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L?incertain renouvellement des instances du MMM

23 octobre 2005, 20:00

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Ils seront 114 à briguer les suffrages lors de l?élection du nouveau comité central du Mouvement militant mauricien (MMM), le 6 novembre. De nouveaux visages mais surtout la plupart des dirigeants du parti se disputeront les 20 places d?élus sur les 45 en jeu.

?Aster la zafer la pe kumanse?, commente Paul Bérenger, le leader du MMM. Il se réjouit de la candidature ?de nombreux vétérans au comité central, car cela témoigne qu?il n?y a pas de découragement, malgré la double défaite.? Pour ce parti, il y aurait donc de quoi être satisfait. Le nombre de candidatures est exceptionnellement élevé. Après deux défaites électorales successives, revoilà le parti prêt à renaître de ses cendres. ?Pendant deux ou trois ans, nous allons nous concentrer sur nous-mêmes?, ajoute le leader du MMM, soucieux de l?avenir de son parti.

Mais si les nouveaux venus et les jeunes sont nombreux à se porter candidats, aucune personnalité marquante, à l?exception peut-être de l?ancien travailliste Kadress Pillay, ne fait acte de candidature. Pourtant, le désir de renouvellement est bel et bien présent au sein du parti?

Parmi les 114 candidats, on note bien évidemment les noms de Paul Bérenger, Jayen Cuttaree, mais aussi ceux d?Ahmad Jeewah, Ivan Collendavelloo, Rajesh Bhagwan, Sam Lauthan, Rama Poonoosamy, Alan Ganoo ou encore José Arunasalom. ?La vieille garde est là, mais des nouveaux montent, ce qui prouve que les gens sont toujours là?, commente Jayen Cuttaree, leader adjoint du MMM.

Les anciens ont donc la dent dure et ne cèdent pas un pouce de terrain aux jeunes ni aux seconds couteaux intéressés à jouer les premiers rôles. Parmi ceux-ci, on retrouve Dev Ramnah, Jean-Claude Barbier, Siram Sakaram, Jay Prakash Meenowa, Eddy Boissézon, Sahid Maudarbaccus, Gérard Grivon, Gérard Nina, entre autres.

Chez les jeunes, il y a ceux qui jouent déjà un rôle et veulent le confirmer. Deven Nagalingum, Steven Obeegadoo, Kavi Ramano, Pradeep Jeeha : des noms qui sont régulièrement cités comme faisant partie de la nouvelle garde?

Présence féminine peu marquée

Et puis, se présentent également les nouveaux visages, à l?instar de Jayen Teeroovengadum, Clyde Vacher, Yahiah Paraouty qui ont travaillé au niveau municipal. ?Les jeunes s?engagent surtout pour montrer leur allégeance au parti, mais aussi pour faire vivre l?esprit démocratique?, note Clyde Vacher.

Quant à la présence féminine, elle n?est pas très marquée sur la liste des candidats au comité central. Elles sont un peu plus d?une dizaine (10 %). Parmi elles, peu de nouvelles venues. Françoise Labelle, Arianne Navarre-Marie, Dany Perrier sont de nouveau candidates. Leela Devi Alleear pourrait avoir un rôle important à jouer (Paul Bérenger l?a promis).

Les militants sont impatients de constituer la nouvelle équipe, dit-on à la base. Mais le renouvellement tant attendu au sein du MMM aura-t-il lieu ? ?Après les deux défaites successives, beaucoup de choses ont été remises en cause?, affirme Jayen Cuttaree.

Quoi qu?il en soit, les branches se réorganisent un peu partout à travers l?île. ?Et le travail de réorganisation ne va pas s?arrêter le 6 novembre?, dit Clyde Vacher. ?Des jeunes sont impatients de faire revivre le MMM.?

Au bout du compte, outre l?élection de 20 membres, le comité central sera enrichi par la nomination de 20 autres membres, issus des assemblées régionales, de cinq représentants de l?aile jeune et de l?aile féminine ainsi que d?un maximum de huit membres nommés par le leader. Cette instance procédera, par la suite, à la nomination du nouveau bureau politique.

Bérenger et les ?sept faussetés?

Lors d?une conférence de presse, samedi, le leader de l?opposition a donné la réplique au Premier ministre Navin Ramgoolam. Il a dénoncé ce qu?il a appelé les ?sept faussetés? du Premier ministre.

Paul Bérenger a fait référence à la conférence de presse de Navin Ramgoolam, le 15 octobre. Il a affirmé qu?il est faux de dire que l?héritage économique est catastrophique. Il a également argué que c?était entre 1995 et 2000 que l?économie était ?en faillite?. Il a insisté sur le fait que l?ancien gouvernement a tout fait pour étendre la dérogation accordée par les Etats-Unis aux producteurs de textile africains, dont Maurice. Paul Bérenger a estimé que Navin Ramgoolam ne savait pas faire la différence entre Africa Growth and Opportunity Act (Agoa) et third country fabric.

Le leader de l?opposition a également dénoncé le ?toupet monstre? du Premier ministre par rapport au projet d?autoroute dans la vallée de Ferney. Il a expliqué que le gouvernement travailliste a laissé ce projet en héritage, entre 1995 et 2000. Et le gouvernement MSM-MMM a arrêté les travaux lorsque les organisations non gouvernementales ont déposé une plainte.

Paul Bérenger a rappelé que le projet de télévision numérique terrestre datait de 2002 et qu?il était destiné à ouvrir le marché et non à consolider le monopole de la MBC. Il a également dénoncé le ?bluff total? du gouvernement par rapport aux tarifs de Mauritius Telecom. Il a trouvé ?choquant? que le Premier ministre ait imputé le retour de l?inspecteur Prem Raddhoa à une décision interne de la police, alors qu?elle émanerait du bureau du Premier ministre. Enfin, il a estimé qu?il est faux de dire que Sir Seewoosagur Ramgoolam a été humilié à la place du Quai, après les élections de 1982.

Paul Bérenger a dénoncé les renvois de Soorya Gayan, ex-directrice du Mahatma Gandhi Institute et de Cadress Rungen, qui était coordonnateur de la lutte anti-drogue.

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