Publicité
Lonrho, O.K. Distillery et production d’éthanol
Par
Partager cet article
Lonrho, O.K. Distillery et production d’éthanol
Il y a 25 ans, la presse annonçait à la une que le gouvernement accordait priorité à O.K. Distillery aux dépens de la Lonrho (Maurice), dans la production de l’éthanol à des fins énergétiques. M. Peter White, le P.D.G. de la Lonrho, donnera d’utiles précisions à cette information dans une mise au point ultérieure. La presse dit tenir ses informations du ministre du Plan, Robin Ghurburrun, futur vice-président de la République de Maurice. Il dit avoir visité la nouvelle O.K. Distillery (aujourd’hui Grays) à Beau-Plan S.E. Les investissements s’élèvent à Rs 17 millions.
Le gouvernement souhaite alléger la dépendance énergétique de Maurice sur les produits pétroliers de plus en plus onéreux. Une condition est toutefois imposée à la O.K. Distillery. Elle devra organiser les petits planteurs et les associer au projet de fabrication de l’éthanol.
Celle-ci est préconisée par le Dr Swalay Kasenally, au début de 1980. Le groupe kenyan, Madvani, propose ensuite au gouvernement une offre dans le même sens, estimant que notre industrie cannière est une “mine d’or” en raison de ses nombreux sous-produits pouvant être exploités. L’offre kenyanne n’est pas acceptée car le gouvernement n’est pas convaincu qu’elle possède la maîtrise parfaite de cette nouvelle technologie.
La O.K. Distillery se serait alors engagée à produire dans les trois mois assez d’éthanol pour remplacer 10 % de nos importations d’essence pour automobile. Cette entreprise attendait le feu vert gouvernemental depuis plusieurs mois.
O.K. Distillery est dirigée par M. J.R. Harel. Il se souvient de la contribution de la production de carburant sous forme d’alcool éthylique. En 1979, M. Max Maujean, administrateur de la O.K. Distillery, a modifié le moteur de sa Fiat afin qu’elle puisse rouler à l’aide d’un carburant composé de 80% d’essence et de 20% d’alcool. Le gouvernement s’intéresse au projet. Prem Doonghoor, alors secrétaire parlementaire à l’Energie, suit l’exemple de M. Maujean.
Une bonne nouvelle ne venant jamais seule, il paraît que les automobilistes n’auront plus besoin d’essence super car l’indice d’octane de l’essence ordinaire s’améliore de facto avec l’ajout d’alcool. Celui-ci joue alors le rôle des additifs transformant notre ordinaire en super.
Lonrho n’apprécie guère les louanges médiatiques accordées à O.K. Distillery et à l’établissement sucrier de Beau-Plan. Peter White, son Managing Director, le fait savoir par lettre. Il se plaint de la fausse impression créée à ce sujet et affectant les intérêts de la firme qu’il dirige. Le rapport préliminaire de Lonrho souligne l’intérêt de produire de l’éthanol afin de réduire la facture pétrolière nationale. Il est soumis au gouvernement en novembre 1979. Il préconise la mise sur pied d’une industrie nationale pour produire de l’éthanol regroupant toutes les parties concernées (Etat, producteurs de mélasse, compagnies pétrolières, etc.). Lonrho y aurait participé selon ses possibilités qui ne permettent pas, en 1980, la production de tout l’éthanol possible à Maurice dans aucune de ses trois usines sucrières.
Il n’a donc jamais été question pour Lonrho de monter SON propre projet éthanol ni encore moins acheter toute la mélasse de Maurice. En revanche, ce groupe sucrier accepte une requête du gouvernement d’entreprendre une étude détaillée de toute la question, étude financée par la CEE.
Peter White conclut sa lettre en rappelant que Maurice doit produire de l’éthanol à des fins énergétiques et que cette production doit se faire sur une base nationale afin de pouvoir utiliser toutes les ressources disponibles. Il n’est donc pas question pour l’instant de créer une industrie chimique ni même d’effectuer une étude exhaustive à ce sujet.
Ce dossier de presse d’il y a 25 ans souffre aussi de ne pas faire état de toutes les démarches et études effectuées, tant à Maurice qu’en à l’étranger, par René Noël. A cette époque, il a déjà visité des établissements brésiliens, ayant transformé leur industrie sucrière en une industrie cannière et leur production sucrière prioritaire en production d’éthanol.
Publicité
Publicité
Les plus récents