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Les travailleurs sociaux licenciés blâment la politique

10 mai 2006, 00:00

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?The Management Committee of the Trust Fund for the Social Integration of Vulnerable Groups (TFSIVG) conveys to you its thanks and appreciation for the services rendered to improve the living conditions of the poor and vulnerable people.? C?est en substance le contenu du courrier reçu par quelque 28 anciens employés du TFSIVG du ministère des Finances. Ce genre de correspondance, aucun employé ne souhaite la recevoir. Depuis le 27 avril, les derniers field workers toujours en poste vivent ce drame. Déjà, depuis la fin de l?année dernière, deux autres groupes d?employés n?ont pas vu leurs contrats renouvelés. Les licenciés ont donc manifesté hier devant l?Hôtel du gouvernement pour attirer l?attention sur leur situation très précaire.

L?aventure avait pourtant bien commencé en janvier 2001. Un appel de candidatures est lancé dans des journaux pour recruter des field workers devant opérer sous le TFSIVG. Fin mars 2001, les candidats sont convoqués à un entretien. Une première série d?entre eux sont titularisés à leur poste en mai de la même année. Le contrat initial fait mention d?un salaire de Rs 6 000. Il est d?une durée d?une année et est renouvelable.

?Décision arbitraire?

Depuis, les employés du TFSIVG ont travaillé à l?identification de nombreux projets. Globalement, entre mi-mai 2001 et début 2006, Rs 333 042 616 ont été consacrées à des projets communautaires, à des initiatives de micro-crédit, à des projets d?autre nature comme la construction de centres de jour ou de centres communautaires et enfin à des prêts aux jeunes dans le besoin entreprenant des études tertiaires. Des projets touchant des milliers de Mauriciens et Rodriguais.

Qu?est-ce qui se cache derrière cette décision de ne pas renouveler les contrats des employés du TFSIVG ? La décision semble surtout être politique. C?est du moins l?avis de ceux qui se retrouvent à présent au chômage. ?On aurait compris si le gouvernement avait décidé de nous remplacer par des personnes plus compétentes. Or, ce n?est pas le cas. Nous avons fait nos preuves et nous ne pouvons accepter que la politique compromette désormais tout?, explique un ancien employé du TFSIVG.

?C?est un véritable complot orchestré contre nous. Nous avons été sèchement exécutés. Mais nous n?allons pas rester inactifs. Nous prévoyons des mobilisations de masse?, enchaîne Eddy Sadien, autre ancien de TFSIVG. Il assure également que le groupe compter organiser une manifestation devant les locaux de l?Union européenne, grand pourvoyeur de fonds destinés aux projets sociaux.

Tous ceux dont les contrats n?ont pas été renouvelés s?expliquent mal comment on peut décider de se passer des services de toute une unité. ?Lorsqu?on ne renouvelle pas un contrat, cela veut dire qu?un employé n?est pas performant. Or, il est évident que cela ne peut être le cas de la totalité des membres de l?équipe. C?est forcément une décision arbitraire?, dit un autre ancien field workers.

Du côté de la nouvelle direction du TFSIVG, c?est naturellement un autre son de cloche qui résonne. ?C?est un cas de non-renouvellement de contrats. Il y a rien d?autre à dire. Nous remplaçons des travailleurs sociaux par d?autres travailleurs sociaux. Nous n?avions aucune obligation légale de faire des contractuels devenir des permanents?, souligne d?emblée le président du conseil d?administration du TFSIVG, Mario Legrand. Interrogé pour savoir si cette décision est due au fait que la direction du Trust Fund n?était plus satisfaite des employés, il répond que ce n?est pas ?une question de satisfaction mais seulement du besoin d?avoir du sang neuf?. Enfin, il argue qu?il ne croit pas que ?ce soit une décision politique? que de changer de personnel.

Politique sociale efficace

La position de Mario Legrand n?a jusqu?ici contribué qu?à exacerber la colère des anciens employés du TFSIVG. Pour eux, il ne s?agit pas de savoir qui a ?le monopole du social? mais davantage d?une politique sociale efficace qui cible vraiment ceux dans le besoin. ?Et on se demande si une personne qui ne parle que l?anglais mais qui a un lien familial avec un conseiller municipal travailliste peut faire un travail social de terrain?, s?interroge l?un d?eux. ?Vous ne pouvez pas terminer le contrat des personnes aussi abruptement et sans leur accorder aucune indemnité?, lance, dans un dernier cri, Eddy Sadien.

Dans chaque affaire, chacun sa vérité. Dans le cas actuel, il reste encore au gouvernement de convaincre de la sienne.

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