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L?OMS appelle à la mobilisation
L?apparition d?un foyer de grippe aviaire en Turquie augmente le risque de contamination chez l?homme et doit entraîner à ce titre la mobilisation de la communauté internationale, déclare l?Organisation mondiale de la santé (OMS). L?agence des Nations unies appelle les gouvernements à surveiller plus étroitement les volailles ainsi que la population humaine pour détecter d?éventuels nouveaux foyers du virus. L?OMS reste prudente et ne cède pas non plus à la panique
L?OMS indique également que tous les indices montrent que le virus H5N1 ne se transmet pas aisément des oiseaux à l?être humain et son niveau d?alerte en vue d?une éventuelle pandémie de grippe touchant les humains est resté bloqué à trois sur une échelle qui en compte cinq. Cependant, comme tout virus de la grippe, la souche H5N1 est génétiquement instable et bien adaptée pour échapper aux défenses immunitaires de l?hôte. Les experts craignent que ces modifications ne lui permettent de se répandre chez les humains, ce qui pourrait bien donner lieu à une pandémie mondiale de grippe très meurtrière et redoutée de longue date. La propagation de la souche H5N1 vers de nouvelles zones est préoccupante ?car elle accroît les risques de nouvelles infections humaines?, estime l?OMS.
Mais l?agence de l?Onu a également averti sur le fait que la probabilité de ?fausses alertes? sur des nouvelles infections humaines était grande car ?les premiers symptômes d?une infection du H5N1 ressemblent à ceux de toutes les autres affections respiratoires communes?. La souche H5N1, hautement pathogène, a fait au moins 65 morts dans quatre pays du Sud-Est asiatique depuis sa réapparition en 2003. ?Toutes les tentatives pour contrôler l?épidémie en Asie du Sud-Est ont échoué?, a déclaré le directeur de l?OMS dans la région Pacifique Ouest.
Consignes strictes
Pour l?OMS, la communauté internationale va devoir débloquer 260 millions de dollars à court terme pour la lutte contre cette épidémie, qui a tué des millions de volailles. L?OMS va avoir besoin de 160 millions de dollars pour fournir une aide technique aux pays touchés, améliorer les diagnostics en laboratoire, et aider à la constitution de stocks de Tamiflu, l?antiviral qui devrait être utilisé dans un premier temps en cas de pandémie. L?Organisation pour l?alimentation et l?agriculture (FAO) aurait de son côté besoin de 100 millions de dollars pour traiter le volet animal de l?épidémie.
Dans les pays où des foyers sont apparus, on a conseillé aux habitants d?éviter tout contact avec les oiseaux migrateurs retrouvés morts ou avec les volailles présentant des signes de la maladie. Les volailles infectées et leurs fientes sont le principal vecteur de la maladie vers l?homme.?Le risque est considéré accru lors de l?abattage, de la plumaison et de la préparation des volailles?, a précisé l?OMS.
Du côté de l?Union européenne, des experts sanitaires et vétérinaires se sont réunis d?urgence après la confirmation de la présence du virus H5N1 en Turquie. La Commission européenne a ensuite annoncé un train de mesures contre la grippe aviaire : elle demande aux gouvernements de l?UE d?identifier les zones à risques selon des critères communs et de l?informer des mesures qu?ils comptent prendre pour éviter les contacts entre volailles d?élevage et oiseaux sauvages, qui véhiculent le virus.
L?exécutif de l?UE a aussi fait savoir qu?il suivait attentivement l?évolution de la situation en Turquie, en Bulgarie et en Roumanie. On s?attend en outre à ce que les tests pratiqués sur des volailles en Roumanie prouvent la contamination de ces animaux par le virus de la grippe aviaire. Sans attendre les résultats des tests, la Commission a étendu à la Roumanie l?interdiction d?exporter pendant six mois renouvelables vers l?UE des volailles vivantes, des plumes et de la viande, mesure déjà en vigueur à l?encontre de la Turquie.
L?Union européenne s?était déjà penchée sur les mesures préventives à prendre pour éviter la propagation de la grippe aviaire entre les volatiles ou sa transmission à l?homme. Dès qu?un foyer de peste aviaire aura été localisé, les mesures classiques seront appliquées : destruction des volailles, analyse et mise en quarantaine de l?élevage.
La Commission européenne a une fois de plus exhorté les Etats membres à vacciner massivement contre la grippe classique afin de réduire les risques de contamination et de constituer des stocks de médicaments antiviraux, comme le Tamiflu. Le virus H5N1 a causé la mort d?une soixantaine de personnes en Asie depuis 2003 et la grande crainte des scientifiques du monde entier est qu?il mute pour s?associer avec le virus de la grippe classique et se transmettre d?homme à homme. ?Pour le moment, nous parlons d?une épizootie, c?est-à-dire d?une transmission des volailles à l?homme mais en Asie uniquement?, a déclaré le Premier ministre français Dominique de Villepin. ?Mais à ce stade nous n?avons pas connaissance d?une transmission de l?homme à l?homme, a-t-il ajouté. Il ne faut pas à ce stade céder du tout à la panique.?
MIEUX CONNAÎTRE LE VIRUS
<B>La souche H5N1 est hautement pathogène</B>
■ LA GRIPPE AVIAIRE : il s?agit d?une infection par un virus grippal qui comprend plusieurs ou types dont l?influenza virus A, qui a été identifiée pour la première fois en Italie il y a plus de 100 ans. On connaît 15 sous-types de virus grippal chez les oiseaux qui constituent donc un vaste réservoir de virus. Les spécialistes affirment qu?on peut s?attendre à voir trois à quatre pandémies mondiales de grippe par siècle. L?une des plus marquantes du XXe siècle avait été celle de grippe espagnole (H1N1) qui avait fait de 40 à 50 millions morts en 1918-1919.
LES SYMPTÔMES : Après une durée d?incubation pouvant aller jusqu?à sept jours, la maladie se présente d?abord comme une grippe banale (fièvre supérieure à 38 degrés, maux de gorge, douleurs musculaires et troubles respiratoires) mais s?aggrave rapidement.
TRAITEMENT : Le virus de la grippe se caractérise par une mutation constante, qui explique le fait que le vaccin doit être remplacé chaque année. Un vaccin efficace contre une souche responsable d?une pandémie ne pourra être fabriqué que lorsque celle-ci aura été isolée. Plusieurs laboratoires travaillent sur un vaccin : Sanofi-Aventis compte tester un vaccin cette année et Glaxo-SmithKline doit le faire en 2006. Le virus circulant actuellement contre la grippe ne protège pas de la grippe aviaire. Deux médicaments antiviraux doivent permettre d?assurer une première protection en cas d?apparition d?une pandémie : Tamiflu de Roche et Relenza de Glaxo.
La souche H5N1 est apparue pour la première fois à Hong Kong en 1997, entraînant la destruction de 1,5 million de volailles. Dix-huit personnes avaient été infectées, dont six qui avaient trouvé la mort. L?OMS estime que l?abattage rapide des volailles avait peut-être permis à l?époque d?éviter une pandémie. Elle est réapparue fin 2003 et a depuis été retrouvée dans plusieurs pays d?Asie et, depuis jeudi, en Turquie. Des analyses sont en cours pour déterminer si la souche du sous-type H5 retrouvée en Roumanie est elle aussi hautement pathogène.
TRANSMISSION : La contamination est aérienne et se fait par des contacts étroits, prolongés et répétés dans des espaces confinés avec des sécrétions respiratoires ou des déjections d?animaux infectés. La transmission secondaire d?homme à homme est possible mais encore plus exceptionnelle. Si la souche H5N1 est perçue comme une menace importante, c?est surtout en raison de son instabilité génétique. Les experts craignent en fait le phénomène de ?réassortiment génétique? : le virus de la grippe aviaire profite de la présence, dans un organisme humain, d?un virus de grippe classique pour procéder à des échanges génétiques. Cela engendrerait l?apparition d?un nouveau type de virus susceptible de s?adapter plus facilement à l?homme. Le H5N1 a une capacité avérée à acquérir les gènes de virus infectant d?autres espèces. Par ailleurs, les isolats du virus sont très pathogènes. Les oiseaux survivant à l?infection excrètent le virus pendant 10 jours au moins, par voie orale ou dans les fèces. Les experts affirment que 25 millions de personnes pourraient être infectées, et que sept millions pourraient mourir dans le cadre d?une nouvelle pandémie.
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