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Loi sur le travail : La mobilité fait débat

1 septembre 2007, 00:00

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«Flexicurité.» Contraction de flexibilité et de sécurité, le terme effraie. Car si l?objectif du «Flexicurity-Workfare Programme» mentionné dans l?Employment Rights Bill présenté jeudi par le ministre du Travail est de faciliter la mobilité des employés, les syndicalistes craignent qu?il n?entraîne des «licenciements abusifs». Le patronat, lui, craint que cette mesure n?«alourdisse (ses) dépenses».

La nouvelle mesure permettra à ceux dont le contrat aura été résilié, de rejoindre le «Workfare Programme». Jusqu?à présent, ils pouvaient avoir recours au Termination of Contracts Service Board. Ils bénéficieront alors d?une formation qui leur permettrait de se recycler dans un autre secteur.

Mais les syndicalistes ne voient pas les choses ainsi. Reaz Chuttoo, négociateur de la Federation of Progressive Unions (FPU), estime que cette mesure «donne davantage de facilités aux patrons pour licencier leurs employés sans ménagements».

Toolsyraj Benydin, président de la Fédération des syndicats du service civil, soutient qu?«un abus amènerait la précarité dans la vie des Mauriciens». En effet, ces derniers, dit-il, réfléchiront à deux fois avant d?investir dans l?achat d?une maison ou le financement de l?éducation de leurs enfants. «S?il n?y a plus de sécurité d?emploi, ils seront forcés de vivre au jour le jour. Ils ne pourront plus faire de projets d?avenir.»

Il pense aussi qu?avec cette mesure, c?en est fini des «chances de promotion». «Avec la précarisation de l?emploi, les employés travailleront sans perspectives de carrière. Car s?ils changent constamment d?emploi, ils n?auront pas la possibilité de monter en grade dans l?entreprise.»

Les appréhensions sont autres du côté du patronat. Mukesh Gopal, président de la Mauritius Employers? Federation (MEF), craint que les licenciés ne soient réfractaires à la mobilité. Qu?ils se cantonnent à un seul corps de métier et rechignent à s?essayer à autre chose. «Nous avons un taux de chômage de 9 % alors que certains secteurs peinent à recruter. Les fonds investis dans le Workfare Programme seraient gaspillés si les employés refusaient la mobilité.» Toolsyraj Benydin rétorque qu?«être mobile est plus facile à dire qu?à faire». Passé un certain âge, il est difficile de changer de métier.

Reaz Chuttoo insiste sur la nécessité de faire la distinction entre «Workfare Programme» et indemnité de licenciement. «Sous le Labour Act, les licenciés ayant 20 ans de service perçoivent huit jours de rémunération par année de service. Avec la nouvelle loi, ils toucheraient 15 jours de leur salaire de base, ce qui équivaut à six jours de rémunération.»

Il propose un «fond de retraite portatif». Une mesure qui, dit-il, cadre avec la ligne de mobilité souhaitée par le gouvernement. «Dès l?embauche de la personne, l?employeur s?engage à contribuer 12 jours de salaire par année de service. Si le travailleur est licencié, son nouvel employeur continuera à contribuer. S?il sait qu?il ne perd rien de ce qu?il a acquis, il sera moins réticent au changement.»

Reaz Chuttoo suggère que le «Workfare Programme» soit réduit de douze à cinq mois mais que 100 % du dernier salaire du licencié lui soit versé durant cette période. Le temps de trouver un autre emploi.

Valérie Olla

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