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Les souverains pontifes et leurs histoires : Schisme et réformation (Partie II)

21 mars 2005, 00:00

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Le Moyen âge fut caractérisé par la puissance de l?Église de Rome. Sous le pape Grégoire VII (1073-1085), la papauté fut au sommet de sa puissance et ce, jusqu?au règne de Boniface VIII (1294-1303). L?influence de Rome devait cependant connaître un certain déclin à la mort de ce souverain pontife. On peut attribuer ce phénomène à la pensée nouvelle qui suivit la chute de Constantinople (1453) ? favorisant un vent de libéralisme et remettant en question certains dogmes de l?Église.

L?Espagne très catholique et le Portugal feront appel au pape Alexandre VI pour résoudre leurs différents au sujet de la conquête du Nouveau Monde. En 1494, soit deux ans après la découverte de l?Amérique par Christophe Colomb, par le Traité de Torsidellas, la bulle papale fixa la ligne de démarcation à 370 lieux à l?est du Cap Vert. C?est grâce à ce traité que l?Espagne s?arrogea tous les territoires de l?Amérique centrale et de l?Amérique du Sud, sauf pour ce qui est du Brésil. Une décision capitale dans l?histoire de l?humanité.

Mais c?est sous Léon X (1475- 1521) que devait avoir lieu l?un des plus grands schismes dans la communauté chrétienne. Tout commença lorsque ce pape promulgua en 1515, une indulgence pour tous ceux qui verseraient des aumônes destinées à l?achèvement de la Basilique de St- Pierre à Rome.

Cette décision souleva une grande indignation en Allemagne, suivit par une campagne savamment menée par l?archevêque Albert de Brandebourg à travers le moine dominicain Tetzel. La campagne contre Léon X prit de l?ampleur lorsque le moine Martin Luther prononça ses attaques en affichant ses 95 thèses sur les portes de l?Église de Wittenberg.

Le pape condamna Luther par la bulle Exsurge Domine (1517), mais ce dernier ne fut nullement inquiété par la décision papale car il devait bénéficier du soutien des princes allemands. Il devait continuer son ?uvre de réformateur et fut au centre du mouvement de réformation protestante. La Réformation luthérienne demeure le plus grand schisme dans la chrétienté après le concile de Nicée de l?an 325 Dans la mouvance de la Réformation, d?autres réformateurs devaient surgir tels Jean Calvin, Ulrich Zwingli et John Nox. Le pouvoir papal fut ébranlé davantage par la querelle du roi Henri VIII d?Angleterre concernant le refus du pape Paul III de lui accorder le divorce avec Catherine d?Aragon. Il devait du coup se proclamer chef de l?Église d?Angleterre et défenseur de la foi. L?Église anglicane était née, elle compte aujourd?hui environs 75 millions d?adeptes.

Fête de Pâques à la première pleine lune

Le XVIe siècle ne sera pas marqué uniquement par des grands schismes dans la chrétienté. En vertu d?une décision du concile de Trente, présidé par le pape Grégoire XIII en 1582, une ?uvre gigantesque fut réalisée lorsque le calendrier julien, nom donné après Jules César en l?an 46 av. Jésus-Christ, un nouveau calendrier fut mis à jour, visant à corriger le retard de l?année civile sur l?année solaire. Le calendrier solaire était très ennuyeux car à titre d?exemple, la fête de Pâques, fixée à la première pleine lune du printemps, avançait de plus en plus dans l?hiver. Du coup, 10 jours dans le calendrier furent supprimés afin de retenir la fête de Pâques. La France fut la première à adopter le calendrier grégorien.

Avec l?invention de l?imprimerie par Gutenberg en 1454, et l?usage abusif d?une littérature licencieuse et pas toujours tendre envers l?Église, il était devenu impérieux de contrôler tout dérapage, ce qui amena Pie V à instituer l?Index, un répertoire des livres prohibés par l?autorité religieuse catholique. Ce répertoire fut toutefois révoqué par Paul VI en 1965.

Tout le long du XVIII et XIX siècles, l?influence papale resta considérable malgré l?effritement de l?Empire romain. La pression de la France, fille aînée de l?Église, s?accrue considérablement avec la venue au pouvoir de Napoléon Bonaparte. L?Italie entière était sous domination française. D?abord, la signature d?un concordat en 1802, rétablissait le pouvoir du pape dans la nomination des évêques. En revanche, prenant pour exemple le couronnement de Charlemagne en l?an 800 par Léon III, Napoléon somma le pape Pie VII de procéder à son couronnement qui devait avoir lieu en la cathédrale de Notre-Dame-de-Paris en 1804. Mais les relations entre l?empereur et la papauté ne s?améliorèrent pas pour autant. Elles devaient se détériorer au niveau des rôles que devaient jouer l?État et l?Église. Le pape eut à l?excommunier dans la même année, soit le 10 juin 1804.

Le pape reste à travers le temps, le fidèle gardien des dogmes de la chrétienté. C?est Pie IX qui proclama le dogme de l?Immaculée Conception mettant ainsi fin aux controverses concernant la mère de Jésus-Christ. C?est le Concile du Vatican sous Pie XI qui devait également proclamer le dogme de l?infaillibilité papale donnant ainsi le pouvoir de décision finale pour trancher les grandes décisions concernant l?Église catholique, un pouvoir que certains cardinaux voulaient lui dénier.

<I>(à suivre)</I>

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