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Les Sud-Africains en position de force
Avec les récents développements sur le marché du fer de construction, l’Afrique du Sud monte en puissance comme le principal fournisseur de ce produit à Maurice. Avec les nouvelles conditions qui émergent, les producteurs sud-africains sont favorisés par rapport aux autres opérateurs.
Desbro International, le principal fabricant et fournisseur des barres de fer à Maurice a cessé ses activités lundi dernier. Il affirme ne pas pouvoir maintenir l’activité à flot face à la hausse du coût des matières premières (billettes) sur le marché mondial.
La fermeture de Desbro International ouvre une grande opportunité pour les Sud-Africains. D’abord, des négociations en vue d’un rachat de la compagnie par la société sud-africaine Murray & Roberts sont en bonne voie. Celle-ci exigerait la totalité du capital de la compagnie.
Desbro International a elle-même racheté son concurrent, Consolidated Steel, il y a quelque temps. Avec cette acquisition, ses parts de marché tournent autour de 80 %. Un éventuel rachat de ce business placerait Murray & Roberts dans une position de leader incontesté.
D’autres développements peuvent exacerber ce risque de monopole étranger. Le ministère du Commerce et de l’Industrie envisage sérieusement l’option de libéralisation de l’importation. “La libéralisation, même si elle est une bonne chose en principe, va favoriser les producteurs sud-africains”, affirme un proche du dossier.
Le fret : un avantage determinant</B>
L’Afrique du Sud a un avantage comparatif sur d’autres pays fournisseurs tels que l’Egypte, l’Inde, la Chine et la Turquie en raison du coût du fret. “Le prix de cette marchandise est pratiquement le même dans tous les pays producteurs. Le fret devient un facteur concurrentiel déterminant. La proximité de l’Afrique du Sud par rapport à Maurice joue en sa faveur”, dit-il.
La position stratégique qu’occupe Murray & Roberts en Afrique du Sud va encore compliquer l’affaire. Il se trouve que cette société est la seule exportatrice des barres de fer dans ce pays; les autres producteurs ne desservant que le marché domestique.
“Une mesure de libéralisation viendra privilégier une seule entreprise à la fin de la journée”, soutient notre interlocuteur.
Compter sur l’Afrique du Sud comme principal fournisseur de fer de construction n’est pas sans risque en termes de sécurité d’approvisionnement. Dans certains milieux du gouvernement, on n’est pas insensible à certains dangers de rupture dans l’importation. “L’Afrique du Sud regorge de grands chantiers de construction d’infrastructures, notamment en prévision de la prochaine Coupe du monde de football qui s’y tiendra. Les besoins locaux de matériaux de construction sont énormes. Les risques de rupture dans l’approvisionnement ne doivent pas être minimisés”, explique une source autorisée.
Desbro International avait demandé une majoration de 37 % dans les prix de vente, mais a obtenu une hausse de 20 % seulement. La requête fut soumise au ministère du Commerce et de l’Industrie le 30 août 2006. Les autorités ont accepté d’accorder une hausse de 20 % seulement le 19 novembre.
L’entreprise estime que les dernières hausses accordées par le gouvernement n’ont pas été suffisantes pour absorber les augmentations du coût des matières premières.
L’arrêt des opérations de cette société a beaucoup perturbé l’establishment du monde des affaires qui rend la politique de contrôle des prix responsable de ce dénouement. “La fermeture de l’entreprise est la conséquence d’une mauvaise approche des autorités en ce qui concerne les prix administrés”, déplore Jacques de Navacelle, le président du Joint Economic Council.
Le gouvernement n’est pas de cet avis. Le ministre du Commerce et de l’Industrie, Rajesh Jeetah, maintient, lui, que les hausses que son ministère a accordées aux opérateurs étaient suffisantes pour assurer la rentabilité des activités. Celui-ci soutient que la fermeture de Desbro International cacherait d’autres motifs.
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