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L??Indradhanush? célèbre Aunauth Beejadhur et Dookhee Gungah
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L??Indradhanush? célèbre Aunauth Beejadhur et Dookhee Gungah
Mémoire de l??immémoire?, l?infatigable Pahlad Ramsurrun, directeur de la revue trilingue (Anglais, Français, Hindi) Indradhanush, signifiant ?L?Arc-en-Ciel?, récidive. Dis-quettes en boîte, il a pris l?avion la semaine dernière pour la Nouvelle Delhi où il supervisera l?impression de deux éditions spéciales de sa revue, dédiées nommément à Aunauth Beejadhur et Dookhee Gungah.
C?est à l?occasion du 100e anniversaire de sa naissance, le 29 juillet 2004, que Pahlad Ramsurrun a choisi de mettre en lumière les multiples facettes d?Aunauth Beejadhur, dont le nom évoque ?restrictivement? l?un des membres fondateurs et le rédacteur en chef du quotidien Advance, de 1940 à 1954. Dans sa chronique, à l?occasion du 80e anniversaire de l?Arya Samaj in Mauritius dans l?express du 23 novembre 1990, Pahlad Ramsurrun en parle comme ?a historian, a Parliamentarian, an educationist, a philosopher, and a social worker among others?.
Celui que l?on croyait novice en journalisme quand il prit les commandes du journal précité aura fait ses armes dès 1925 à l?hebdomadaire Mauritius Arya Patrika, dont le rédacteur en chef était le Pandit Cashinath Kistoe. ?Un fait, dira Pahlad Ramsurrun, absolument inconnu. Il était sous l?influence du fondateur de l?Arya Samaj, le swami Dyanand Saraswati.?
Ce grand fils du sol était, selon lui, le premier poète Indo-Mauricien d?expression française ?avant les frères Bissoondoyal, Basdeo et Sookdeo, avant Jaynarain Roy, qui ne sera sur la scène qu?en 1937, et avant Kissoonsingh Haza-reesingh, qui, lui, vient en 1909. Quand Aunauth Beejadhur écrit son premier poème, en 1928, les autres n?ont pas encore évolué dans le domaine de l?écriture littéraire?, précise le rédacteur en chef de l?Indradhanush.
175 lignes de bonheur
Le premier poème d?Aunauth Beejadhur, qui date de 1928, évoque, par le titre, le célèbre ouvrage de Khalill Gibran, Le Prophète. ?Ce poème contient 175 lignes?, tient à préciser Pahlad. En voici quelques unes :
<I> ??Il a foi dans le ciel, son but et son destin.
Pour aller apporter de chaumière en chaumière
La parole de Dieu, la divine lumière !? </I>
L?on peut retracer ce poème dans une édition spéciale du The Mauritius Arya Patrika, à l?occasion de la célébration du Divali.
D?autres poèmes suivent, dont Mon hommage au Swami Dya-nand, en 1931, Swami Shrada-nand, en 1932, et La Prière du Rishi, en 1933. On vient tout juste de découvrir dans les manuscrits d?Aunauth Beejadhur un poème de quatre lignes sur Lallaj Patrai, le grand nationaliste indien et le président du Congrès national indien, vers 1905. L?on trouve aussi, dans Le Radical, le poème La Pierre du Temple.
Le Mauricien du 31 janvier 1981 faisait état de ?ce gentleman de la presse (qui fut président de l?Association de la presse mauricienne pendant plusieurs années) gagna l?estime de ses confrères Raoul Rivet et Hervé de Sornay (avec lesquels il signa la feuille commune Le Mauricien, Advance, Le Cernéen pendant la guerre) qui en disaient le plus grand bien. Homme de lettres doué d?une belle intelligence, il publia deux livres, dont l?un sur la condition des ?Indiens à l?île Maurice? au siècle dernier.? Cet ouvrage historique fut publié en 1935. Et l?Arya Vir du 4 octobre 1935 célébra avec panache l?auteur de cet ouvrage historique.
Deux grands événements en furent le détonateur, nommément le bicentenaire de la ville de Port-Louis et la commémoration du centenaire de l?arrivée des immigrants indiens à Maurice. Et ce qui devait être une suite de quelques articles engendra, finalement, un livre de 123 pages : Les Indiens à l?île Maurice. Selon Pahlad Ramsarrun, c?est ?le livre le plus documenté sur l?immigration indienne?. Il poursuit : ?Les éléments du livre dépassent ceux d?autres auteurs sur le même sujet, tels que Kissoonsingh Hazareesingh, les frères Bissoondoyal et même Moonindranath Varma.?
<B>Dookhee Gungah, philanthrope et bâtisseur</B>
Celui que Pahlad Ramsurrun nomme volontiers ?le premier philanthrope indo-mauricien?, est bien Dookhee Gungah (1867-1944). Et il juge nécessaire, en ce troisième millénaire, de remettre en lumière cet humaniste qu?Anand Mulloo nommait déjà, dans la rubrique des Grands Mauriciens de la revue Femmes des Iles, ?philanthrope, travailleur social, père de l?éducation gratuite, patron de l?art et de la religion, administrateur inné...?
Pahlad Ramsurrun le décrit comme le fils d?un immigrant, devenu grand planteur, grand travailleur social. Il serait le bâtisseur du Temple historique du Sud, celui de Rose-Belle, qui date de 1905. ?On peut le comparer au Pandit Sanjivanlall de Triolet, qui a construit le temple historique de Triolet en 1895?, rappelle le directeur-éditeur de l?Indradhanush.
Khemraj Gungah, neveu de Dookhee Gungah, ne tarit pas d?éloges au sujet de son oncle, alors qu?il livre à Anand Mulloo son parcours dans les colonnes de Femmes des Iles. Fils d?immigrant, né le 27 août 1867 dans un camp à Deux-Bras, il fait l?expérience des multiples faces de la misère. Aîné de sept frères, il se réveille à 3 heures du matin, comme les autres, pour se rendre au champ et ?accomplir le double du travail des autres laboureurs?, écrit Anand Mulloo.
Dans leur paillotte à New-Grove, les femmes s?attellent sans relâche à la confection de ?tentes?. La famille, comptant belles-s?urs et enfants, travaille comme un seul homme. Et Dookhee Gungah finit par s?acheter trois arpents de terre à Marie-jeanne. Puis 500 arpents à bail à Gros-Bois avant de devenir propriétaire ?de sept établissements sucriers à La Rosa, Grois-Bois, Constantin, Astroea et Quatre-S?urs?. La hausse du prix du sucre, en 1920, fait de lui un millionnaire. Sept camps abritent ses travailleurs.
Le voilà grand propriétaire. Immeubles, chassé, barachois, campement, biscuiterie, boulangerie? composent ses biens. Il possède des balances pour la pesée de la canne à sucre sur diverses propriétés, et même des locomotives, qui desservent Deux-Bras, Gros-Bois, La Rosa, Daruty? Et il est l?administrateur suprême de tous ces biens, tout en déléguant certaines responsabilités à ses frères.
Profondément religieux et philanthrope, il sera le constructeur de maints temples. Outre celui de Rose-Belle, l?on peut compter aussi ceux dédiés à Shiva, à Krishna, à Hanuman, à Devi, à Ram. Les chefs spirituels, pandits et swamis, tant locaux que de passage, sont ses invités. Il encourage l?enseignement du sanskrit, organise des assemblées spirituelles, avec pujas et classes de Gita. La Ramakrishna Mission se souviendra de ses largesses. Lors de la fête Maha Shivaratree, il distribue dhotis et kanwars. Il va même jusqu?à ouvrir un chemin de Bois-Chéri à Grand-Bassin.
L?illettré se fait constructeur d?écoles, et employeur d?enseignants. L?inspecteur de ses sept écoles est le Pandit Atmaram, lui-même écrivain, publiant entre autres des livres de classes. Mais son action ne se limite pas au religieux. Il s?étend au politique. Aussi, soutiendra-t-il Dhunputh Lallah aux élections de 1926. Et se soulèvera contre les préjugés dont sont alors victimes les Indo-Mauriciens, tel ?les courses malbars?. En cela, il devait inspirer les frères Bissoondoyal. Dookhee Gungah synthétise, dans l?Histoire de Maurice, la montée des Indo-Mauriciens.
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