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L?importation de la viande de porc doublera

18 octobre 2007, 20:00

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Avec les deux tiers de la population porcine du pays qui devraient être abattus d?ici deux semaines, les Mauriciens amateurs de charcuterie auront-ils de quoi se mettre sous la dent pour les fêtes de fin d?année ? ?Oui, assure Marie-Josée Leung, Marketing manager de Porkers Product. Normalement, à cette période, nous importons à peu près 17 tonnes de viande porcine. Cette fois-ci, vu la situation, nous avons doublé notre commande.?

En provenance d?Afrique du Sud, qui n?est pas touché par la peste porcine africaine, cette viande servira à confectionner du jambon, des saucisses, du bacon et des saucissons à l?ail mais aussi à fournir les restaurants qui, d?ordinaire, s?approvisionnent en viande porcine locale. Pas de porc, pas de chasiwe, pas de pow?

Selon les chiffres de la Mauritius Meat Authority, l?an dernier, les éleveurs avaient fourni 700 tonnes de viande au marché local. L?importation de la viande porcine pèsera-t-elle plus lourd sur le porte-monnaie des consommateurs ? Pour Thierry de Lapeyre, directeur de la Glenside Meat Processing Enterprise (GMPE), c?est inévitable. ?Nous avons de quoi tenir encore deux mois mais si cette situation perdure nous serons contraints d?importer.? Selon lui, une importation amènera, à coup sûr, une hausse de prix de ses produits. ?Nous avons déjà commencé à étudier certaines possibilités avec l?Afrique du Sud. Alors que le prix de la viande locale varie entre Rs110 et Rs 150, la viande importée coûtera presque le double.?

De son côté, Marie-Josée Leung affirme que l?importation n?aura aucune incidence sur le prix de ses produits. ?Depuis des années déjà, la majeure partie de la viande que nous utilisons provient d?Afrique du Sud. Les prix n?augmenteront pas parce que la totalité de notre stock sera importée. Nous n?allons pas profiter de la situation non plus.? D?ailleurs, dit-elle, en début d?année, le porc local coûtait plus cher que celui importé.

Selon elle et depuis un mois, son entreprise ne se fournit plus sur le marché local. ?Nous avions entendu certaines rumeurs quant à des problèmes avec les porcs locaux.? Après analyse, la nouvelle est tombée mercredi : il s?agit de la peste porcine africaine. Une maladie incurable !

?Napa enn ki finn sape?, lâche Marie Vianne Sainte-Marie, amère. Comme elle, ses voisins, Johnny, Monique, Steve, de la rue Pellegin, à Roche-Bois, n?ont pas été épargnés. Leurs élevages de porcs, pour la plupart leur unique gagne-pain, ont été durement touchés par cette épidémie. Les larmes aux yeux, la rocheboisienne observe celle que toute la famille considère comme ?enn bon ti mama?. De ses dix petits qui viennent à peine de voir le jour, il n?en reste déjà plus que six.

?Enn par enn mor??

Il faut dire que depuis deux semaines, que son ?parc? a été touché, l?éleveuse en a perdu près d?une trentaine. Certains à cause de la maladie, d?autres en raison de cette injection fatale du vétérinaire. Leur ?crime? ? Avoir côtoyé les bêtes malades. ?Kot malad rantre, bizin touye?, explique Marie Vianne.

Dans sa porcherie à l?arrière de sa maison, presque une dizaine de cochons vivent leurs dernières heures. ?Je dois appeler les services vétérinaires cet après-midi. Nous ne pouvons plus attendre. Ils devaient faire l?injection depuis hier déjà mais j?étais trop abattue. Je ne pouvais pas le supporter.? Marie Vianne n?a pas eu le courage de voir mourir ses derniers cochons. ?Li dir kan ou get enn par enn mor??

Leurs cochons enterrés, les éleveurs peuvent dire adieu à toute rentrée d?argent pour les deux prochains mois. Pour ces familles, les fêtes de fin d?année n?auront pas la même saveur? Malgré ce coup dur, Marie Vianne ne compte pas abandonner l?élevage de porcs. ?Mo metyer sa me pou bizin atann inpe letan. Les malad la ale.?

Pour le Dr Lala Beeharry, conseiller vétérinaire à l?Agro-industrie, il est difficile de se prononcer sur le temps nécessaire pour un retour à la normale mais ?ce ne sera pas avant un à deux mois?. En attendant, les éleveurs parlent de compensation. Selon Paul Raya, président de la fédération des éleveurs de porcs, ils devraient être fixés aujourd?hui.

PESTE PORCINE

<B>Le MSM réclame des compensations pour les éleveurs</B>

■ ?Il faut que ce problème soit déclaré d?extrême force majeure?, dit Joe Lesjongard, président du Mouvement socialiste militant (MSM), inquiet face à l?épidémie de peste porcine africaine qui s?est déclarée dans l?île. Pour freiner la prolifération de l?épidémie, pas moins de 11 000 bêtes seront abattues par les autorités. Le MSM souhaite que ces abattages se déroulent dans des conditions sanitaires optimales et que les 400 éleveurs affectés soient compensés dans un bref délai. ?C?est un secteur qui brasse Rs 100 millions annuellement. Ce n?est pas négligeable?, estime Joe Lesjongard qui souhaite également qu?une enquête vienne clairement établir comment le virus a fait son entrée sur le territoire. Il veut savoir si on dispose des cadavres des bêtes tuées en suivant les règles sanitaires élémentaires.

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