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L?Etat demande à Saint-Félix de différer sa décision

5 novembre 2007, 00:00

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L?angoisse s?accentue. Les 135 employés de la compagnie usinière Saint.-Félix se trouvent face à l?impasse dans les discussions entre le gouvernement et l?usine sucrière. Des discussions qui se déroulent d?ailleurs sur fond de divergences entre le gouvernement et la Mauritius Sugar Producers Association (MSPA) au sujet de la réforme du secteur sucre.

La Compagnie usinière Saint-Félix se dit de son côté totalement incapable d?honorer ses obligations financières en raison de sa situation de faillite. Mais, optimiste, Arvin Boolell, ministre de l?Agro-industrie, estime que les négociations entre le gouvernement et les sucriers ?bougent dans la bonne direction? avec l?intention exprimée par la MSPA de faire de nouvelles propositions au sujet de la réforme. Il souhaiterait ainsi que les salaires des employés de Saint-Félix soient maintenus jusqu?à fin décembre ou la mi-janvier.

Arvin Boolell dit compter sur ? le bon sens? de la Compagnie usinière Saint-Félix ? qui fait partie de la MSPA ? pour continuer à payer ces salaires. ?Ensuite, pour janvier, nous comptons sur la coopération de la société usinière du Sud pendant cette période de transition, en attendant les conclusions des négociations MSPA-gouvernement sur la réforme du secteur sucre et aussi sur le Sugar Investment Trust?, explique Arvin Boolell. Une réunion du comité technique institué par le gouvernement est d?ailleurs prévue aujourd?hui pour essayer de débloquer la situation.

Mais, d?une part, la compagnie usinière de Saint-Félix se dit incapable de faire face à de nouvelles charges financières, et, d?autre part, le décaissement d?aide financière de l?Union européenne (UE) dans le contexte des mesures d?accompagnement liées à la centralisation n?a pas encore été effectué.

?Nous avons tout dit au ministre Boolell au sujet de notre incapacité financière à maintenir ces efforts de rémunération des employés, et je ne peux en dire plus?, commentait, hier, à l?express, Frédéric Léon Robert, directeur de la Compagnie usinière de Saint-Félix.

Une motion recommandant aux actionnaires la mise en liquidation de la compagnie a été adoptée à l?unanimité par le board mercredi. Elle sera présentée lors de l?assemblée des actionnaires le 14 novembre.

La Compagnie usinière Saint-Félix accuse des pertes substantielles depuis la fin de 2004. La baisse du prix du sucre acheté par l?Union européenne et ses effets sur les coûts de production corsent davantage la situation financière de cette plus petite sucrerie de l?île.

C?est ainsi que Saint-Félix n?a eu d?autre choix que de demander l?autorisation des autorités pour la fermeture de l?usine en octobre 2005. Trois mois plus tard, elle cessait ses opérations. Ses employés sont au chômage technique. La demande de fermeture avait été avalisée par le gouvernement en mars 2006.

Selon les provisions du Blue Print ? document qui prévoit les compensations, à savoir de l?argent et des lopins de terre à être versés aux travailleurs en cas de fermeture ? la Société usinière du Sud se doit de prendre en charge ces obligations. Raison pour laquelle le ministre Boolell sollicite sa coopération pour le paiement des salaires des employés.

La société usinière du Sud a toutefois affirmé son intention d?honorer ses engagements au sujet de l?allocation des terres aux employés dans le contexte du Blue Print. D?autant que les sites à ce sujet ont déjà été identifiés dans diverses régions du Sud.

Saint Félix Sugar Estates Co. Ltd (SFSE), qui possède 80 % des parts de la compagnie usinière de Saint-Félix, a apporté son soutien financier à travers des emprunts bancaires. Les 20 % restants sont détenus par le SIT. Ce soutien financier lui permet de repousser le recours à une liquidation.

La compagnie usinière de Saint-Félix a aussi obtenu l?assurance financière qu?une solution était imminente avec le décaissement des fonds des mesures d?accompagnement de l?UE. Le hic : les autorités ne parviennent pas à trouver un accord avec la Société usinière du sud concernant les paiements des compensations prévues dans le Blue Print pour les employés de Saint-Félix. Alors qu?il est question que 75 % des provisions du Blue Print seront financées par l?aide de UE et 25 % par la Société usinière du Sud.

Situation financière précaire

Malgré sa mauvaise santé financière, la Compagnie usinière de Saint-Félix maintient les salaires de ses employés. Résultat : sa situation financière continue à se détériorer, faute de financement de la part du gouvernement ou de la société usinière du Sud pour l?application du Blue Print.

Depuis fin 2005, la Compagnie usinière de Saint-Félix s?est vue dans l?obligation de débourser, avec le soutien de la SFSE, Rs 30 millions en guise de rémunérations aux employés.

La situation à Saint-Félix fera l?objet de cinq interpellations de l?opposition au parlement demain. Le MMM, par la voix de son leader, Paul Bérenger, propose que la Banque de Maurice étende à la Société usinière du Sud un crédit-relais pour financer le Blue Print à Saint-Félix en attendant les fonds de l?UE. Selon Paul Bérenger, le gouvernement pourrait garantir un emprunt bancaire de la Société usinière du Sud en attendant l?aide européenne.

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