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L?espoir

26 mars 2008, 00:00

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Par Raj MEETARBHAN</B>

Le Premier ministre souhaite-t-il sincèrement mettre fin à l?interminable saga qui afflige la scène politique depuis les années soixante ? En tout cas, c?est l?impression qu?on a eue hier après la réponse donnée par Navin Ramgoolam au leader de l?opposition sur la réforme électorale. Du reste, le ton consensuel qui a prévalu lors des échanges sur cette question au Parlement est un signe que les deux leaders n?ont aucune intention d?enterrer une nouvelle fois un projet de réforme électorale.

Il est rassurant de constater que le Premier ministre a donné une indication assez précise sur la date du lancement des consultations. «I am proposing, Mr Speaker, Sir, to start the consultation soon after the 1st of May of this year», a-t-il dit. Navin Ramgoolam pourra difficilement reporter l?exercice maintenant qu?il s?est engagé à le mettre en route à une date aussi proche.

L?on notera avec la même satisfaction que le chef du gouvernement a assoupli les contraintes qu?il avait initialement associées aux consultations sur la réforme électorale. Le 12 mars dernier, dans un message à la nation, il annonçait sa décision de convoquer «tous les partis politiques ? petits et grands ? pou assise ensemble pou décide ène meilleure formule ça l?année là même». Hier, il a adopté une position plus réaliste. Ayant pris conscience qu?il y a 64 partis officiellement recensés à Maurice, il a décidé de restreindre le champ de consultation aux seuls grands partis. Cela évitera au forum de consultation de se convertir en foire.

Notre système électoral, vieux de plus de 40 ans, comporte plusieurs faiblesses majeures. Mais, l?une d?elles porte atteinte à l?unité de la nation. Il s?agit d?une disposition de la loi qui oblige le candidat à une élection de «declare in such manner as may be prescribed which community he belongs to». C?est précisément le rejet de cet étiquetage communal qui pousse les grands partis à vouloir réformer rapidement. Il est aberrant que la République accepte d?être morcelée en quatre groupes ethniques pour les besoins d?un système électoral conçu à une époque lointaine. Personne ne veut d?une Constitution qui confère une légitimité au cloisonnement de la société.

Pour autant, il faut admettre qu?un système électoral n?est équitable que s?il assure une représentation efficace des minorités. Il est possible de résoudre ce problème de représentativité autrement qu?à travers le «Best Loser System» (BLS). Pour y arriver, il faut injecter une dose de proportionnelle dans le système. Les différents partis peuvent alors constituer des «Party List» bien dosées et atteindre le même objectif que le BLS sans avoir à maintenir la notion de groupes ethniques dans notre loi suprême. C?est ce que Rama Sithanen appelle «subsuming» le BLS.

Pour clôturer les échanges sur la réforme électorale, hier, Navin Ramgoolam a tout simplement dit «I agree» au leader de l?opposition. Jamais une entente n?a été aussi porteuse d?espoir.

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