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L?offshore s?essouffle
Les transactions financières avec l?Inde, notre principal marché, sont en baisse. Certains opérateurs locaux estiment qu?il y a une ?surrégulation? du secteur.
L?offshore est en baisse. Notre principal marché, celui de l?Inde, s?effondre. Les investissements transitant par Maurice vers la Grande Péninsule déclinent fortement. Les avis divergent sur les raisons de cette contre-performance. Certains citent la morosité de l?économie mondiale tandis que d?autres avancent que la surrégulation du marché fait fuir les investisseurs. En tout cas, une chose est sure, l?offshore s?inquiète.
Un article de l?Economic Times de l?Inde démontre de manière flagrante la baisse de régime de l?offshore mauricien. Selon cette publication, les investissements étrangers vers l?Inde transitant par l?offshore mauricien sont en baisse drastrique. Entre janvier et avril 2003 le flux de capitaux passant par Maurice à destination de l?Inde ne représente que 6 % du volume enregistré l?année dernière.
S?il est vrai que l?Economic Times compare un trimestre à une année, le fait demeure qu?il y a une baisse des investissements transitant par Maurice. On imagine mal effec-tivement que Maurice puisse re-faire son retard en six mois et enregistrer un volume de transactions similaire à l?année dernière. Etl?on n?ose même pas envisager une progression.
En 2002, les investissements directs étrangers transitant par Maurice étaient de $ 1,5 milliard. Durant le premier trimestre de cette année, le volume enregistré n?a été que de $ 90 millions. Ce qui est plus préoccupant, c?est que les investissements directs ? sans passer par Maurice ? des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne vers l?Inde sont en hausse. En 2002, ils s?étaient élevés à $ 280 millions tandis que durant le premier trimestre 2003, ce flux de capitaux représentait déjà la moitié de cette somme, soit $ 140 millions.
?Il est évident que les investisseurs américains évitent Maurice comme plateforme. Cette tendance est le reflet d?une anticipation que les privilèges fiscaux dont jouit Maurice sur les dividendes et les plus-values seront bientôt rayés. Cette tendance est trop forte pour être fortuite?, soutient le journal indien en citant des sources financières.
En effet, le jugement imminent de la justice indienne sur l?interprétation du traité de non double imposition entre l?Inde et Maurice est trés attendu car il pourrait remettre en question les avantages fiscaux qu?implique ce traité. Les autorités mauriciennes ont reçu à maintes reprises des assurances de New Delhi que ce traité ne sera pas remis en cause. Toutefois, son interprétation et son application pratique ont été à maintes reprises questionnés par le fisc indien.
?Ici, on pose trop de questions?
A Maurice, les opérateurs de l?offshore divergent sur l?interprétation de la baisse des activités vers l?Inde, notre principal marché. ?Il y a effectiverment une baisse des activités mais le flux des investissements est en baisse en raison de la morosité de l?économie mondiale. Il est donc normal que nous en subissions les conséquences?, soutient un professionnel de l?offshore. ? J?ai vu que certains investisseurs sont partis car ici on pose trop de questions?, soutient un autre opérateur.
Pour cet autre opérateur, la régulation ne saurait expliquer la baisse des transactions entre l?Inde et Maurice. ?Les clients genuine continuent et continueront à traiter avec nous. Quand on est genuine il n?y a pas de raison de ne pas donner les informations recherchées par le régulateur. De toute façon nous ne voulons pas traiter avec des clients qui ne veulent pas donner ces informations.?
Il est un fait cependant que la ?surrégulation? de l?offshore mauricien est au coeur des préoccupations des opérateurs de notre juridiction. Il y a eu récemment des rencontres entre les opérateurs et les plus hautes autorités gouvernementales. Sushil Khushiram, le ministre des Services financiers, a, la semaine dernière, attiré l?attention sur les risques que comporte une ?surrégulation? du système. Voilà qui est parlant.
Incertitudes sur le marché indien
Le ministre avait lui-même révélé à l?Assemblée nationale que le nombre de sociétes offshore à Maurice est en baisse. Il avait cité comme raisons le manque de tonus de l?économie mondiale, le changement de régime fiscal en Afrique du Sud et les incertitudes planant sur le marché indien.
Pour Couldip Basanta Lala, directeur de l?International Financial Services, la menace qui pèse sur le traité de non double imposition ne peut expliquer la baisse des affaires entre l?offshore mauricien et l?Inde. Selon lui, les investissements directs des Américains ne sont pas vraiment concernés par les avantages fiscaux du traité de non double imposition puisque le traité n?est vraiment intéressant que pour les montages financiers impliquant des capitaux de multiples sources.
Malgré tout, l?essoufflement de l?offshore est patent. L?Economist Intelligence Unit (EIU) note dans son dernier rappport que les banques offshore ont fait moins bien que les banques domestiques. La compétition internationale s?accentue avec la création dans la région d?un centre offshore au Botswana , soutient l?EIU.
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