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L?Inde tend les bras
«Ce n?est pas une négociation mais une collaboration. » Cette nuance est d?Asad Buglah, directeur de la Trade Policy Unit du ministère du Commerce international. Elle traduit bien l?ambiance qui a régné au sein du groupe de travail conjoint entre l?Inde et Maurice pour l?élaboration, cette semaine, du Comprehensive Economic Cooperation Partnership Agreement (Cecpa). Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, devrait rapporter « quelques bonnes affaires » de sa visite en Inde, en octobre. Et le Cecpa devrait être signé au plus tard dans un an.
Des « pré-accords » pourraient même être signés avant ce délai. Ainsi, les bureaux de normes de Maurice pourraient très prochainement conclure des accords établissant des standards de qualité identiques pour les deux pays. Cela permettrait à des produits indiens de pénétrer le marché mauricien sans barrières de qualité. Il en sera de même pour les produits locaux
Mais ces « pré-accords » ne représentent pas la priorité des deux pays. Ce sont les quatre piliers du Cecpa qui retiennent l?attention : le commerce des biens, celui des services, la coopération économique, la barrière sanitaire et phytosanitaire. Un volet spécial de discussion a également été prévu à propos du commerce. Et c?est à ce chapitre qu?une petite surprise attend Maurice. La possibilité d?exporter du textile vers l?Inde.
L?évocation de cette possibilité peut faire sourire. Maurice, avec ses capacités de production infimes quand on les compare à ce qui s?achète et se vend sur le marché indien, ne risque pas de réussir grand-chose. Pas vraiment. La classe moyenne émergente en Inde se chiffre en dizaines de millions. Et cette population, avec l?amélioration de son niveau de vie au cours des dernières années, a commencé à développer un certain goût pour les vêtements de luxe.
D?où l?idée qui a germé dans la tête des négociateurs : permettre au textile haut de gamme Made in Mauritius d?être exporté en Inde. Un « petit marché » de quelques millions de personnes dans ce pays pourrait à lui seul permettre à toute une filière textile de prospérer à Maurice. Et quand on sait que le gouvernement indien pourrait pousser la bonne volonté jusqu?à permettre à ces produits de pénétrer hors taxes sur son marché? On prend vite conscience des possibilités.
Mais le commerce traditionnel des marchandises ne représente pas le plus grand intérêt pour Maurice. Il s?agit plutôt de celui des services. Raison pour laquelle l?idée d?une coopération indienne dans les projets Seafood Hub et Medical Hub de Maurice avance à grands pas. Le Board of Investment cherche ainsi à développer avec l?Inde des moyens d?identifier, puis de canaliser le plus efficacement possible, les projets d?investissements à Maurice.
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