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L'iran menace de suspendre sa coopération avec l?Onu

13 janvier 2006, 20:00

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L'Iran a annoncé hier qu'il mettrait fin à sa coopération volontaire avec l'Onu sur son programme nucléaire, y compris les inspections impromptues de ses sites par des experts de l'AIEA, si le Conseil de sécurité était saisi pour de possibles sanctions contre Téhéran. La veille, la «troïka européenne» et les Etats-Unis ont estimé que le dialogue avec Téhéran était arrivé à son terme et que le Conseil de sécurité des Nations unies devait être saisi du dossier nucléaire iranien.

«Le gouvernement sera obligé de mettre fin à toutes les mesures volontaires s'il est renvoyé devant le Conseil de sécurité», a déclaré le chef de la diplomatie iranienne, Manouchehr Mottaki, cité par l'agence IRNA. L'accusant de tourner le dos à la communauté internationale, Paris, Londres et Berlin affirment que la République islamique a failli à ses engagements et jugent qu'elle n'a pas convaincu du caractère exclusivement civil de son programme nucléaire. «Nous croyons qu'il est temps pour le Conseil de sécurité de s'impliquer», affirme la troïka dans un communiqué commun qui sonne la fin de deux ans et demi d'efforts diplomatiques pour tenter de convaincre Téhéran d'abandonner son programme d'enrichissement d'uranium.

La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, qui s'est entretenue par téléconférence avec ses homologues de la troïka réunis à Berlin, s'est également prononcée en ce sens lors d'une conférence de presse aux Etats-Unis. Elle s'est en revanche refusée à évoquer la question des sanctions, parlant d'un "éventail de possibilités" et éludant une question sur un éventuel embargo sur le pétrole iranien. "Nous sommes actuellement dans un processus diplomatique. Il n'est pas prévu à ce stade de s'en écarter", a-t-elle dit un peu plus tard sur CBS.

<B>Trop tôt pour saisir le conseil</B>

En dépit du tollé suscité par cette décision en Occident, l'Iran a achevé jeudi de retirer les scellés sur trois sites de recherches sur le combustible nucléaire: Natanz, Pars Trach et Farayand Technique. La patience des Américains et des Européens avait déjà été sérieusement entamée par les déclarations du président iranien qui, après avoir souhaité qu'Israël soit «rayé de la carte», s'est interrogé sur la réalité de l'Holocauste.

Mais se sont la Russie et la Chine, membres permanents du Conseil de sécurité jusqu'ici hostiles à la saisine du Conseil de sécurité, qui tiennent les clés du débat. La République islamique pourrait toutefois perdre le soutien de Moscou si elle ne renoue pas avec son moratoire sur les recherches nucléaires, a prévenu jeudi le chef de la diplomatie russe, Sergueï lavrov.

«En l'absence de cette décision, il nous sera très difficile de poursuivre nos efforts», a-t-il dit. Au siège des Nations unies, Kofi Annan a fait entendre sa singularité en estimant qu'il était trop tôt pour saisir le Conseil de sécurité. L'Iran, a-t-il dit après s'être entretenu avec le négociateur iranien en chef sur le dossier nucléaire Ali Larijani, reste favorable à des discussions «sérieuses et constructives» avec la «troïka européenne».

<B> Parisa Hafezi</B>

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