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L?ombre des vêtements chinois plane sur l?Agoa

9 octobre 2006, 00:00

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De nouvelles turbulences soufflent sur le commerce du textile entre l?Afrique et les Etats-Unis. Le lobby du textile américain sort une nouvelle fois ses griffes contre les producteurs africains. Il a pu en effet obtenir le renvoi d?un important amendement à l?Africa Growth and Opportunity Act (Agoa) à la Chambre des représentants. Les envoyés commerciaux mauriciens à Washington suivent de près ces développements. Raison de cette volte-face : les producteurs de vêtements américains craignent que la modification à la loi ne permette à des produits chinois d?atterrir sur le territoire américain en transitant par des pays africains.

Le texte de loi, dont l?auteur est Bill Thomas, le président du Ways and Means Committee de la Chambre des représentants, devait être présenté au cours de la semaine écoulée. Or, plusieurs élus venant des Etats qui comptent de grandes industries de textile ont demandé plus de temps pour l?examiner. Selon toute vraisemblance, l?amendement ne sera débattu qu?après les prochaines élections du Congrès, prévues pour le 7 novembre.

Le texte de loi pourra être pris après les élections, soit entre le 13 novembre et le 20 décembre durant une période parlementaire connue comme la lame duck session dans le jargon de Capitol Hill. Le cas échéant, les législateurs se pencheront sur l?amendement durant la première session du Congrès pour 2007, c?est-à-dire entre le 31 janvier et le 6 avril 2007.

L?amendement de Bill Thomas a pour but d?étendre les dérogations au sujet des third country fabric de l?Agoa jusqu?à 2008. Cette exemption permet aux pays les moins développés (PMD) de l?Afrique d?importer leurs matières premières des pays tiers (des Etats qui ne sont pas bénéficiaires de la loi américaine) et de continuer à bénéficier d?un accès préférentiel aux Etats-Unis. Le projet de loi préconise qu?après 2008, les dérogations soient remplacées par un système de valeur ajoutée. Au moins 50 % de la valeur d?un vêtement doit provenir d?un pays couvert par l?Agoa ou des Etats-Unis eux-mêmes. Un pays avec lequel les Etats-Unis ont un accord de libre-échange se qualifiera également sous cette loi. La valeur ajoutée exigée sera par la suite relevée à 60 %.

?Cette exigence est très élevée. Il est peu probable que les pays de l?Agoa puissent atteindre ces objectifs. Par contre, l?Africa Coalition for Trade a proposé un standard de valeur ajoutée entre 20 % et 35 %. Cela permettrait une transition plus souple et plus de flexibilité dans l?approvisionnement des intrants?, commente Vinod Busjeet, Trade Commissioner de Maurice à Washington. Les négociateurs mauriciens maintiennent leurs efforts de lobbying en vue d?éliminer la discrimination entre les PMD et les non-PMD en Afrique.

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