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Les squatters doivent-ils être évacués ?

10 juillet 2005, 00:00

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Désiré Guildhary Président de l?Association de syndics des copropriétaires de la NHDC

Faut-il évacuer les squatters ?

Quelle que soit l?ampleur du problème de logement de ces squatters, l?occupation illégale de ces appartements n?est pas justifiée. Elle est préjudiciable à l?intérêt des personnes qui ont contribué à un plan épargne logement et qui se sont enregistrées auprès de la National Housing Development Company (NHDC), dans l?espoir d?être un jour propriétaires d?un logement décent. Ces appartements doivent être évacués.

L?évacuation est-elle une solution ?

Pas du tout. Pour être bien négociée, elle doit être assortie d?une garantie du nouveau gouvernement de mettre en place un plan de relogement pour ces squatters. La NHDC pourrait déterminer le profil de chacun d?entre eux, établir leur capacité de remboursement d?un prêt pour l?achat d?un logement pour personnes sans grandes ressources.

Ces squatters ne sont-ils pas incapables de payer un loyer minimal ?

L?enquête de la NHDC devrait répertorier ceux qui n?ont aucun moyen de s?offrir une maison. Le ministère de la Sécurité sociale, ainsi que le Fonds pour l?intégration sociale des groupes vulnérables doivent mis à contribution. Ce n?est pas normal qu?en 2005, des Mauriciens vivent dans des maisonnettes en paille ou en tôle, sans le moindre confort.

Ce squat à la veille d?élections n?est-il pas le seul recours de ces personnes ?

Nous devons reconnaître qu?il y a un problème de logement à Maurice. Le nouveau gouvernement devrait inscrire ce dossier sur la liste de ses priorités.

C?est le rôle de la NHDC?

Oui, mais la NHDC ne s?occupe que des gens qui ont les moyens de payer. D?ailleurs, les résidents des appartements de la NHDC rencontrent de nombreux problèmes. Tient-elle assez compte de l?émergence des citoyens qui n?ont qu?un emploi contractuel ? Les enquêtes devraient être plus attentives à la situation de ces couples qui vivent sous le même toit. Il faut élaborer un programme d?aide. Celui-ci pourrait mettre à disposition des lopins de terre et des matériaux de construction pour ceux qui ne pourront jamais faire autrement pour se loger.

Rada Kistnasamy Porte-paroledu Muvman Lakaz

Face à des gens qui n?entendent plus raison, l?évacuation est-elle la solution ?

L?aspiration à un logement décent est un droit fondamental. L?évacuation physique est une forme de répression. Elle n?est pas la solution au problème auquel ces squatters sont confrontés et qui les a incités à occuper ces appartements.

Faut-il donc les laisser faire ?

Derrière chaque squatter, il y a un problème humain. Si les statistiques indiquent que sur dix familles, huit sont propriétaires de leur maison, la réalité est tout autre. Il faut adopter une approche humaine pour régler ce problème. Le dialogue est primordial. Une enquête sur la situation de chaque famille s?impose. Les autorités pourront alors décider.

Cette occupation n?est-elle pas un défi aux règles établies par la NHDC ?

La direction de la NHDC n?est pas parvenue à satisfaire la demande de logement qui augmente d?année en année. Le non-respect des règles qu?elle a établies résulte d?une perception que l?attribution des logements ne se fait pas d?une façon transparente. L?attente, les retards, la difficulté à satisfaire la demande ont créé chez beaucoup, le sentiment qu?ils n?obtiendront jamais d?appartement. Il faut peut-être que la NHDC révise son fonctionnement et accorde plus d?attention à ceux qui ont le plus besoin d?un logement, comme le faisait le tribunal de l?ex-Central Housing Authority.

Croyez-vous qu?on peut raisonner des gens qui disent ne pouvoir satisfaire les exigences de la NHDC ?

Le système préconisé, qui est basé sur une capacité de remboursement, ne peut pas s?appliquer à bon nombre de demandeurs. Ils sont pris par un système économique qui les appauvrit. Ils n?ont pas de sécurité d?emploi. Lorsqu?ils parviennent à en trouver un, il est précaire et le salaire est insuffisant pour subvenir aux besoins quotidiens.

Ne faudrait-il pas créer une institution autre que la NHDC pour ces cas ?

L?existence d?une telle institution risque d?accentuer le phénomène d?exclusion sociale et économique. Ces gens manquent principalement de ressources. Une subvention du ministère de la Sécurité sociale suffirait pour contourner cette difficulté.

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