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Leymarie refoulé et Ramphul candidat à l?ONU

13 novembre 2006, 00:00

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Pas moins folle ni plus débridée que nos autres demi-lunes, la première quinzaine de novembre 1981 compte quand même le refoulement d?un journaliste de Paris, une candidature mauricienne au secrétariat général de l?ONU, une description de l?AFP de notre PTr plus déchiré que jamais, des voyages ministériels en veux-tu, en voilà, des poches vides également ministérielles mais offrant des pourboires princiers, de la mendicité et du racolage politiques, un appel à la conscience publique suivi d?esquisse du profil du candidat idéal, de pressions gauchistes, du sursis accordé à Darga, d?une menace de chasse aux sorcières, d?un coup d?état syndical, de polémiques mineures ou Walter, et j?en passe et des plus vertes et des moins mûres.

Le 12 novembre, la police politique de Ramgoolam refoule, à l?aéroport, Philippe Leymarie, journaliste au Monde diplomatique, au Matin de Paris et à RFI. Il en est d?ailleurs à son 3e refoulement. On lui reproche ses liens trop amicaux avec les amis et alliés d?un célèbre organisateur de dîner politique à River Walk, Floréal. Ce refoulement n?empêche pas l?AFP de décrire, en détails, en prévision d?imminentes législatives, les rivalités qui entre-déchirent le PTr de Ramgoolam. Mais là, rien de nouveau.

Le Père de la Nation se signale par les pourboires princiers qu?il accorde généreusement à ses gardes-du-corps yankees aux Etats-Unis, soit l?équivalent à chacun d?eux, trois ou quatre mois de salaire de leurs homologues locaux et autochtones. Ce n?est pas encore l?Aston Martin du fiston mais cela annonce de futures extravagances encore plus provocantes. La presse fait part du même coup des fiançailles de Sunita Ramgoolam avec Vijay Joypaul, friand de poésie et de bonne littérature.

Ringadoo repart pour Washington dans l?espoir d?obtenir ce qu?il a mendié en vain jusque-là. Il profite de son transit à Maurice pour lancer des propos aussi contradictoires que : ?La crise est là et pour longtemps... Maurice est solvable... notre roupie doit flotter? (alors qu?il vient de la trouer de 50%).

A New York, il rencontrera peut-être notre ambassadeur auprès de l?ONU, Radha Ramphul qui brigue le poste de secrétaire général des Nations Unies. Les méchantes langues prétendent que Ram rend fol qui veut-il perdre. Nous ne sommes pas obligés de les croire sur parole.

Le PTr fait les yeux doux au PMSD de Gaëtan Duval qui mendie une rencontre avec le RPL de Philo Blackburn. Il y a paraît-il une place au sein du poulailler bleu pour ses amis politiques et lui. L?UDM pense de même et nomme un secrétaire général en la personne d?Elwyn Chutel.

L?Action civique en appelle à la conscience politique et esquisse le profil du candidat idéal aux prochaines élections législatives. Quelque 362 Mauriciennes et Mauriciens se retrouvent à coup sûr dans ce profil du candidat idéal que l?île Maurice démocratique appelle de tous ses v?ux. Nous les retrouverons le 30 avril 1982, jour du dépôt des candidatures (Nomination Day). Leur nombre excédant et de beaucoup les 62 sièges parlementaires disponibles, nos 21 Returning officers n?ont d?autre alternative que de convoquer aux urnes les électeurs de Rodrigues et Maurice. Rendez-vous leur est donné pour le 11 juin 1982.

Et le MMM dans tout ça ? Que devient le futur vainqueur (avec le PSM d?Harish Boodhoo) du scrutin du 11 juin 1982 ? Le moins qu?on puisse dire c?est que la vie n?est pas, pour lui, un long fleuve tranquille. Tout d?abord il y a une énième tentative de son aile gauchiste de radicaliser la marche en avant de la lutte ouvrière. Cela veut dire réaffirmer la lutte anti-capitaliste, purifier le parti de son tendance à l?embourgeoisement, mettre sous l?éteignoir les tenants de tout rapprochement avec les classes moyennes et bourgeoises, mettre fin à l?accord électoral liant le MMM au PSM d?Harish Boodhoo.

Est-ce pour amadouer son aile radicale ? Ne voilà-t-il pas que le MMM met en garde hauts fonctionnaires et chefs d?entreprise contre toute faveur préélectorale trop voyante en faveur du PTr de Ramgoolam. Si ce n?est pas l?annonce à peine voilée d?une chasse aux sorcières systématique, cela lui ressemble étrangement.

Le comité central refuse d?entériner le comité régional de Curepipe qui a suspendu Amédée Darga pour propos irrespectueux à l?égard d?un militant coltar.

La PLHDWU, syndicat portuaire, habilement travaillé par des radicaux gauchistes, se révolte contre son négociateur attitré, Paul Bérenger. Ce dernier doit, le 8 novembre, essuyer de sévères critiques et même des propos injurieux, au Centre Jean-Lebrun, Les Salines. Mario Flore récuse, à cette occasion, l?existence hypothétique de ?patrons de progrès? plus acceptables que les patrons-dinosaures. L?eau ne source pas du rocher et un patron ne peut qu?être mauvais, assure-t-il. Dharma Dooarika, militant du historique de Goodlands, s?en prend à Bérenger dans la presse boolelliste.

Une polémique avec Walter suit ses escarmouches mineures. Notre ministre des Affaires étrangères estime que le MMM a sali l?image politique de Maurice auprès du Parti Socialiste français. Le MMM charge Jean Claude de l?Estrac de donner la réplique à celui à qui il succèdera aux AE. Elle est particulièrement mordante : ?L?image de notre diplomatie et du gouvernement travailliste est encore plus sale à l?étranger qu?elle ne l?est à Maurice?. Il n?y a rien à ajouter.

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