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Les travailleurs sociaux lancent un ultimatum

30 juillet 2006, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Les autorités se retrouvent le dos au mur. Un ultimatum leur a été lancé par les travailleurs sociaux qui ont manifesté dans les rues de la capitale vendredi. Cinq mois : c?est le délai qui a été accordé aux policiers pour apporter des résultats concrets dans le combat contre la drogue.

Cinq mois, à l?issue desquels, si aucun résultat n?est noté, les travailleurs sociaux déposeront le cadavre d?un toxicomane devant le Parlement. Une menace qui traduit l?exaspération de la société civile devant l?ampleur que prend le trafic de drogue. Une liste de 161 noms de trafiquants présumés a aussi été remise au commissaire de police, Ramanooj Gopalsingh.

Ils étaient plusieurs centaines vendredi dernier, munis d?affiches et de pancartes, à crier leur ras-le-bol. Ils ont vivement critiqué le « laxisme » des autorités. Cette manifestation, prévue de longue date, fait suite à un appel lancé par les travailleurs sociaux de Port-Louis.

La consigne avait été donnée le 25 juin dernier, lors d?un rassemblement dans le cadre de la Journée internationale contre la drogue. Ce jour-là, les orateurs, rassemblés à Plaine-Verte, affichent leur exaspération face à l?impuissance de la police à lutter contre le trafic de drogue.

« Les Casernes centrales sont aujourd?hui le symbole d?une répression qui s?est révélée inefficace », tempête alors Ally Lazer. Excédé par l?ampleur « alarmante » du fléau, Ally Lazer lance un appel public pour que lui soit soumis les noms de présumés trafiquants de drogue à travers l?île.

161 noms de trafiquants

En l?espace d?un mois, ce sont pas moins de 161 noms de trafiquants, ainsi que ceux de six pharmacies soupçonnées d?être impliquées dans la vente de psychotropes non autorisés, qui sont recueillis. « Ces noms nous ont été remis par des mères de famille qui ne supportent plus de voir des jeunes tomber dans la drogue. Nous devons saluer leur courage », lancent, unanimes, les travailleurs sociaux.

Réunis dans le bureau du commissaire de police, la délégation ne se fait pas prier pour mettre en exergue l?inefficacité des forces de l?ordre. « Nous lui avons expliqué que si rien n?était fait d?ici un mois pour combattre le trafic de drogue, nous irons déposer les cadavres des toxicomanes devant le Parlement », laissent entendre les travailleurs sociaux.

Ramanooj Gopalsingh s?est alors efforcé de persuader ces derniers de lui accorder davantage de temps. C?est après d?âpres discussions que les deux parties se sont mises d?accord sur un délai de cinq mois. Il serait tout de même dommage qu?il faille un tel symbole pour que la lutte antidrogue ne soit prise à bras-le-corps.

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