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L?Irak élit sa première assemblée permanente depuis 2003
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L?Irak élit sa première assemblée permanente depuis 2003
Dans un climat toujours marqué par la violence, les électeurs irakiens sont appelés aux urnes aujourd?hui pour des élections législatives censées installer durablement la démocratie en Irak, plus de deux ans et demi après le renversement de Saddam Hussein. Mardi, alors que les Irakiens de l?étranger commençaient à voter, un responsable politique de la communauté sunnite a été tué par balle à Ramadi, chef-lieu de la province occidentale d?Anbar, bastion de l?insurrection anti-américaine. Mizhar ak Doulaïmi, président du Parti progressiste libre d?Irak, a été abattu alors qu?il menait campagne dans le centre de la ville. Trois de ses gardes du corps ont été blessés.
Quelques heures avant d?être tué, Doulaïmi était apparu à la télévision pour exhorter ses compatriotes à prendre part au scrutin d?aujourd?hui, premières élections de l?après-Saddam auxquelles les sunnites devraient participer massivement. D?après un sondage réalisé pour la BBC, le taux de participation pourrait atteindre en conséquence les 80 %, bien au-delà des 60 % enregistrés lors des législatives de janvier.
L?ambassadeur des Etats-Unis en Irak, Zalmay Khalilzad, a condamné le meurtre de Doulaïmi et appelé les Irakiens à voter avec leur conscience. ?J?encourage la participation de tous, les Etats-Unis n?appuient aucun candidat?, a-t-il déclaré. Près de deux millions d?expatriés irakiens ont pu voter dans 15 pays du monde dès mardi, 48 heures avant leurs compatriotes. ?Tout se passe bien?, a constaté Hamdieh Husseini, responsable de la commission électorale indépendante chargé du vote à l?étranger.
En Irak, où les prisonniers, les personnes hospitalisées et les membres des forces de sécurité ont voté lundi, plus de 15 millions d?électeurs sont convoqués aux urnes pour désigner une assemblée de 275 députés, élus pour quatre ans, premier corps législatif permanent depuis le renversement de Saddam Hussein en avril 2003. Un nouveau gouvernement sera désigné à la suite de ces élections, dernière étape de la normalisation politique du pays pilotée par Washington.
Lundi, le président américain George Bush a toutefois prévenu que ce scrutin, même réussi, ne signifierait pas la fin de la lutte contre l?insurrection. L?administration américaine espère que le gouvernement issu des élections sera en mesure de rétablir la sécurité afin d?ouvrir la voie à un retrait progressif des forces étrangères composées, à l?heure actuelle, ce quelque 170 000 hommes.
Comme pour les législatives de janvier et le référendum constitutionnel d?octobre, la sécurité sera la préoccupation majeure des autorités. Plus de 150 000 policiers irakiens seront déployés autour des 6 000 bureaux de vote. Un couvre-feu nocturne, qui devait entrer en vigueur dès mardi soir, sera appliqué jusqu?à samedi matin.
La force politique du paysb
Les frontières et les aéroports seront fermés de mercredi à demain. La circulation pour tous les véhicules ne disposant pas d?une autorisation spéciale ainsi que le port d?armes en public seront interdits. Le scrutin sera immédiatement suivi d?une période de congé national de cinq jours. Hasard du calendrier, la campagne électorale a pris fin mardi, 1 000 jours après le début de l?intervention américano-britannique en Irak et deux ans jour pour jour après la capture de Saddam Hussein.
Comme en janvier, l?Alliance irakienne unifiée (AIU), qui a reçu le soutien implicite du grand ayatollah Ali Sistani, devrait remporter les élections, avec un score peut-être inférieur à ses 48 % d?alors. Les Kurdes, qui représentent environ 20 % de la population irakienne, devraient une nouvelle fois s?imposer comme la deuxième force politique du pays. Le grand point d?interrogation de ce scrutin réside dans le score de la liste laïque et multiethnique emmenée par l?ancien Premier ministre Iyad Allaoui, que certains diplomates occidentaux espèrent, en privé, voir reprendre les rênes du pays.
Luke BAKER
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