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L?indépendance, et après ?

31 août 2008, 00:00

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Promise depuis 15 ans, la reconnaissance par la Russie des régions séparatistes d?Abkhazie et d?Ossétie du Sud, en Géorgie, mardi, mettra-t-elle fin à leur isolement ? Le président russe, Dmitri Medvedev, a beau appeler à une reconnaissance des deux entités par « d?autres Etats », il y a peu de chance que le mouvement se poursuive. « Contrai-rement aux Etats-Unis qui, dans le cas du Kosovo, ont trouvé des pays pour les suivre sur la voie de la reconnaissance, Moscou n?a pas une telle possibilité », estime Fiodor Loukianov de La Russie dans la politique globale.

Mais au fond, la reconnaissance ne va pas changer grand-chose. Sortis du giron de Tbilissi après des conflits armés meurtriers au moment de l?implosion de l?URSS, en 1991, les deux micro-Etats, non reconnus par la communauté internationale, sont dépendants du puissant voisin avec lequel ils partagent une frontière. 90 % des Abkhazes et des Ossètes sont détenteurs de passeports russes. A ce titre, ils ont pris part aux élections législatives en décembre 2007 et présidentielle en mars 2008. Moscou entend continuer ainsi.

Pour l?ancien dissident Sergueï Kovalev, « ces territoires vont très vite demander leur rattachement à la Fédération ». Reconnaître l?indépendance de l?Ossétie du Sud, 50 000 habitants, est un jeu auquel la Fédération russe, constellée de petites entités ethniques dotées depuis l?époque soviétique d?un semblant d?autonomie, pourrait se brûler les doigts. Certes les Ossètes, descendants des Alains, un vieux peuple indo-européen, ont toujours été loyaux au suzerain russe, mais l?instabilité qui prévaut dans le nord du Caucase pourrait donner des idées aux autres Caucasiens.

Par ailleurs, la reconnaissance par la Russie des régions séparatistes ignore le problème du retour des réfugiés. 250 000 à 300 000 Géorgiens ont été chassés d?Abkhazie en 1993-1994, épuration ethnique à la clé. En Ossétie du Sud, l?épuration est récente. Du 7 au 11 août, des villages géorgiens ont été vidés de leurs habitants et rasés. Le « président » ossète, Edouard Kokoïty, a prévenu : « Ils ne seront jamais autorisés à rentrer. »

@ 2 008 Le Monde (Distribué par The New York Times Syndicate)

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