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L?ICAC se défend
L?Independent Commission against Corruption (Icac) est sortie de son mutisme hier. Dans un communiqué, elle annonce la publication d?une « note explicative pour éclairer l?opinion publique » sur les remous au sein de la commission. Cette note sera émise au retour de Moussa Taujoo, commissaire-adjoint de la commission, actuellement en congé. L?Icac souligne « qu?elle continue son travail en toute sérénité ». (Voir hors-texte).
« Cry my beloved country ». Tel est le slogan de l?inspecteur Hayman Dass Ghoora, chef d?investigation et le constable Devanand Halkaree qui ont de leur côté tenu une conférence de presse, hier. Limogés mardi et hier respectivement, l?inspecteur Ghoora et le constable Halkaree se disent victimes de leur combat contre la corruption.
L?inspecteur Ghoora allègue être victime d?une rancune personnelle du commissaire Navin Beekarry. Ce dernier aurait agi de la sorte parce qu?il a osé lui tenir tête lorsqu?il a commencé à déraper. Embauché le 13 juin 2003, sous contrat de trois ans, l?inspecteur Ghoora avait été placé « on probation » pendant un an. Il ne comprend donc pas la raison pour laquelle son contrat a été résilié après six mois seulement.
ATTENTISME
Les deux officiers dénoncent l?attentisme du gouvernement à prendre des mesures et le laxisme des différents comités censés surveiller l?Icac. La mise sur pied de l?Icac a été très bien accueillie par la population et les institutions internationales, mais, depuis deux mois cette instance dans laquelle le gouvernement a investi Rs 88 millions déçoit, ajoutent-ils. Et en attendant, « cette institution est pénalisée » car la commission, disent-ils, doit agir dans la transparence dans l?intérêt supérieur du pays.
Les deux officiers comptent donc entrer une action en justice. « Zotte pé bafoué la loi, Prevention of corruption Act », estime Devanand Halkaree. Ce dernier se montre aussi très critique envers le mode de fonctionnement de la commission.
Il estime que l?Icac a perdu sa crédibilité. Aujourd?hui, elle est devenue « incompetence commission against competence », mais heureusement qu?il existe encore « des gens honnêtes pour combattre la corruption ».
Sans vouloir être de parti pris, Devanand Halkaree est d?avis que Roshi Bhadain, ancien directeur des enquêtes à l?Icac, était un professionnel. Il allègue qu?un Operational manual préparé par Roshi Bhadain aurait été fermé à clé dans un tiroir par le commissaire.
La demande d?une Judicial Review en Cour suprême par Roshi Bhadain sur sa suspension sera entendue lundi.
Hier, Roshi Bhadain a juré un affidavit dans lequel il dénonce sa mise à pied par la commission. Mise à pied qui, dit-il, a été effectuée de façon arbitraire et de mauvaise foi. Il souligne que, dans son cas, il n?a jamais été question de «probation» et déplore ainsi qu?il n?ait pas eu droit à un «hearing». Cet argument, l?inspecteur Ghoora et le constable Halkaree l?évoquent également. Après les diverses critiques qu?avait essuyées la commission, Devanand Halkaree dit avoir voulu organiser une session de « brain storming ». Mais la commission a interprété cette initiative comme une révolte et une «insubordination».
Du côté du quartier général de la police aux Casernes centrales, certains déclarent pour leur part que Hayman Dass Ghoora et Devanand Halkaree, devraient être mutés à la Special Mobile Force.
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