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L?Italien qui dit «ayo» !
Ce n?est pas le seul a priori sur les Italiens que Mazzella réfute : «L?Italie ne se résume pas aux spaghettis, aux pâtes et à la mafia, vous savez !» dit-il le plus sérieusement du monde. La preuve, c?est qu?en Italie, on utilise le curry dans les plats et qu?on fait même des couscous ! Vous l?avez deviné, Antonio Mazzella est un chef. Le chef di Capri, (de Capri, sa ville natale) qui a mis les pieds la première fois dans une cuisine à neuf ans. Et qui vient d?une famille dans laquelle tout le monde est chef !
Une autre question : pourquoi est-ce qu?un chef est toujours de mauvaise humeur ? Réponse de di Capri- «parce qu?il travaille quand les autres sont en train de s?amuser !». Mais trêve de plaisanterie. Antonio n?a pas trouvé très drôle notre blague parce que figurez-vous que «quand un chef est de mauvaise humeur, il ne fait pas de bons plats. Quand il est de bonne humeur, vous avez de la bonne nourriture !»
Vous avez une petite idée de son caractère ? Encore un aperçu - une des premières phrases créoles qu?apprend Antonio Mazzella, est «pa kapav.» Une indication de l?attitude des Mauriciens face à tout défi, peut-être ?
«Ayo !» réplique l?italien. Ça y est, il est déjà Mauricien ! Antonio Mazzella est un chef international qui s?est récemment associé à Koomaren Chetty pour prendre en charge le restaurant Pizza and Pasta à Mont Choisy. Un défi que malgré les «pa kapav» mauriciens, Mazzella est bien déterminer à relever.
Il s?y prend de manière peu traditionnelle : il passe son temps à aller au marché pour s?approvisionner en légumes frais, à aller rencontrer les pêcheurs et les bouchers pour examiner de près leurs produits, à planter ses salades, ses tomates et ses herbes, à fabriquer sa propre mozzarella et sa riccota et à faire son propre pain !
«Gérer un restaurant ne veut pas dire employer une belle fille et lui demander de servir les clients. Ça c?est ce qu?on fait dans un magasin», explique l?Italien qui préfère parler anglais plutôt que français bien qu?il parle couramment les deux langues, de même que l?espagnol.
C?est ainsi qu?il décide de se mettre à la recherche d?un pêcheur de moules par exemple. «Les gens me disaient qu?il n?y en avait pas à Maurice et qu?il fallait en importer de la Nouvelle- Zélande mais pas du tout ! Là où il n?y a pas de récifs, il y a des moules !» dit l?expert. C?est ainsi que les «pa kapav» deviennent des «kapav».
«Quand un chef est de mauvaise humeur, il ne fait pas de bons plats. Quand il est de bonne humeur, vous avez de la bonne nourriture !»
Tout commence en janvier de cette année quand Antonio et son fils de 14 ans viennent en vacances à Maurice. L?histoire d?amour d?Antonio Mazzella avec Maurice commence cependant il y a 15 ans quand fanatique de kite surf, il vient à Maurice pour surfer.
Lors de sa dernière visite, Antonio dîne avec ses amis au restaurant qu?il gère maintenant et il rencontre les propriétaires avec qui il sympathise. Antonio cuisine pour eux lors d?une soirée et ils lui demandent alors de s?installer au pays et de s?occuper de leur restaurant.
«Je n?avais aucune idée du grand défi que cela allait être», dit-il en riant. Il aurait dû être alerté par son flair gastronomique la première fois puisque dans un élan de réserve pas très italien, Antonio admet que «ce n?était pas une très bonne expérience !»
Depuis Antonio a pris le pari de changer la réputation du restaurant. Il y arrive, dit-il, petit à petit. Sa plus grande fierté, dit-il, c?est qu?un couple d?Italiens qui a passé 7 jours à Maurice est venu manger?6 jours de suite dans son restaurant ! «Ils disent, ah c?est comme l?Italie !» Il y a trois semaines, il y avait 150 personnes dans son restaurant. Ses serveurs qui, auparavant pensaient que « être serveur voulait dire simplement apporter leurs plats aux clients et passer le reste du temps à faire ha ha ha, ont réalisé que le ha ha ha était pour après le travail et que travail veut dire travail !»
C?est qu?ils ont un bel exemple devant eux. Ils passent tous chacun à leur tour une semaine en cuisine. «Pour que, quand un client veut des explications sur un plat, ils sachent quoi répondre.» Et puis, Mazzella exige de lui-même ce qu?il demande à ses employés. «On ne peut pas exiger quelque chose de ses employés alors que le patron s?assoit et bavarde avec ses amis. Quand on va à la guerre, tout le monde va à la guerre !»
Ce passionné de cuisine a aussi un sens de l?humour très prononcé. Alors qu?il explique que «malheureusement la mère de mon fils et moi sommes?» et que nous essayons de l?aider à compléter sa phrase en avançant « divorcés ?», il réplique le plus sérieusement du monde : «ah non, je suis intelligent, je ne me suis pas marié !»
Mais il ne s?y attardera pas. C?est qu?il y a des choses plus importantes à faire. Comme prendre l?appel de ce pêcheur qui lui téléphone pour lui dire qu?il vient de pêcher une vieille rouge et qui veut savoir si Antonio veut l?acheter. Bien sur qu?il va l?acheter. Après tout, il a un défi à relever, l?Italien qui ne prête aucune foi aux «non» !
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