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?L?esprit des JIOI a été perverti?
■ Quel bilan faites-vous du stage d?arbitrage que vous avez animé la semaine dernière ?
? J?ai essayé de revoir le code mais de façon originale, à travers des questionnaires et vidéos, sur des thèmes qui sont particulièrement importants dans le handball moderne. Il y a la protection du joueur, ensuite, des thèmes plus techniques comme le jeu passif, l?occasion manifeste de but, entre autres. A mon avis, on aurait pu faire mieux si on avait eu un peu plus de pratique. Cette formation a été une occasion d?évaluer l?ensemble des arbitres mauriciens et je dois dire que cet exercice est satisfaisant dans l?ensemble. Mais il y a encore des points à travailler.
■ Lesquels ?
? La progressivité des sanctions. Il faut sanctionner à juste titre et de façon adéquate et sans hésitations. Si on ne veut pas que l?intégrité physique du joueur soit en danger, il ne faut pas hésiter à aller jusqu?à l?expulsion. Dans les matches auxquels j?ai assisté j?ai remarqué que les arbitres n?osaient pas sortir le carton rouge.
■ Justement quelles sont les qualités d?un arbitre ?
? Un arbitre est comme un joueur. Il doit travailler. S?il se contente de venir arbitrer un match en fin de semaine, il ne peut pas progresser.
A partir de là, il lui faut déjà réfléchir sur l?arbitrage qu?il a fait. Ensuite profiter des matches, profiter de l?entraînement pour progresser et travailler certains points techniques comme le marcher (NdlR : plus de trois pas, ce qui est interdit par le règlement). Il faut bien regarder à quel moment le joueur prend le ballon et savoir compter jusqu?à trois (rires)?
Il me semble que les arbitres, et ce n?est pas uniquement à Maurice mais aussi dans la zone océan Indien, ont tendance à exercer en oubliant que l?arbitre s?entraîne aussi.
■ Vous êtes également président de l?AHBOI. Comment se porte le hand dans l?océan Indien ?
? En fait il y a deux groupes. Le premier qui progresse à son rythme, soit la Réunion, Maurice et, à un moindre niveau, Rodrigues et Seychelles. Dans l?autre groupe, il y a Mayotte qui est un peu en retrait quant à la progression mais pas par rapport au niveau de jeu, et Madagascar, pour des problèmes de moyens, a tendance à stagner. La preuve c?est qu?à la dernière Coupe des clubs champions (NdlR : en août 2005), l?USBBRH a battu St Michel à la régulière.
Par contre, au niveau féminin, il reste beaucoup à faire. A la Réunion par exemple, les garçons et les filles ont à peu près le même rythme de progression. A Maurice, il n?y a que trois équipes, aux Seychelles il n?y en a pas beaucoup non plus et à Madagascar, ce sont toujours les mêmes qu?on retrouve.
Et ce que je constate, c?est que les jeunes ne sont pas nombreux. Il y a une pratique adulte, mais ce qui est inquiétant pour l?avenir c?est qu?il n?y a pas beaucoup d?équipes de jeunes.
■ Quels sont les projets de l?AHBOI pour cette année ?
? En termes de compétition, il y a aura la Coupe des clubs champions, du 8 au 13 août à Mayotte. Et puis il devait y avoir une formation de cadres techniques en mars à la Réunion mais elle a été renvoyée à cause du Chikungunya. Si la situation évolue favorablement, elle devrait se tenir en mai. Est également prévu un regroupement des arbitres officiant à la Coupe des clubs pendant la compétition à Mayotte.
Sinon, lors de notre dernière réunion, j?avais demandé aux représentants des fédérations de réfléchir sur la mise en place d?une compétition qui pourrait regrouper les jeunes, plutôt axée sur les sélections de moins de 18 ans. J?espère que ce projet prendra corps définitivement lors de la prochaine réunion.
?Ce qui me gêne, c?est que certaines disciplines sont aux Jeux mais ne sont pas organisées au niveau de l?océan Indien.?</I>
■ Peut-on penser que ce projet viendra compenser l?absence du hand aux Jeux des îles de l?océan Indien en 2007 à Madagascar ?
? C?est tout à fait ça. De toutes façons, cela fait longtemps qu?on n?est pas aux Jeux. Notre unique participation remonte à 1998. On en est à la sixième édition et à chaque fois le handball est exclu pour des raisons qu?on ignore parce que le handball est pratiqué dans toutes les îles actuellement. Au départ on nous avait dit qu?il fallait qu?on soit présent dans trois régions, maintenant qu?on en a cinq, on n?est toujours pas admis. Ils ont décidé d?exclure totalement notre discipline. A nous de faire en sorte de nous retrouver et organiser notre compétition.
■ Qu?est-ce qui est prévu pour que le hand ne soit pas lésé dans les îles jusqu?à 2011 ?
? Dans un premier temps, une compétition sera organisée pour les sélections jeunes. Pourquoi pas envisager, si vraiment en 2011, on n?est toujours pas aux Jeux, notre tournoi regroupant les sélections adultes. Et je pense qu?on pourra avoir un beau tournoi parce qu?entre Madagascar, Maurice et la Réunion, il pourrait y avoir de belles empoignades. C?est pour cela qu?il faut faire progresser l?arbitrage. On s?entend très bien dans la zone et il ne faut pas que ce soit gâché par des erreurs d?arbitrage.
■ Comment aviez-vous pris la nouvelle de l?exclusion du hand en 2007 ?
? En tant qu?handballeur, j?étais totalement déçu parce que je ne pensais pas qu?on allait être exclu. C?est vrai qu?il y avait quelques indicateurs qui nous faisaient penser que le handball est sur la sellette. La victoire de l?USBBRH n?a pas arrangé les choses (rires?). On ne peut pas non plus organiser des Jeux pour obtenir la médaille d?or.
■ Pensez-vous que Madagascar a voté contre en pensant qu?ils ne pourront pas gagner l?or ?
? Certains le pensent. Mais il n?y a pas que ça. D?autres éléments entrent en ligne de compte. Mais évidemment il n?y a pas toutes les infos et on ne peut pas savoir ce qui s?est réellement passé.
Ce qui me gêne, c?est que certaines disciplines sont aux Jeux mais ne sont pas organisées au niveau de l?océan Indien. Finalement on a essayé de mettre en place des actions entre nous. On a créé quelque chose et en remerciements on nous dit que ce que vous avez fait ce n?était pas ça.
L?esprit des Jeux, c?est justement regrouper les peuples de l?océan Indien, l?esprit d?amitié. Or, les Jeux sont devenus une course à la médaille. Il me semble que l?esprit des Jeux a été quelque peu perverti. Mais je peux comprendre que quand il y a une compétition il faut gagner. D?ailleurs, officiellement il n?y a pas de décompte de médailles. Ce sont les journalistes qui comptent les médailles. (Rires)
■ Avec cet esprit qui est « perverti », est-ce que les Jeux des îles ont lieu d?exister à la longue ?
? Au jour d?aujourd?hui, ce que je peux constater c?est qu?on est en train d?organiser des Jeux, mais il faut qu?ils soient les plus réussis, les plus magnifiques possibles. C?est bien pour les pays organisateurs car cela prouve qu?il est capable de faire un certain nombre de choses. Malheureusement dans la région, il y a des pays qui n?ont pas les moyens financiers d?organiser des Jeux de cette qualité-là. A partir de là, tout le monde est d?accord pour réfléchir sur une autre formule.
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