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Leur meilleur Noël

21 décembre 2005, 00:00

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Monique d?Unienville, 63 ans, est le boute-en-train du Pierrefonds Cheshire Home de Palma. Avec l?accord de l?administratrice, Fatima Motala, Monique s?est récemment déguisée en père Noël, remplaçant le traîneau par une brouette et les rennes par le jardinier de l?établissement. Hier matin, elle annonçait le déjeuner en chantant le cocorico...

Pourtant, une certaine tristesse se cache sous cette bonne humeur, surtout quand on fait allusion à son enfance. ?Je suis l?avant-dernier des enfants. J?ai perdu ma mère à l?âge de six ans et mon père est mort sept ans plus tard. Pour moi, Noël était surtout synonyme d?absence et de tristesse.?

C?est à l?âge adulte alors qu?elle émigre à Cape Town en Afrique du Sud, que la fête de Noël prend de l?importance. ?Mon plus beau Noël a été ce 24 décembre où je me suis fiancée à un Sud-Africain au Table Mountain. Du haut du restaurant, nous voyions toutes les lumières du bas. C?était merveilleux, magique.? Après 34 ans à l?étranger, Monique regagne Maurice. Depuis deux ans et demi, elle vit au Pierrefonds Cheshire Home où elle considère avoir été ?déléguée par Dieu pour égayer la vie des autres pensionnaires?.

Yvette Bayaram affirme qu?elle a 80 ans et des poussières mais il se chuchote qu?elle compte quelques années de plus... Jusqu?au mois dernier, cette veuve, mère de six enfants, vit seule à Rose-Hill. Vu les dangers que cela représentait, ses enfants préfèrent la placer dans ce home. Si elle a adoré les célébrations de Noël du temps où son mari était encore en vie et ses enfants adolescents, le meilleur Noël de son enfance est celui où elle a reçu une machine à coudre. ?J?avais eu une bourse pour apprendre la couture. Il ne me manquait que la machine. Quand je l?ai eue, j?étais comblée.? L?objet en question lui a permis de faire carrière dans la couture.

Bien qu?elle soit un peu dure d?oreille et paralysée, Iris Furlong, 87 ans, n?a rien perdu de sa mémoire. Fille d?un employé des chemins de fer, elle a essayé tous les ans, durant son enfance, de voir le père Noël. ?Mes s?urs et moi essayions de ne pas nous endormir pour tenter de l?apercevoir mais à un moment, nos yeux se fermaient tout seuls .? Son plus beau cadeau, confie-t-elle, est une belle montre.

Manfred Lacaze, 85 ans, s?apprête à célébrer son premier Noël au home. Lui et son épouse Edith, du même âge, ont une chambre commune. Cet ancien inspecteur sanitaire, fils d?un postmaster general, est l?aîné de huit enfants. Ses plus beaux jouets reçus sont des chevaux de course à ressort. ?Je me suis beaucoup amusé av ec eux.?

Le repas de Noël reste très mémorable. ?Mon père achetait un jambonneau de 14 livres à Rs 12 et il le faisait bouillir après l?avoir piqué de clous de girofle. Il mettait une bouteille de bière dedans pour que cela ait bon goût. Nous les enfants, nous adorions cela. Et puis le repas comprenait l?éternel curry de poulet. Eh oui, autrefois le poulet était roi. Maintenant c?est fini ça. E lezo la, ti met dan grin, abin !? Aujourd?hui, Manfred s?achète du jambon au supermarché.?Mais ce n?est plus comme avant.?

Une brise légère souffle dans la cour du Gayasing Ashram à Port-Louis et incite à la sieste. Mais Khasmira Coothooperman, 62 ans, bavarde avec son amie, Valiamen Kunthasamy, de 20 ans son aînée. Khasmira est admise à l?ashram , il y a quatre ans. Cette célibataire, qui a longtemps vécu avec sa mère à Roches-Brunes, adorait Noël car c?était le jour où ses grands-parents venaient déjeuner, lui apportant des cadeaux. Le plus beau qu?elle ait reçu , c?est ?enn kaba nwar?. ?Car une fille est coquette?, dit-elle avec un sourire espiègle.

Valiamen, mère de deux enfants, vit depuis 13 ans dans cet établissement dirigé par l?infatigable travailleur social qu?est Deorishi Boolell. Feu son mari était chauffeur pour un médecin. Une semaine avant Noël, il l?emmenait acheter ?sari, blouz ek jipon kot Timol ek Doomara?. Il lui a aussi offert des bijoux mais elle les a vendus pour lui construire un beau caveau après sa mort.

En ces temps de bonheur, le 25 décembre, elle s?affairait dans la cuisine à préparer un ?briye lavian?. Ils étaient heureux de voir leurs enfants s?émerveillaient devant leurs présents. Aujourd?hui, elle ne sait même pas où ils sont.. ?Mo pa sagrin mo zanfan ditou. Zot pa get moi. Kifer mo bizin pans zot?? Implacable logique?

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