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Les vols de câbles pénalisent des entreprises

29 juillet 2008, 00:00

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Les vols de câbles pénalisent des entreprises

Le temps, c?est de l?argent. Et le téléphone aussi. Des malfrats ont volé près de 900 mètres de câbles téléphoniques à Baie-du-Tombeau la semaine dernière. Conséquence : une dizaine d?entreprises de la région se retrouve sans moyen de communication. Seuls les téléphones portables peuvent dépanner, mais à quel prix ? Baie-du-Tombeau et ses entreprises ne sont toutefois pas les seules victimes de ces voleurs, à la recherche de cuivre. Toute l?île est affectée.

«Impossible d?y mettre fin», lance un technicien de la Mauritius Telecom, s?affairant dans un man hole, à Baie-du-Tombeau. Ses collègues acquiescent. Il ne resterait plus qu?à électrifier les voies d?accès, laissent-ils entendre à demi-mot. La situation est-elle si désespérée ? Il semble que oui.

Le technicien explique que les malfrats surveillaient cette entrée. Sinon comment auraient-ils su qu?elle avait été dessoudée la semaine dernière pour des travaux ? Avant que les soudures aient pu être remises, les malfaiteurs sont passés à l?action.

<I>A Mapou, des bandits seraient venus équipés d?un chalumeau. Le cuivre est le nouvel or des brigands en tous genres. Certains s?équipent en fonction de leur ?travail?.</I>

A Mapou, les voleurs n?auraient même pas attendu que les techniciens défassent les soudures. Les bandits seraient venus équipés d?un chalumeau. Ils auraient eux-mêmes effectué le travail, avant de prendre les câbles. Le cuivre à l?intérieur est littéralement le nouvel or des brigands en tous genres. Certains se spécialisent même dans cette activité, s?équipant en fonction du «travail» qui les attend. En général, c?est la nuit que ces vols ont lieu.

Comment procèdent-ils ? Une fois le man hole ouvert, les truands emportent les câbles, qui font à peu près un pouce d?épaisseur. Lundi soir, les malfrats se sont attaqués à deux man holes, situés à 300 mètres l?un de l?autre. C?est également la longueur de chacun des trois câbles volés. Ils les ouvrent un par un, puis coupent tous les fils qui se présentent, dans les deux trous. Pour ce faire, une scie à métaux classique suffit. La partie suivante est la plus dure.

Une fois les fils coupés des deux côtés, il reste aux malfaiteurs à sortir les câbles. Ces derniers sont filés sous terre, chacun dans un tuyau reliant les man holes entre eux. A cause de leur poids, sortir ces fils téléphoniques est difficile. Il faut quatre ou cinq hommes pour extirper un seul de ces câbles.

Une alternative existe toutefois à cette technique. Il suffit d?attacher le câble à un véhicule, et le problème est résolu. Pour cette tâche, les véhicules utilitaires sont très prisés des voleurs. Ils peuvent également servir au transport des câbles après le vol.

Une fois les câbles emportés, leur revêtement est enlevé, avant que le cuivre ne soit vieilli et rendu méconnaissable. Un petit feu de bois produit suffisamment de chaleur pour déformer ou «salir» le cuivre sans l?abîmer. Ensuite, le métal est écoulé localement, ou mis dans un conteneur et exporté. Ce «business» en plein essor cause toutefois d?énormes torts à d?autres entreprises locales.

Aslam Jahangeer est le directeur de Productions Menuiseries Industrielles Ltée, située à l?avenue des Oursins, Baie-du-Tombeau. La semaine dernière, jour de l?incident, il ne savait plus où donner de la tête. «On travaille exclusivement avec l?étranger, mais depuis ce matin, impossible de communiquer», raconte ce chef d?entreprise. Il ne peut confirmer les commandes ou régler les petits problèmes quotidiens avec ses différents clients. Idem pour ses fournisseurs, qu?il ne peut contacter. D?autres à Baie-du Tombeau faisaient face au même problème.

Clarel Marco est responsable d?une usine de textile. A cause du vol de câbles, c?était le branle-bas de combat. Accroché à son portable, comme s?il en allait de sa survie, il explique que si la situation perdure, les répercussions seront «catastrophiques» pour son entreprise.

Les retards s?accumulent, causés par les problèmes de communication. Sans fax ni Internet, impossible de recevoir des commandes ou d?envoyer des factures. Chaque minute sans téléphone vaut son pesant d?or. Un bien qui disparaît des mains de ces entreprises, alors que d?autres s?enrichissent frauduleusement.

CONSÉQUENCES

<B>Ce que dit la loi</B>

■ Quelqu?un pris la main dans le sac risque des poursuite sous deux chefs d?accusation : dommages à une propriété de l?Etat et vol. Toutefois, de telles prises sont rares. Quiconque est arrêté avec des câbles en sa possession, sans avoir d?explication plausible quant à leur provenance, risque d?être poursuivi sous les «Consumer Protection (Scrap Metal) Regulations» 2007. Ce règlement introduit l?an dernier stipule que tous ceux transportant de la ferraille doivent se munir d?un permis au préalable. Idem pour les collecteurs de vieux métaux. De tels permis ne sont livrés que sous certaines conditions. Ceux souhaitant faire de leur terrain un «scrapyard» doivent également remplir des critères spécifiques et obtenir un permis. Les personnes coupables de ces délits sont passibles d?une amende ne dépassant pas Rs 100 000 et d?une peine de prison n?excédant pas trois ans.

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