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L?industrie du rhum prospecte le marché indien
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L?industrie du rhum prospecte le marché indien
Le rhum mauricien est sur la route des Indes. La baisse de 36 % du prix du sucre par l?Union européenne (UE) oblige les producteurs à explorer d?autres marchés d?exportation pour les produits à forte valeur ajoutée de l?industrie de la canne. Le rhum agricole, semi-agricole, blanc, épicé, à la vanille, punchs, et liqueurs ? nouveaux moyens de valoriser la mélasse ? feront objet d?une campagne de promotion menée par Enterprise Mauritius (EM) lors d?une rencontre entre acheteurs indiens et producteurs mauriciens à New Delhi et Mumbai, du 19 au 23 février.
La délégation se rendant en Inde sera dirigée par Michael Lim, acting chief operating officer d?EM. Elle comprend six compagnies : International Distillers, Grays, Médine, Union St.-Aubin, Standard Cove et Scott. Les raisons de cette tentative de percer le marché indien sont multiples. D?abord, les distilleries mauriciennes peuvent augmenter leur production et leur extension est envisagée, comme à Union St.-Aubin ou à Savannah. La consommation de boissons alcoolisées est en hausse en Inde, résultant de son développement économique. Puis, dans le cadre des négociations relatives au Comprehensive Economic Cooperation and Partnership Agreement entre l?Inde et Maurice, les tarifs douaniers sur l?accès du rhum mauricien ont été réduits de 50 %.
Jean Li Yuen Fong, directeur de la Mauritius Sugar Producers Association, déclare : ?Le marché d?exportation est minime pour l?instant. S?il se développe en volume, il offrira d?autres avenues pour l?industrie de la canne.? Jacques d?Unienville, chief executive officer de la Société usinière du Sud, précise ?que la valeur ajoutée du rhum est beaucoup plus importante que celle de l?éthanol, mais le marché est très petit par rapport à l?éthanol. Maurice n?est pas encore connue comme destination du rhum, comme le sont la Réunion et les Caraïbes. Mais c?est un créneau auquel il faut accorder de l?attention?. D?ailleurs, la valorisation de la mélasse pour la production du rhum agricole et de l?éthanol occupe une place de choix dans les réformes annoncées dans le plan d?action de l?industrie sucrière, le Multi Annual Adaptation Strategy Action Plan (2006-2015).
?Nous avons fait un test du produit mauricien en 2006. Le feed-back a été positif au niveau de la qualité. Il s?agit maintenant pour les producteurs de bien vendre le produit au niveau du prix?, affirme Arun Ramduny, client manager d?EM. Jacques Li Wan Po, executive chairman d?International Distillers, estime que ?le potentiel d?exporter sur le marché indien existe mais la production de rhum en Inde est un marché protégé. Il s?agit de voir, avec les 50 % de concession tarifaire, si nous sommes compétitifs?.Jean François Desveaux, responsable de l?exportation au sein de Médine et Jacques Bourelly, directeur commercial d?Union St.-Aubin, ajoutent que ?le quota indien n?est pas énorme par rapport à ce qu?on produit à Maurice. Mais il y a un début à tout. L?Inde est un gros marché. Il faudra développer un marché niche, un marché de produits à forte valeur ajoutée?.
Environ sept millions de litres de rhum sont produits annuellement à Maurice. L?exportation se fait vers l?Europe, les Etats-Unis, l?Inde et l?Afrique du sud, mais elle est infime. Une dizaine de sociétés est engagée dans la production et la commercialisation de cette boisson fabriquée à partir de la mélasse et, depuis trois ans, à partir du jus de canne pour le rhum agricole. La consommation dans les hôtels est en nette progression avec la croissance touristique.
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