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Les zones arides affectées par le changement climatique

17 juin 2006, 00:00

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Les zones arides, doublement affectées par le changement climatique et la pression démographique, perdent chaque année 10 M d?hectares de terres agricoles, mais ce processus peut être renversé, rappelle l?Onu à l?occasion de la Journée mondiale de la désertification qui sera célébrée aujourdh?hui.

Les régions arides, ou désertiques, caractérisées par de faibles précipitations et des taux d?évaporation élevés, abritent plus de deux milliards de personnes, vivant à 90% dans les pays en voie de développement.

Or, «les différents modèles climatiques pour les 100 prochaines années prévoient tous une accentuation de la sécheresse sur l?intérieur des continents», souligne Ronald Prinn, spécialiste du changement climatique au Massachussetts Institute of Technology (MIT, Etats-Unis). «La seule réponse possible de la part des gouvernements, c?est de prendre des mesures d?adaptation», ajoute-t-il.

Selon le Groupe d?experts intergouvernementaux sur le changement climatique mandaté par l?Onu (Giec, IPCC en anglais) auquel il appartient, dans les 30 dernières années du 21è siècle, les températures devraient augmenter de 5 à 7 degrés dans les déserts (par rapport à la période 1960-1990) et les pluies diminuer de 5 à 15%.

Les régions australes seront les plus vulnérables, comme le Grand désert de Victoria, en Australie ou celui d?Atacama au Chili, estime le Programme de l?Onu pour l?Environnement (Pnue) .

L?érosion très forte qui amplifie le phénomène de désertification pose aussi, au travers des transports de sable par le vent, de graves problèmes de santé: les tempêtes venues du désert de Gobi affectent la Chine, la Corée et le Japon, celles du Sahara provoquent toux et irritation aux Etats-Unis et endommagent les coraux des Caraïbes.

Il faut cependant «distinguer l?altération des sols de l?avancée des déserts», précise Gil Mahé, spécialiste de la désertification à l?Institut français de recherche pour le développement (IRD).

«En Afrique de l?ouest, le désert n?avance pas, même si les dunes bougent. En revanche, le Sahel subit une sécheresse persistante depuis 35 ans avec 10 à 20 % de pluies en moins et les zones semi-désertiques sont déjà descendues de 100 km vers le sud», poursuit-il.

<B>Il faut forcer le destin

Des espèces qui vivaient à la limite de leurs capacités sont mortes, comme les baobabs et les grands arbres en général dont les racines ne sont pas assez profondes et qui sont remplacés par des acacias et des arbustes, détaille le chercheur. «En certains endroits, il est inutile de forcer le destin: les sols - surtout s?ils sont durs - ne sont plus récupérables à l?échelle d?une vie humaine, ils n?ont plus la capacité de se régénérer», ajoute-t-il.

Mais le processus peut être anticipé et même rendu réversible en l?espace de 10 à 30 ans si la mobilisation est massive et rapide, note-t-il.

«On cultive aujourd?hui dans le nord du Burkina Faso ou au Niger des terres abandonnées par le passé et on voit dans une même région des zones délaissées et d?autres protégées par de bonnes pratiques culturales», insiste-t-il.

De très nombreuses ONG accourues dans les années 70 ont aidé à édifier des diguettes de pierres, planter des haies et des arbres, modifier les semis. «On sait ce qu?il faut faire depuis longtemps, mais le problème est d?assurer le transfert des connaissances et de mobiliser les moyens financiers», estime Gil Mahé.

La Convention de l?Onu pour la lutte contre la désertification - ratifiée, fait rare, par les 191 Etats membres et dont 2006 marque le 10è anniversaire - vise justement à «atténuer» les effets de la sécheresse dans les pays les plus fragiles. Des experts internationaux se retrouveront d?ailleurs sur ce thème de la viabilité des zones arides, du 19 au 21 juin à Tunis.

<B>© Le Monde 2006

Distribué par

The New York Times Syndicate</B>

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