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?Les simpson?

10 août 2007, 00:00

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?Les Simpson?, série d?animation télé conçue et écrite à l?origine par Matt Groening, ont cette année dix-sept ans d?existence. Cette longévité lui conférant le statut de doyenne des séries d?animation aux USA, les inconditionnels pouvaient craindre une ?re-dynamisation? qui aurait trahi l?esprit même de cette vénérable institution.

L?apparition (et l?intervention) de Homer Simpson dans le logo de la ?Twentieth Century Fox? vient dissiper toute appréhension à ce sujet. David Silberman, réalisateur des Simpsons, le film, a choisi pour ce passage au grand écran, de s?en tenir au format d?origine. Il nous livre un dessin animé à l?ancienne, en 2 D et avec les mêmes couleurs pour les décors comme pour les personnages. De toutes les façons, il aurait été sacrilège d?imaginer cette famille américaine dans une couleur autre que le jaune citron auquel nous sommes si habitués.

Au début du film, Homer Simpson apostrophe le spectateur en le traitant de ?gros naze? qui aurait bien pu rester chez lui et regarder les Simpson gratuitement à la télé ou même se procurer une copie piratée pour presque rien. Ce qui est assez tentant, vu que les salles de cinéma chez nous ne disposent pas de dispositif pour le brouillage de portables. Heureusement que le début est assez fort pour qu?on fasse abstraction de ces tracasseries : un épisode survolté d?un autre dessin animé (Itchy & Scratchy) ; un concert de rock pour sauver l?environnement qui évidemment finit par causer encore plus de dégâts à l?environnement et finit comme un remake de Titanic; la course folle du jeune Bart Simpson faisant du skate-board entièrement nu dans les rues de Springfield ; etc. tout cela dans le premier quart du film. Les Simpson, le film, n?a rien à envier à la série dans sa critique fantasque et joyeuse du mode de vie américain (que nombre de pays dits émergents s?acharnent à vouloir singer) et de ses valeurs puritaines. L?humour n?atteint jamais le degré de méchanceté de South Park, les auteurs préférant jouer sur la finesse de l?observation et de la légèreté du trait d?esprit. Le débit demande au spectateur de rester en éveil, un gag l?attendant au détour de chaque séquence. Humour burlesque, de situations, répliques, allusions, détournements. C?est ainsi que dans cette histoire figure une crise de couple, une catastrophe écologique, une courte réflexion sur la condition féminine et même une décision du président Arnold Schwarzenegger, ?élu pour agir et non pas pour réfléchir.

C?est au milieu de cette avalanche de gags qu?un récit se dessine peu à peu, s?avérant des plus absurdes, dans la tradition de ce qui a fait le succès de la série. C?est du n?importe quoi et normalement, cela ne mériterait même pas d?être résumé. On se contentera seulement d?expliquer aux lecteurs que suite à une catastrophe écologique causée par Homer Simpson, toute la famille est obligée de fuir en Alaska, sous peine d?être lynchée par la population de Springfield. ?Mais, les Simpson reviennent et sauvent leur ville, devenant ainsi des héros. Le contexte aidant, c?est justement ce n?importe quoi qui tient en éveil notre attention. Le défi majeur de ce passage au grand écran était bien celui de la durée. Tout en développant trois intrigues parallèles, les auteurs parviennent à construire une histoire cohérente et logique (dans la mesure où l?on pourrait parler de logique quand il s?agit des Simpson) qui ne souffre d?aucun temps mort.

On se surprend alors non seulement à se demander où tout cela aboutira, mais aussi à se prendre de sympathie pour ces gens-là. Ce qui fait qu?on est très loin de s?ennuyer.

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