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L?Inde bute sur le textile et le rhum

8 août 2006, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Le rhum fait trébucher les négociateurs. Les techniciens du commerce extérieur indiens et mauriciens se rencontrent à l?hôtel Le Méridien à Pointe-aux-Piments pour finaliser les détails de la zone d?échanges préférentiels (Zep) entre les deux pays. Si l?objectif premier des discussions est de trouver une solution aux différends sur le textile et le rhum, la signature d?un accord sur la Zep est prévue aujourd?hui lors de la rencontre des deux parties.

La Zep fera partie d?un cadre bilatéral plus large, nommément l?Economic cooperation and partnership agreement (Cecpa). Le pacte économique en gestation comprend quatre axes à savoir le commerce des marchandises, le commerce des services, l?investissement et la coopération économique. Les pourparlers se font à un rythme accéléré car les diplomates veulent boucler le calendrier vers le mois d?octobre de cette année.

Mais il importe pour le moment de s?attaquer aux derniers points en suspens dans le projet d?accord commercial. En effet, dans le cadre de la Zep, l?Inde accorde un marché de 3 millions de pièces de vêtement. L?arrangement prévoit un accès en franchise de douane sans condition aucune pour un premier quota d?un million de pièces. Les deux millions restants seraient sujets à des règles d?origine. En d?autres mots, les matières premières doivent provenir de l?Inde.

Maurice souhaite un assouplissement de ces conditions. ?Nous souhaiterons trouver une solution sur la question d?approvisionnement des matières premières concernant le quota additionnel de deux millions pièces de vêtement?, a affirmé Anand Neewoor, le secrétaire aux Affaires extérieures, hier lors de l?ouverture des pourparlers. Celui-ci dirige la délégation mauricienne.

Rentabiliser l?export

Les délégués indiens ne semblent pas être très enthousiastes face à la demande mauricienne. P.K. Dash, joint secretary au ministère indien des Affaires extérieures et chef de la délégation indienne, l?a fait comprendre de manière très diplomatique. ?Nous avons transmis votre requête au ministère du Textile. Malheureusement, nous sommes en présence des demandes similaires de plusieurs pays dont le Sri Lanka. Importer en franchise de douane sans imposer des conditions va être difficile.?

Dans le cas du rhum, les Mauriciens veulent d?un quota d?exportation supérieur à 50 000 litres de rhum, soit la quantité agréée initialement. Les opérateurs mauriciens estiment qu?un tel volume n?est pas suffisant pour rentabiliser une activité d?export vers la Grande péninsule. A part le textile et le rhum, Maurice pourra bénéficier d?un accès préférentiel pour quelque 70 produits.

Toujours est-il que les deux parties se disent confiantes de pouvoir arriver à un accord vers la mi-journée aujourd?hui. ?Nous voulons faire de la Zep une première moisson du Cecpa. Nous nous étions donné une année pour compléter l?accord mais nous nous sommes rendu compte que les choses étaient beaucoup plus complexes?, concède Anand Neewoor.

Les discussions avaient débuté en mars de l?année dernière lors de la visite du Premier ministre indien, le Dr Manmohan Singh, à Maurice. L?idée du Cecpa fut toutefois lancée en octobre 2003, lorsque le Premier ministre mauricien d?alors, Paul Bérenger, avait effectué une visite d?Etat dans la Grande péninsule.

Le secrétaire aux Affaires étrangères a situé l?importance d?une Zep dans le contexte des négociations internationales. ?Les négociations à l?organisation internationale du commerce ont été suspendues. Nous ne savons pas encore quand elles vont reprendre. C?est la raison pour laquelle nous devons compléter les accords bilatéraux le plus vite possible?, commente Anand Neewoor.

Les négociations sur le commerce des services dans le cadre du Cecpa ont beaucoup avancé. Les négociateurs se penchent actuellement sur la question d?accès au marché pour les banques et les compagnies d?assurances.

Ils devraient également résoudre le contentieux autour des sociétés écran, soit des structures plutôt légères qui laissent la voie ouverte à des abus du traité fiscal Inde-Maurice.

Les techniciens ont également identifié plusieurs domaines pour une coopération économique renforcée. L?assistance technique indienne pour l?exploration du gaz naturel ainsi que d?autres ressources dans la Zone économique exclusive de Maurice est à l?agenda.

Des échanges dans le secteur des technologies de l?information et des communications figurent également parmi les dossiers prioritaires.

Le Cecpa définit aussi un nouveau cadre pour faciliter le mouvement des investissements entre nos deux pays. Maurice propose aux investisseurs indiens d?utiliser notre île comme une plate-forme de production et de distribution pour toucher à la fois le marché domestique et les marchés de la région notamment à travers le port franc.

Toutefois, l?axe Inde-Maurice-Afrique n?a jamais vraiment décollé. Les techniciens des deux gouvernements ont examiné en profondeur les failles dans le système de business transfrontalier et comptent proposer des solutions à cet effet.

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