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?L?industrie sucrière a l?obligation morale d?accepter»
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?L?industrie sucrière a l?obligation morale d?accepter»
● <B>L?exigence du gouvernement pour que l?industrie sucrière lui cède 1 500 à 2 000 arpents de terre contre la permission de fermer trois usines, est-elle raisonnable ? </B>
La demande est non seulement raisonnable mais elle cadre avec la politique de bonne gouvernance. Aujourd?hui, le gouvernement doit aider à faire baisser les coûts de production, créer l?environnement propice pour les travailleurs, aider le regroupement des planteurs, faciliter la tâche du secteur des affaires pour qu?il puisse investir dans l?éthanol, dans l?énergie et donner des incitations fiscales. L?industrie sucrière n?a-t-elle donc pas l?obligation morale, en vertu de la bonne gouvernance et de la responsabilité sociale collective, de mettre des terres à la disposition du gouvernement qui a toujours été là à chaque fois que l?industrie sucrière avait besoin de l?État pour des logements sociaux ?
● <B>Quand la décision d?exiger ces terres de l?industrie sucrière a-t-elle été prise ? </B>
(Hésitations?) Cela fait partie de discussions continues entre le gouvernement et l?industrie sucrière. Tout est fait dans le dialogue et la consultation. Et aujourd?hui, nous mettons sur papier ces discussions. Et ce même secteur pense que cela n?aurait pas dû être sur papier, que cela n?aurait pas dû être dans une lettre. Mais il ne faudrait pas que les sucriers perdent la vue d?ensemble qui est de faire face à des compétiteurs sur un marché qui devient très compétitif. Nous ne demandons pas de cadeaux à l?industrie sucrière mais nous avons une politique de démocratisation de l?économie.
● <B>Si on comprend bien, c?est qu?il y a divergence, pas sur le fond ? </B>
Mais c?est regrettable même si c?est sur la forme ! Les sucriers connaissent bien l?enjeu et malgré cela, ils sont en train de se comporter comme des enfants gâtés ! Je ne remets pas en cause leur bonne volonté mais voyez ce qui se passe avec la fermeture de Mon-Loisir. FUEL et Belle-Vue ne peuvent pas réconcilier leurs intérêts pour aller de l?avant avec la fermeture qui a été demandée en 2004. Ce n?est pas le moment de faire un chassé-croisé avec le gouvernement. Si l?objectif principal du gouvernement est d?élargir le cercle des opportunités, c?est normal que nous demandions des terres et l?equity participation des planteurs et travailleurs des secteurs émergents. Mais il ne faudrait surtout pas y voir cette perception que l?État est en train d?arracher ses terres à l?industrie sucrière.
● <B>Mais elle est bien là cette perception ! Serait-ce dû à une incompréhension mutuelle entre les deux partis ? </B>
(Hésitations?) Il y a cette perception. Mais depuis, il y a eu beaucoup d?interactions et nous voulons que nos intérêts soient réconciliés et que la perception reflète la réalité. Mon souci est que nous ne donnons pas l?impression d?être aux antipodes. J?ai présidé beaucoup de réunions et j?ai noté qu?à chaque fois que nous abordons le volet social, il y a une réticence de leur part.
● <B>Pourquoi cette réticence selon vous ? </B>
Je pense qu?il y a une certaine crainte ? qui n?est pas justifiée ? de la part de l?industrie sucrière par rapport au rôle du gouvernement. Je pense que pour la première fois, l?industrie sucrière se retrouve en face d?un marché acheteur et elle n?est plus protégée par cet élément de predictability et de reliability et doit faire face à la compétition. Il n?y a plus de choix.
● <B>Cette crainte dont vous parlez, n?est-elle pas due à certains discours tenus par certains membres du gouvernement et de la majorité ? </B>
Il n?y a pas de pensée unique à Maurice. Nous sommes une démocratie vivante et il nous faut une panoplie d?idées.
● <B>Mais se pourrait-il que c?est une des raisons pour laquelle l?industrie sucrière est sur la défensive ? </B>
Elle ne peut pas être sur la défensive parce que pour la première fois, les gens ont commencé à se poser des questions fondamentales. On ne peut empêcher les gens de poser des questions pertinentes.
● <B>Si l?industrie sucrière rejette cette demande de céder des terres, que va-t-il se passer ? </B>
C?est impensable. Il ne faut pas oublier que le gouvernement a le dernier mot. Mais il n?est pas là pour montrer ses muscles. Loin de là.
● <B>Mais il serait prêt à le faire, c?est ce que vous dites ? </B>
Je crois dans le dialogue et la consultation et je crois que des partenaires peuvent décider de ne pas être d?accords sur la forme. Mais je connais l?industrie sucrière et je pense que le sens du patriotisme et l?élan de solidarité vont prévaloir.
● <B>Mais si malgré tout, les sucriers disent non ? </B>
Le gouvernement s?est toujours entendu avec l?industrie sucrière. En ces temps où les évènements nous dépassent, nous n?avons aucun droit moral d?être indifférents aux problèmes du pays. L?industrie sucrière a une dimension sociale et il ne faut pas l?oublier. Aujourd?hui, le message est «be competitive or make an exit».
● <B>Vous parlez beaucoup de compétition mais vous donnez l?impression que l?État ne s?occupe que du côté social du problème alors que la restructuration est le problème des sucriers. </B>
Non, ce n?est pas vrai. Nous avons toujours été avant-gardistes avec l?industrie sucrière parce que nous plaçons l?intérêt national avant l?intérêt partisan. L?histoire le démontre. Il nous faut être compétitifs et c?est ce qui importe. Et aujourd?hui, pour la première fois, le loup est dans la bergerie.
● <B>Et vous dites que l?industrie sucrière elle-même n?arrive pas à s?entendre ? </B>
Prenons le cas de FUEL et de Belle-Vue où il est impératif qu?elles trouvent un terrain d?entente. À l?heure du jour, ces deux propriétés sucrières sont en désaccord. Cela veut-il dire qu?il y a des préjugés entre elles ? Non. Bon enfin, cela m?attriste que malgré le lobby du Premier ministre au niveau international, le secteur privé estime qu?il faut qu?il soit comme Oliver Twist. Au moins les demandes d?Oliver Twist étaient justifiées.
● <B>Le gouvernement s?engage-t-il toujours à financer à 75 % le « Blueprint » de l?industrie sucrière ? </B>
Dans la lettre que j?ai envoyée à St Félix, je parle des terres et des 75 %. Ce qui est chagrinant, c?est que si la Mauritius Sugar Planters? Association était venue dire qu?il était temps de parler de participation et de terres, cela n?aurait-il pas donné satisfaction à tout le monde et refléter l?élan de solidarité ? Surtout quand il y a un gouvernement qui a permis qu?ils aient accès à des prêts à un taux préférentiel et qui s?occupe en grande partie de l?enveloppe sociale.
● <B>Mais vous ne répondez pas à la question. Si les sucriers disent non à la demande des terres, les 75 % sont remis en question ? </B>
Il ne faut pas assumer que la réponse sera non. Tout se fait dans le dialogue et c?est dans l?intérêt de tout le monde que nous allons dans le sens de Mauritius Incorporated.
● <B> Est-ce que les 75 % sont acquis ? </B>
(Hésitations?) Je veux voir la bonne volonté prévaloir.
● <B>Est-ce la raison pour laquelle Jacques de Navacelle qualifie la position du gouvernement comme un reniement des engagements pris avec l?Union européenne (UE) ? </B>
Un conseil à Jacques de Navacelle : parfois ignorance is bliss et dans son cas, avec tout le respect que je lui dois, je lui aurai conseillé de s?informer avant de dire quoi que ce soit. Il y a des discussions internes qui n?ont rien à voir avec les discussions et les engagements pris avec l?UE.
● <B> Quels sont justement ces engagements pris avec l?UE ? </B>
Ces engagements sont qu?il nous faut une énergie politique cohérente, des conditions générales concernant les principes de base de la macroéconomie, la bonne gouvernance et les droits humains. Nous avons aussi adopté le procurement bill parce que l?UE veut que chaque sou dépensé soit expliqué. Il y a aussi des conditions reliées à la performance ? comme la centralisation, le VRS, le reskilling, etc.
● <B>Y a-t-il des tergiversations au sein du gouvernement qui pourraient remettre en question l?argent de l?UE ? </B>
Pas du tout. Et je mets au défi quiconque de le dire. Toutefois, même si l?industrie sucrière sait très bien que nous avons des indices de performance, FUEL et Belle-Vue se disputent toujours. Donc, il faut mettre de l?ordre chez eux avant d?accuser le gouvernement.
● <B>Serait-il juste de dire que l?Alliance sociale a des difficultés à réconcilier les impératifs de la restructuration avec son idéologie ? </B>
Pas du tout. Nous avons aussi pris des actions affirmatives tout en respectant l?état de droit dans lequel nous sommes. Voyez les integrated resort schemes et la corpo-rate tax, entre autres ! Nous voulons surtout maintenir l?équilibre.
● Le gouvernement aide-t-il l?industrie sucrière à s?adapter aux impératifs de la libéralisation ?
Mais cela va sans dire. Le PM va faire des lobbies pour le pays et cela inclut tous les secteurs de l?économie. La moitié des mesures d?accompagnement va à l?industrie sucrière. Mais enfin, ce gouvernement a une âme et une conscience ! Mais c?est aussi et surtout son devoir de protéger les travailleurs et les planteurs qui sont les maillons faibles de l?industrie sucrière.
● <B>Il y a des rumeurs à l?effet que vous n?étiez pas d?accord que l?État exige des terres de l?industrie sucrière. Est-ce vrai ? </B>
Mais enfin ! Comment peut-on dire une chose pareille ? Ena dimounn zot lespri kabose !
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