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Les taxis marrons en colère

1 juin 2006, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Amende de Rs 500 pour le passager alors que les opérateurs illégaux écoperont d?une amende allant de Rs 3 000 à Rs 10 000. La nouvelle version de la Road Traffic Act entre en vigueur aujourd?hui. Et elle devient plus répressive allant même jusqu?à la saisie du permis du conduire du conducteur et du véhicule en cas de récidive.

Trois associations d?opérateurs illégaux (Association des Taxis Malhéré, Association Transport le peuple et Van le Sud) ont tenté de bloquer la capitale à travers une opération-escargot qui a été vite maîtrisée par la nouvelle unité de la force policière notamment la police du Transport. Et elles promettent de récidiver jusqu?à ce qu?elles obtiennent satisfaction.

Retour sur la manifestation d?hier. Une centaine de taxis marrons et de vans opérant illégalement convergent vers Port-Louis aux alentours de 13 heures pour tenter de bloquer le centre-ville. Mais ils ne sont pas autorisés à franchir le chien de plomb pour manifester devant l?hôtel du gouvernement. La circulation étant perturbée sur La Nationale, les automobilistes venant du Nord ont été conseillés d?emprunter l?ancienne route. La police bloque l?entrée de Port-Louis pour empêcher ces opérateurs illégaux de pénétrer dans la capitale.

?Nu pe rod nu bouse manze?

Et pour ce faire, une jeep de la police du transport et des motards de la police barrent la route. Il en a été de même pour l?entrée nord de la capitale.

Mécontente, la centaine d?opérateurs illégaux laisse leurs véhicules en file à côté de la Mauritius Post and Cooperative Bank (MPCB) pour protester directement auprès des autorités policières. ?Nu pe rod nu bouse manze nou. Nu pa pu fer desord?, lance Kistnen Arnachelum, père de cinq enfants. Il transporte des passagers illégalement depuis dix ans depuis qu?il a été licencié par une usine de textile.

?Nous voulons que le gouvernement régularise la situation de quelque 4 500 opérateurs illégaux au lieu de nous infliger des amendes de Rs 10 000?, explique-t-il. Le porte-parole des taxis-marrons affirme aussi que beaucoup d?entre eux sont criblés de dettes et ils risquent ne plus ?manger à leur faim? si on les empêche de travailler.

De son côté, Mahanen Seechurn, porte-parole des vans illégaux, affirme que si le gouvernement veut mettre bon ordre dans le transport, il doit commencer par ?nous accorder des contrats pour transporter des passagers?. Pour protester plus énergiquement, les opérateurs illégaux effectuent le trajet Place d?armes jusqu?à l?Hôtel du gouvernement à pied. Là, ils veulent rencontrer le ministre des Infrastructures publiques et du transport en commun, Rashid Beebeejaun. Mais ils sont informés que le ministre n?est pas au pays. ?Nous voulons alors rencontrer n?importe quel ministre?, lance la centaine de manifestants d?une même voix.

Une vingtaine de minutes après, c?est le ministre suppléant Anil Bachoo va à leur rencontre. Trois représentants des opérateurs illégaux se rendent alors à son bureau pour exprimer leur désaccord par rapport aux nouvelles dispositions de la loi.

Le ministre leur fait comprendre qu?il faut attendre le retour de Rashid Beebeejaun pour prendre les décisions qui s?imposent. ?C?était une réunion mi-figue, mi raisin. J?espère que le ministre Beebeejaun nous donnera une bonne réponse à son arrivée au début de la semaine prochaine?, déclare Mahanen Seechurn à l?issue de la réunion.

Les opérateurs illégaux se dispersent dans le calme à la suite de cette rencontre. Ils venaient de Rose-Hill, Grand-Baie, Chemin-Grenier, Nouvelle France, Souillac et de Camp-Levieux.

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