a pas la réputation de s?accommoder aux goûts de son auditoire, cela vaut tout son pesant d?or.
« Vous, Mauriciens, vous avez du talent. Vous avez le savoir-faire. Vous avez une compétence qui vous permet de mettre en place toutes les recommandations en vue de la réforme du judiciaire. L?intérêt que votre Premier ministre et votre ministre de la Justice ont manifesté aux travaux de ce séminaire en est une preuve. Ce séminaire n?a pas été un forum de démonstration de l?art oratoire. Ne perdez plus de temps. Mettez-vous à l??uvre. »
C?est en ces mots que Lord Lester a résumé les travaux du séminaire organisé par le Bar Council depuis jeudi à l?hôtel Sofitel sur les droits humains. « En un si court séjour, je ne peux prétendre avoir cerné tous les défis auxquels votre pays a à faire face. Cependant, il y a des problèmes pressants auxquels il faut s?attaquer. » Et de citer le manque de ressources pour que la justice soit rendue dans un délai raisonnable, le recours à une forme d?aide légale pour faciliter l?accès à la justice, l?élimination des goulets d?étranglement inutiles qui entravent le bon fonctionnement de l?administration de la justice.
Lord Lester est sans complaisance lorsqu?il évalue notre Constitution. « Vous l?avez certes hérité d?une période post-coloniale. Mais vous n?êtes plus une colonie. Il est temps de revisiter votre Constitution. Elle doit être rédigée dans un style autre que légaliste, un langage plus ouvert et conformes aux conventions internationales des droits civiques, politiques tout en reconnaissant des droits culturels. »
Il faut dire que la prestation des intervenants a largement contribué à l?appréciation de Lord Lester. Les interventions de Rajsoomer Lallah, ex-chef juge de la Cour suprême, spécialiste en droits humains, et de l?actuel chef juge, Ariranga Pillay, ont donné un cachet tout particulier à la première séance de samedi.
Le premier a marqué son auditoire par son franc-parler. Il n?a pas hésité à s?élever contre la suppléance à la présidence par le chef juge au Réduit et n?a pas caché sa satisfaction de n?avoir pas été contraint à se soumettre à cette obligation. Ariranga Pillay a retenu le souffle de son auditoire lorsqu?il a énuméré les conditions de travail des juges et des magistrats. « Savez-vous pourquoi on ne peut pas remplir les vacances pour deux postes de juge ? C?est parce qu?on ne sait pas où les loger ». L?apparence est souvent trompeuse...
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