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Lesage : ?le système a été imaginé par la MCB?

18 mai 2007, 00:00

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L?ancien Chief Manager de la Mauritius Commercial Bank (MCB), Robert Lesage, a hier présenté sa défense devant le Master and Registrar de la Cour suprême. Cela dans le cadre de la réclamation de Rs 1,4 milliard initiée par la MCB contre lui ainsi que d?autres personnes et compagnies. Une démarche relative à la fraude massive qui aurait été faite au préjudice du National Pension Fund (NPF).

Robert Lesage déclare n?avoir fait qu?adhérer à un système imaginé par la MCB pour contourner les restrictions monétaires imposées par la Banque Centrale. Il demande à la cour de rejeter la réclamation et de lever l?ordre de gel de ses avoirs. L?affaire a été fixée au 13 juillet.

Dans un document rédigé par les soins de ses conseillers légaux, dont Me Rex Stephen de l?étude Astor law professionals et son avoué Balkrishna Gokulsing, Robert Lesage déclare que la direction de la MCB, dont le General Manager (GM) et son assistant, étaient au courant à chaque instant de l?état précis des comptes du NPF et du National Savings Funds (NSF). Le seul développement qu?il y a eu en février 2003, dit-il, c?est que les autorités ont appris ce qui se passait avec ces comptes. Auparavant, avance-t-il, ces institutions se contentaient des paroles du GM qui les rassurait sur l?état de leurs comptes.

Robert Lesage soutient, en outre, que le GM lui aurait demandé de rassurer le Premier ministre d?alors (NdLR : Sir Anerood Jugnauth) que les comptes du NPF-NSF n?allaient encourir aucun préjudice. Ces instructions auraient été données alors que Robert Lesage avait rendez-vous, le 10 février 2003, avec le Premier ministre pour discuter de choses autres que les comptes du NPF-NSF.

Au début des années 90, avance Lesage, la MCB avait mis en place un mécanisme où les fonds déposés par ses clients (dont les compagnies d?assurances, les fonds de pension et autres conglomérats) sont utilisés pour annuler la balance des dettes. Cela afin qu?elle puisse opérer dans les limites du plafond de crédit imposé par la banque centrale jusqu?à 1993. Date à laquelle le plafond de crédit fut aboli.

Subséquemment, le mécanisme fut utilisé de sorte qu?officiellement, la banque opère dans les limites des paramètres imposés par l?introduction de la convention de Bâle. Cette convention délimite la capacité d?une banque à accorder des emprunts de même que les risques d?accorder plusieurs emprunts à la fois à une seule personne ou entité.

Ces faits, déclare Lesage, sont confirmés par le Président de la banque dans une lettre aux actionnaires en mars 2005. On peut y lire que ?s?il est vrai de dire qu?il y a 15 ans, il y a eu des opérations ayant pour but de contourner le credit ceiling, il n?est pas vrai de dire que cela a été fait sans l?aval des clients (?) Il n?est pas dans l?intention de la MCB de nier l?existence de cette pratique (?) Toutefois il faut toujours remettre les choses dans leur contexte pour bien comprendre l?esprit dans lequel elles ont été faites. En 1991/92 la MCB a cru bon d?appliquer des pratiques bancaires qui contribuaient au développement économique plutôt que d?adhérer à un strict respect des procédures de contrôle de crédit dictées par une politique monétaire restrictive, imposée par le FMI au pays, et qui a d?ailleurs été abolie depuis 1993 (?) la banque avait accordé des facilités de crédit au-delà des limites imposées par les autorités. Il lui était donc nécessaire d?emprunter auprès d?autres clients afin de ramener la banque à l?intérieur des limites autorisées?.

Robert Lesage soutient n?avoir retiré aucun bénéfice de ces transactions et argue qu?elles ont été exécutées suivant les instructions du GM. Il soutient également que l?attention des auditeurs de la firme de Chazal du Mée a été attirée sur le fait qu?un certain nombre de dossiers des clients n?était pas gardé dans le Central Filing System. C?était, dit-il, durant l?année financière 1993/94 au cours de l?examen annuel des prêts bancaires. En ce qui concerne les transferts de Rs 167 millions que la banque l?accuse d?avoir détournées d?un compte de dépôt fixe d?Air Mauritius, il dira qu?elle était au courant de ces transactions et que ce fait est établi dans un certificat adressé à la firme de Chazal du Mée.

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